22/03/2012

Toulouse: à qui profitent ces crimes ?

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A Toulouse, hier soir

 

Sur les évènements de Toulouse et Montauban, nous ne croyons au complot d’État, comme nous avons pu le lire ci et là. Et ce, pour une raison bien simple et nonobstant notre candeur naïve qui fait que nous ne pensons pas encore qu'une telle vilenie soit imaginable ; pareil pacte sanglant aurait exigé  trop de complicités, donc trop de dangers de fuites.

A qui donc profitent, s'il faut employer ce verbe on ne peut plus trivial, les crimes ?

Au pouvoir en place qui rattrape si vite l'assassin, déjà fiché, déjà connu de ses services et qui, au moment où nous écrivons ces lignes tient la police et le pays entier en haleine depuis plus de vingt-quatre heures ?

Pourquoi ne pas avoir mieux surveillé ces éléments qui sont passés par les camps d'Afghanistan et du Pakistan ? Il y a une disposition légale qui sanctionne ce genre d'engagement, pourquoi ne pas l'avoir appliquée ?

Certes, les amis du candidat Sarkozy mettront en avant la rapidité de l'arrestation (surtout si l'intéressé est encore vivant), mais leurs adversaires pourront toujours mettre ce fait sanglant au passif du bilan de ce dernier. Après tout, cela fait plus de dix ans que ce parti est aux affaires avec l'insuccès que l'on pleure aujourd'hui.

Au Front National ? Sans doute aucun, le parti de Madame Lepen ne se privera pas de reprendre ce qui a été écrit plus haut : pourquoi ne pas exercer plus de surveillance sur ces jeunes gens qui par leur engagement, s'affichent comme affidés, de près ou de loin, à Al-Qaida ? Et d'en remettre sur la baisse des effectifs de police, de l'immigration non contrôlée, de la dangerosité supposée ou non des uns ou des autres, du laxisme des peines et de leur application.

Mauvais moment à passer pour le candidat Hollande et son compère Mélanchon. La droite, extrême ou non, ira de son laïus sur le l'humanisme coupable de la gauche, accusée de s'intéresser plus aux coupables qu'aux victimes. L'air est connu, éculé même, mais il fait toujours recette. D'où cette posture déterminée de François Hollande, contrastant avec l'ambiguïté affichée de Jean-Luc Mélanchon.

Monsieur Sarkozy a joué son rôle de chef de l’État, sans en remettre trop, il sait pertinemment bien qu'on l'attend au tournant.

Nous ne pensons pas que cette tragédie aura un impact déterminant sur la suite de la campagne. Cela aurait pu être le cas si le coupable présumé avait été un blanc du type Anders Breiving en Norvège, mais là, avec l'implication, réelle ou non d'Al-Qaida et l'amalgame avec le conflit du moyen-orient, ce drame s'inscrit dans une logique et un cadre qui nous sont familiers.

Familier et désespérant !

 

 

 

 

Commentaires

Pour moi c'est sans aucun doute enrichissant.

Écrit par : mutuelle animal | 12/04/2012

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