30/12/2011

Cessez de vous moquer de la Corée du Nord !

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Lamentations après le décès du président nord-coréen


De quel droit condamnez-vous le régime nord-coréen ? Je vous le demande. Estimez-vous vraiment que le régime sous lequel vous vivez est une démocratie véritable ? Pensez-vous que le fait d'aller voter (ou non) tous les cinq ans suffit à vous faire participer pleinement au gouvernement de la cité.

Vous vous gaussez devant ces foules de Pyong-Ynag qui pleurent la mort de leur dirigeant.

Mais que faites-vous lors de mariages princiers, d'enterrements de couronnés divers et variés, et que faites-vous sur les Champs Elysées quand le président nouvellement élu les remonte dans sa voiture découverte ?

Vous maniez, sans le connaître un vocabulaire qu'on vous a inculqué à la petite cuiller : démocratie, droits de l'homme, régime parlementaire, droits des peuples à disposer d'eux-mêmes etc...

Mais, en fait, vous ne savez pas de quoi il y va.

Et quand vous votez de travers, comme en 2005, lorsque vous avez refusé le traité portant constitution européenne, vous n'avez pas protesté quand vos nouveaux députés, sur injonction de monsieur Sarkozy, l'ont remis, avec succès, sur le tapis. Et, cette fois, sans vous demander votre avis. Vous êtes restés bien cois et disciplinés... comme des Nord-Coréens !

Vous trouvez inimaginable qu'un peuple supporte tous ces slogans qui le poussent à produire encore plus et en rythme, s'il vous plaît ! Or, que faites vous quand, tous les jours, on vous rappelle qu'une dette, à propos de laquelle vous ne vous souvenez pas d'avoir souscrit le moindre kopeck, vous pend sur les épaules, et qu'il va falloir la payer, cette p... de dette, sans quoi, l'austérité qu'on vous promet sera décuplée pour vous et vos enfants.

Vous ne protestez pas, vous subissez !

Et si vous vous indignez, ne fut-ce qu'un instant, vous noyez votre ressentiment dans le pernod, le loto, le porno et le foot et vous ne réagissez même plus quand un Beckham se voit offrir 800,000 (huit cent mille euros) par mois de salaire et son entraîneur seulement 500,000 (cinq cent mille).

Vous êtes la lie, eux sont l'élite !

Alors, cessez de vous moquez des Nord-Coréens, après tout, il sont peut-être très heureux d’emmerder la terre entière.

Vous, vous n'avez même pas ce plaisir...

Bien fait !

 

Dieter von Dietersdorf

29/12/2011

Une franc-maçonnerie française en déroute

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Le Très (très) Respectable Grand-Maître François Stifani en son décor


La Grande Loge Nationale Française fut, avec 55,000 membres, la deuxième obédience maçonnique en France. Fut, car elle ne l'est plus tant la division règne dans ses rangs qui pousse des Frères à s'en détacher et même, comble des comble, à attaquer l'obédience et le Grand-Maître, François Stefani, en justice civile !

Elle était pourtant la seule obédience française reconnue par la « maçonnerie universelle » (comme disent les bons Frères), soit la Grande Loge Unie d'Angleterre, réputée pour son sérieux, son détachement des choses profanes et qui ne reconnaît pas n'importe qui, mais a l'élégance, très britannique, de ne pas se mêler de ce qui se passe hors de chez elle.

Les Anglais, excédés, l'ont suspendue. Quelle perte !

Las, les Français doivent être incorrigibles. Alors que les signes de reconnaissance des francs-maçons réguliers imposent de ne pas discuter de politique (ni de religion), les grands chefs à Paris ont placé leurs pions au sein du pouvoir et traficotés pour s'en rapprocher le plus possible.

En France, mais aussi l'Afrique de feu le Frère Bongo (entre autres potentats africains).

A Paris, le Grand-Maître Stefani aurait, d’après ce qu'on lui reproche, mis son obédience au service du pouvoir en place, soit Sarkozy en personne.

Le scandale est tel que des assemblées générales de l'obédience doivent être placées sous protection policière, invités contrôlés et soigneusement filtrés. Assemblées houleuses où fusent les noms d'oiseaux, pendant qu'au perchoir le Grand-Maître exclut à tour de bras …

Fraternité que de choses ne dit-on pas en ton nom ?

Aujourd'hui, d'après nos renseignements, les dirigeants de ce qui reste de cette obédience n'ont plus qu'une idée en tête : conserver la caisse et les immeubles.
Quand on chasse le profane, il revient au galop !

Bref, pour en savoir plus, nous vous conseillons la lecture du lien qui suit et résume les péripéties d'une affaire qui restera dans l'Histoire comme un monument de ridicule.

A l'image des pompes maçonniques !


A lire: http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/franc-m...



28/12/2011

Joseph de Maistre et la révolte contre le monde moderne

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Joseph de Maistre

"Qu'est-ce donc que cet être inconcevable qui porte en lui des puissances qui se heurtent, et qui est obligé de se haïr pour s'estimer ?"
(de Maistre, De l'Etat de Nature)


C'est un personnage curieux que nous tenterons brièvement de vous faire découvrir : Joseph de Maistre, né à Chambéry (alors possession de la couronne de Piémont-Lombardie ), le 1er avril 1753.

Il décède à Turin en 1821.

Chantre, ou du moins considéré comme tel (il fut une figure de référence de l'Action Française) de l'anti-modernisme et de la contre-révolution, de Maistre est un homme cultivé, brillant penseur qui développe une vision critique et pessimiste du monde et des hommes.

« L'homme entier n'est qu'une maladie » affirme-t-il dans ses « Soirées de St Saint-Pétersbourg » écrites durant ces quinze années où il fut ambassadeur du Roi de Piémont-Lombardie auprès du Tsar.

De Maistre voit en l'homme un être dégénéré, privé, par le péché originel, de sa nature première qui faisait de lui un être de lumière proche de Dieu et participant à la pensée divine. Il lui importe donc de retrouver le chemin de la régénération. C'est un être malfaisant, enclin au mal bien plus qu'au bien. Un être qui pratique le mal par ignorance, certes, mais aussi par facilité et plaisir.

C'est donc avec consternation qu'il apprend la Révolution en France, la décapitation du Roi, le régime de terreur qui s'en suit. L'homme enclenche  le mal, se dit-il, après, il ne peut le contrôler, le mal prend l'ascendant sur l'homme et l’innommable est là qu'on n'attendait ni ne voulait.

Admirateur d'Origène, pour qui le monde matériel est quasiment une création diabolique, lecteur de Boehme, de Maistre connaît, lit et médite aussi les Pères de l’Église. S'il reste toute sa vie un catholique fervent et un défenseur farouche du Pape, il fréquente des loges maçonniques, celle de Jean-Baptiste Willermoz à Lyon et la sienne à Chambéry. Sans doute fut-il aussi initié aux théurgies de Martinez de Pasqually, mentor du premier et auteur du « Traité sur la régénération des êtres ».

Scandalisé par la Révolution et la Terreur il écrit dans : « Considérations sur la France » :

« La Révolution Française mène les hommes plus que les hommes ne la mène... Ce ne sont point les hommes qui mènent la Révolution, c'est la Révolution qui emploie les hommes... » (Considérations sur la France)

Un peu plus loin : « … le mal est le schisme de l'être... or ce qui distingue la Révolution française, et ce qui en fait un événement unique dan l'Histoire, c'est qu'elle est mauvaise radicalement ; aucun élément de bien n'y soulage l’œil de l'observateur : c'est le plus haut degré de corruption connu ; c'est la pure impureté. « (opus cité).

De Maistre cependant l'avait vu venir, cette révolution, et ne plaignait pas les maîtres déchus de leur pouvoir. Ils avaient failli à leurs obligations, il était donc prévisible et normal qu'ils soient châtiés !

Il n'est pas, vous vous en doutez, un partisan des droits de l'homme. L'homme n'a qu'un devoir, se régénérer et, pour cela il doit se conformer à la volonté divine de laquelle provient toute autorité.

En plus, se demande-t-il, où sont les « hommes » : « Je ne connais que des Français, des Allemands, des Anglais, grâce à Montesquieu, je sais qui sont les Persans, mais les hommes ? Je n'en ai jamais rencontré. »

Monarchie de droit divin, primauté du Pape, stricte hiérarchie sociale, respect de l'ordre établi, acquittement des devoirs. L'homme n'est pas vraiment libre, sa volonté est radicalement déchue et pervertie , il appartient donc à cette créature de redevenir un « outil de Dieu » et des souverains que le « Roi suprême » oint pour cette fonction.

De Maistre assistera impuissant à la mort de l'Ancien Régime et à l'échec de la tentative de restauration de l'ordre ancien.

Le divin se manifeste dans la vie des hommes par des chemins imprévisibles qui font que du bon peut sortir du négatif. Le sang rédime le sang, le sang de l'innocent rédime celui versé par le prévaricateur. C'est un mystère devant lequel nous devons nous incliner !

« Dieu sait, par Sa Providence, faire sortir le bien...de l'immolation des justes, parce que son amour poursuit l'avancement de l'humanité à travers la défaillance des uns et le sacrifice des autres. La guerre est donc « divine » en ce sens que Dieu, loin de la décréter au sens propre, la fait servir, malgré nous, à son dessein de rédemption universelle ». (Abbé Caret : Finesse et Géométrie dans l’œuvre de Joseph de Maistre)

Que retenir de ce penseur qui préfigure Nietzsche dont le « surhumain » pourrait bien être « l'être régénéré » de Martinez de Pasqually, Willermoz et de Saint-Martin ?

Tout d'abord son lucide pessimisme.

Nous n'avons aucune raison de croire en l'homme et son humanité. Les guerres, massacres et autres turpitudes diverses vont crescendo depuis la Révolution, les « droits de l'homme » et ce semblant de démocratie dont on nous gave du credo.

« L'homme est méchant et la femme mauvaise », ce constat nietzschéen nous ne devons pas le perdre de vue. Le mal procède de et accompagne l'avoir, l'homme consommateur du 21em siècle est la créature de l'avoir, de la possession et de la sublimation de l'avoir, il est normal que le mal l'enveloppe et le possède.

Ensuite son panégyrique de la tradition qui devance ceux de René Guénon et Julius Evola.

L'homme est dans la tradition, il ne peut rien apprendre qu'en vertu de ce qu'il sait déjà. Il est rattaché, par une chaîne millénaire, à ce qui fut, a été, est et conditionne son futur. L'homme est libre d'enclencher le mal qui est le détournement du jeu normal de la Tradition, mais, ce faisant, il se rend corps et âme aux forces du mal, et rend grâce au « Prince de ce monde ». I

La véritable liberté sera trouvée en revenant à « L’unité », ce temps jadis où l'homme participait à la pensée divine. Cette Unité est le temps humain qui rejoint, celui angélique, de la vie antérieure, quand il n'y avait ni hommes, ni femmes, le temps d'une seule naissance, celui du Royaume des cieux.

Il est sans doute, avec Louis Claude de Saint-Marin, le premier des anti-moderne de ce siècle appelé, à tort, « des Lumières ». Il annonce la « sublimation totale du moi » dont se fera le chantre un Julius Evola et prêche la révolte contre un monde dont le « modernisme » et la foi dans le progrès masque un néant spirituel.

La déliquescence du monde moderne et l'abstraction navrante de ses doctrines qui, toutes, se sont soldées par des échecs et des massacres sans nom, donnerait-elle raison à cet aristocrate marginal et toujours vivant ?