25/06/2009

Leila Khaled, portrait d'une héroïne !

Interviewée à Amman par le journal espagnol El Mundo, Leila Khaled, héroïne de la résistance palestinienne revendique le combat qu’elle a mené. (Traduit par info.palestine.net).

http://reveil-des-consciences.over-blog.com/article-32941104.html


Leila Khaled est pour certains une héroïne et pour d’autres une terroriste. Cette icône de la lutte palestinienne refuse de considérer que sa cause ait été un échec.


Le visage de Leila Khaled appartient pour toujours à la mémoire graphique des années 70. A à peine 24 ans, elle s’est mise à la tête de la cause palestinienne de la manière la plus dramatique et spectaculaire possible : en prenant en otage 2 avions commerciaux pour faire connaître la tragédie de son peuple et pour faire libérer les prisonniers du Front populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP).


Son action décisive et sa force de séduction enveloppée dans la typique Kefiya, le foulard traditionnel, la transformèrent, pour certains en héroïne et, pour d’autres en une des premières terroristes dont on parle. Depuis son domicile d’Amman, Leila, 64 ans, membre du comité exécutif du FPLP et de l’Union des femmes palestiniennes, refuse ce qualificatif quelle trouve politisé : « pour une partie du monde, tous les arabes sont des terroristes.


Elle regrette aussi les erreurs qui ont terni le cause pour laquelle elle milite depuis l’âge de 15 ans bien qu’elle se refuse de parler d’échec. « Tant qu’il y a des gens qui gardent leurs principes et qui transmettent notre cause aux nouvelles générations, tant qu’il y aura des réfugiés et qu’un seul enfant jettera une pierre sur un char israélien, les palestiniens ne seront pas vaincus. »


Dans cet entretien avec El mundo, Leila se penche sur sa vie de militante pour la cause palestinienne.



Question : Comment avez-vous commencé à militer avec le FPLP ?


Réponse : Avant 1967, je militais déjà avec le Mouvement National Arabe, dont l’objectif était la libération de la Palestine et l’unité arabe. Pendant la guerre des 6 jours, dans laquelle Israël a conquis toute la Palestine et une partie des pays voisins, je faisais mes classes au Koweit.


La guerre a conduit plusieurs dirigeants du MNA à fonder le FPLP plus tourné vers la libération de la Palestine. Et j’y suis rentrée immédiatement. J’ai passé les deux premières années à recruter des militants au Koweit et en 1969 je suis venue m’entraîner dans un camp en Jordanie.


C’était le début de ma vie de militante armée que je n’abandonnerai qu’en 1982 pour devenir leader politique. J’ai passé trois mois à Aman pour apprendre à me servir des armes avant d’être assignée à ma première mission d’enlèvement.

 


Q : Vous étiez la seule femme sur le terrain ?


R : Absolument pas, il y avait beaucoup de femmes parce que dans ce contexte nous nous sentions obligées et personne ne pouvait interdire à ses filles d’au moins s’entraîner, même pour ensuite retourner à leurs occupations. Mais beaucoup refusèrent de revenir avant d’avoir rempli au moins une mission.


Dans les règles internes du FPLP, les hommes et les femmes sont sur un pied d’égalité, et ceci se traduit dans les actions. Avant moi, une autre femme avait participé à une attaque terrestre à Zurich et d’autres l’avaient fait dans les territoires occupés. C’est quelque chose qui se sait à peine, par conséquent je suis connue comme la première femme « guérillera » de Palestine.


J’ai été affectée à une première mission et l’ai accomplie avec succès, un an plus tard ils m’ont chargée d’une autre mission : le détournement d’un avion d’El Al (compagnie aérienne israélienne), un des trois enlèvements simultanés de 1969.

 


Q : Comment est venue la décision d’adopter le détournement comme tactique ?


R : Nous voulions frapper fort pour obliger le monde à nous écouter. La communauté internationale nous aidait comme réfugiés, nécessiteux d’aide humanitaire, de repas, d’aliments. Personne ne nous voyait comme un peuple qui défendait une cause. Nous devions trouver quelque chose qui poussait le monde à se poser des questions sur qui sont les Palestiniens, et nous voulions aussi faire libérer les prisonniers aux mains des Israéliens. Tels étaient les objectifs que nous nous étions fixés.


Le premier des détournements a eu pour cible, en août 1969 , un avion de la TWA sur la ligne Rome-Athènes. Il a été dévié sur Damas non sans avoir survolé Haïfa, sur le désir de Leila, qui avait envie de voir sa ville bien qu’elle soit à mille pieds de distance.


Une fois, en territoire syrien, l’équipage et les passagers ont été évacués avant de faire exploser l’avion. Personne n’a été blessé, mais ça relevait du miracle. Après avoir subi une opération de chirurgie esthétique, Leila a participé un an plus tard à un second détournement, une action simultanée dans laquelle trois avions ont été capturés, le 6 septembre 1970.


Leila a participé à la prise du vol d’El Al venant d’Amsterdam. L’autre pirate de l’air s’est trouvé pris dans une fusillade avec les agents israéliens dans laquelle les deux sont morts. Leila n’a pas osé utiliser les deux grenades à main qu’elle avait et elle a été arrêtée quand l’avion se posa à Londres. Après avoir passé moins d’un mois en prison, elle a été libérée dans le cadre d’un échange de prisonniers imposé par un autre détournement du FPLP.

 


Q : Avez-vous jamais pensé à l’idée de mettre en danger la vie de personnes qui n’avaient rien à voir avec le conflit palestinien ?


R : Non, parce que j’avais des réponses à tous ces dilemmes. Israël utilisait aussi des avions civils pour transporter des armes, et notre objectif était les avions américains, ce pays soutient Israël. Dans le vol (de la TWA) était censé voyager Yitzhak Rabin, alors ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, cela constituait un objectif pour nous.


Nous savions que les gens n’étaient pas impliqués, mais nous avions les consignes strictes de ne blesser personne, que ce soit les passagers avec lesquels nous traitions ou l’équipage. Et nous avons suivi cette consigne dans tous nos détournements, entre 1968 et 1970 personne n’a été blessé.


Bien entendu et je le sais, les gens ont été terrorisés mais nous ne le faisions pas parce que ça nous plaisait mais parce que nous nous sentions obligés de le faire. Lorsque nous avions atteint nos objectifs, en 1970, nous avons cessé les détournements. C’était une tactique, pas une stratégie à suivre. Nous ne prétendions pas obtenir une réponse aux détournements mais la révolution qui a suivi.


Guerre civile Libanaise. A ce moment là, Leila Khaled faisait déjà partie du Comité central du FPLP, chargé de définir les tactiques et les objectifs du parti, et n’a jamais abandonné sa position.


En 1976, nous avons décidé d’arrêter toutes les opérations en dehors du territoire palestinien parce que nous étions attaqués au Liban et nous ne voulions pas attirer l’attention de la communauté internationale en dehors de la Palestine.


Elle retourna au Liban après sa libération. Le monarque hachémite avait déjà expulsé les militants palestiniens de Jordanie pendant Septembre noir.


Des années après, en 1973, elle s’est engagée dans un autre combat, cette fois-ci contre l’armée libanaise qui intervenait dans les camps palestiniens pour faire avorter le moindre mouvement de rébellion. En 1974, elle a été nommée membre du Comité exécutif de l’Union des Femmes Palestiniennes, ce qui doubla son travail dans les camps de réfugiés.


Une année plus tard la guerre civile au Liban s’est déclenchée précisément avec une attaque contre un bus palestinien à Beyrouth.


Je me suis vue dans l’obligation de prendre à nouveau les armes et, avec plus de raisons, quand les israéliens ont envahi le Liban et je suis allée dans le sud pour me battre contre eux. Seulement je suis tombée enceinte cette année-là.


Enceinte de son premier fils, Bader, Leila a abandonné le pays des cèdres en même temps que le reste de militants de l’Organisation pour la Libération de la Palestine, qui englobait tous les groupes et était dirigée par Yasser Arafat. Avec lui a été signé l’accord de cessez-le-feu de l’ONU, qui impliquait aussi le retrait israélien, ce qu’ils n’ont pas fait.


Sa destination serait cette fois la Syrie, où elle avait la responsabilité politique de l’éducation des enfants jusqu’en 1992, quand elle est retournée à Amann, d’où aujourd’hui, elle observe, avec regret, la façon dont le conflit israélo-palestinien a dérivé en une lutte fratricide.



Monica G. Prieto - El Mundo

18:30 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

love zhdsdy kanabri amine bazaf bazaf

Écrit par : amine | 19/05/2010

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