30/09/2011

Pourquoi Tristane Banon a porté plainte

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Il y a des milliers de femmes qui ne portent pas plainte après un viol ou une agression, et ce pour des tas de raisons.

Il y a la honte d'abord. Raconter ce qui s'est passé à des policiers, des magistrats, des avocats, alors qu'elles ne veulent qu'une chose: se refaire et effacer le traumatisme de leur tête. Et elles se taisent surtout lorsque les éléments matériels manquent ou sont insuffisants pour étayer leurs dires.

La pression sociale et familiale ensuite qui s'exerce surtout quand l'agresseur est un membre de leur famille ou une personne de rang dont la mise en accusation risque d'être difficile et générer un scandale qui peut rejaillir sur les dénonciateurs.

Dans le cas de Tristane Banon que retenons-nous des dires de la (très) jeune femme à l'époque ?

Elle a vingt trois ans, est inconnue et réussi à obtenir une interview d'un homme politique, ancien ministre, jouissant d'un réel prestige. Une aubaine !

Elle dit que ce dernier la reçoit dans ce qui apparaît n'être qu'une garçonnière et, au bout de quelques questions, tente de la violer. Elle se débat et parvient à s'enfuir de ce qui dans son récit est un piège.

Dominique Strauss-Kahn, lui, reconnaît seulement avoir voulu l'embrasser (!).

Tristane Banon, sur les conseils de sa mère, ne porte pas plainte . Cette dernière connaît le personnage, elle sait qu'il fera passer sa fille pour une hystérique prête à tout pour que l'on parle d'elle, elle sait aussi qu'il a les moyens de casser, par toutes les voies possibles et imaginables, ses contradicteurs, il se sait écouté, courtisé, et ne sous-estime pas son pouvoir.

Mais ne pas porter plainte ne guérit pas le traumatisme, et l'exhibition médiatique de l'agresseur attise une douleur qui n'en finit pas. Elle peut le vivre comme une provocation permanente.

Survient alors, huit ans après, le geste de trop qui envoie l'homme qui se croyait tout permis en prison et sous les projecteurs d'une actualité sordide.

Quoi qu'il se soit passé dans cette chambre d'hôtel, on sait au moins qu'il y a eu, pour reprendre ses termes, une « relation inappropriée » qui laisse des traces de sperme derrière elle...

Et c'est ce fait qui permet à la victime de se ressaisir et réapproprier sa propre agression, désormais, confortée dans sa véracité par les événements de New-York, elle sait qu'elle peut être sinon crue, du moins entendue.

Sa plainte, qui n'aurait recueilli que sarcasmes et sourires entendus il y a huit ans, est aujourd'hui crédible. A ce point que l'agresseur déploie contre elle tout l'arsenal de dénigrement que lui permet sa fortune et celle de sa femme. Alors qu'il y a huit ans il l'aurait balayée d'un revers de manche, il doit désormais utiliser une artillerie lourde, une armada de communicants, d'avocats, d'obligés, pour faire taire deux femmes qui lui réclament des comptes. L'homme, s'il n'est pas à terre, est dans les filets. Hier il pouvait devenir le premier magistrat de notre pays, aujourd'hui il se défend comme il peut face à des accusations graves sur des faits de bas, très bas niveau.

Quoi qu'il advienne, en le mettant face à ses responsabilités, ces femmes, l'une à New-York, l'autre à Paris, ont choisi une voie difficile sans doute, ingrate peut-être.

Elles y ont déjà gagné leur honneur .

L'honneur perdu de DSK !

08:48 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : trsitane banon, dsk, agression sexuelle, tentative de viol, justice |  Facebook |

29/09/2011

Obama ou l'ombre de lui-même

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On l'a aimé, on a prié pour qu'il soit élu, on a bu ses paroles comme parole d'évangile, on lui a donné le prix Nobel de la paix et on s'est repassé son discours de l'Iowa après sa 1ère victoire surprise, en boucle.

Et puis le temps d'une grosse beigne aux élections de mi-mandat, le plaçant en cohabitation, d'une armée toujours bien présente en Irak contrairement aux promesses, d'un système de couverture-santé taillé à la hache par les sénateurs républicains, Barack Obama ne semble plus que l'ombre de lui-même.

Pour espérer être réélu, il ne lui reste plus que le... populisme. Et c'est forcément à ce titre qu'il tire à boulets rouges sur l'Europe. Car la situation quasi-désespérée de son pays (et des nôtres d'ailleurs), c'est forcément la faute des autres... En l'occurence celle de l'Europe. L'administration US frôle le défaut de paiement, se fait dégrader sa note de solvabilité par Standard & Poor's ? Timothy Geithner, le secrétaire du trésor américain, fustige "la menace de défauts de paiement en cascade, les ruées sur les banques et les risques de catastrophe..." en Europe. Le Sénat américain, à majorité républicaine, refuse le relèvement de la dette d'État à Obama jusqu'à la dernière seconde, pour se raviser au prix de lourds sacrifices de son président ? Geithner dénonce qu'"il est très dommage de constater (...) qu'il existe des divisions dans le débat sur la stratégie en Europe".

La réforme de Wall Street est passée par pertes et profits, et tout est reparti avec bonus et bonheur chez les traders, qui reprennent forcément des risques inconscients. Obama accable l'Europe sur l'autel des "mesures entreprises par les gouvernements européens, (qui) n'avaient pas été aussi rapides qu'elles auraient dû l'être". Pourquoi se gêner ?

M. Obama doit comprendre que cela fait longtemps, et encore plus ces dernières années, que les fameux "Européens" ne regardent plus les USA comme un modèle mais un danger. Une société folle qui ne marche pas, basée sur le crédit à tout-va, une inégalité honteuse, une surconsommation délirante, l'emprisonnement de 1 % de sa population adulte, et l'exploitation permanente de la donnée militaire à des fins politiques. Pas terrible, comme tableau.
Pour la première fois, la question peut être posée : l'Amérique s'en remettra-t-elle ? Il suffirait que la Chine dise "stop !" pour que le budget US ne soit plus financé et que le taux d'imposition y explose à vous rendre jaloux du taux de prélèvement en France. La rumeur économique dit que le pire est devant nous : un nouveau tsunami économique menace. Que ce soit les USA ou n'importe quel autre pays, le temps n'est pas aux donneurs de lecons, mais aux vraies réformes, bancaires, politiques, financières, et surtout à l'humilité. Autant de priorités pour Obama et son administration avant de critiquer les autres.

 

http://www.lepost.fr/article/2011/09/27/2599958_obama-un-...

07:57 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : états-unis, obama, finances, europe |  Facebook |

28/09/2011

Israël, c'est la guerre !

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L'entité sioniste a donc décidé d'amplifier la colonisation à Jérusalem. C'est une réponse, on pourrait écrire « une provocation » face à l'autorité palestinienne et son désir de reconnaissance internationale. Cela ne nous étonne pas, Israël ne peut (sur)vivre que grâce à la guerre. Israël, c'est la guerre, rien d'autre.

Benoist-Mechin a intitulé sa remarquable Histoire d'Allemagne: "Histoire de l'armée allemande." Pour cet historien, l'Allemagne qui n'était qu'un patchwork de principautés a été soudée par l'armée prussienne à propos de laquelle il se disait qu'elle était "une armée qui a un pays plutôt que le contraire".

C'est le cas d'Israël !

Israël est une mosaïque de nationalités diverses. Cet état compte 25% d'Arabes autochtones (Chrétiens et Musulmans), il est officiellement bilingue (Hébreu/Arabe) mais seuls cinquante pour cent des Israéliens parlent couramment l'hébreu (!). Imaginez la France avec la moitié des habitants qui ne parlent pas français !

La religion n'est pas un facteur déterminant. Les Juifs se partagent entre Ashkénazes (la majorité) et Séfarades (les Orientaux), mais au sein de chaque groupe il y a des tensions, des conflits, des affrontements, des excommunications. Rien de commun, en apparence, entre un sioniste américain, juif réformé, et un sioniste polonais orthodoxe.

Rien, sinon l'armée. Sans armée, pas d'état sioniste ! Et l'armée c'est la réponse à la peur. D'où l'intérêt pour les sionistes de cultiver la peur, de trouver des complots, de fomenter des attentats, de les provoquer. Israël est né de la violence et ne peut survivre que grâce à la violence ! C'est aussi simple que ça !

Beit Hanoun, ce crapuleux massacre d'il y a cinq ans, c'était voulu ! L'armée sioniste après sa déculottée face au Hezbollah voulait remporter un succès en attaquant le Hamas. Loupé cette fois encore et comment ! C'est que les militaires ignorent une chose qui est vraie en Palestine, comme elle est vraie en Irak et en Iran: une armée peut combattre une armée, elle ne peut combattre un peuple. Un peuple, une armée le massacre ou le génocide, mais à la longue elle est toujours perdante...

Israël ce n'est qu'une armée, mais cette armée a du plomb dans l'aile. Finie l'exaltation des premiers kiboutzsim... aujourd'hui c'est une armée de pros, qui engage des mercenaires (15% de ses effectifs sont des mercenaires étrangers...) avec des réservistes qui rechignent à jouer les gestapistes en Cisjordanie et à Gaza, qui ont des états d'âme (et c'est tout à leur honneur)... alors cette armée, à l'instar de ce "pays" tourne fou et commet bévues sur bévues et perd le Nord.

Il y aura encore beaucoup de sang versé avant que ne s'arrête un jour cette boucherie.

08:17 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : moyen-orient, israël, palestine, sionisme |  Facebook |