31/03/2012

Crise de l'euro: rien n'est fini !

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La crise de l'euro n'est pas terminée, malgré ce que veulent nous faire croire les dirigeants européens et le candidat Sarkozy singulièrement muet sur tout ce qui touche à l'économique et au social.

Prenons l'Espagne où le peuple est descendu par dizaines de milliers dans la rue pour refuser la politique d'austérité mise en place par le gouvernement. Jugez : 50% de chômage chez les jeunes, 23% dans la population active, plus de 650,000 emplois menacés à court terme (un an...).

Le gouvernement de M. Rajoy a renégocié avec Bruxelles un déficit 2012 initialement prévu à 4,8% pour l'amener à 5,3%.

Ajoutons que les experts prédisent que malgré les économies budgétaires et les hausses d'impôts qui résulteront de cette politique, le gouvernement espagnol ne pourra sans doute pas tenir ses engagements.

Le secteur privé espagnol est plombé par une bulle immobilière qui a fait chuter les prix de l'immobilier de 30%, quant aux banques espagnoles, leur manque de liquidité est tel que la situation semble sans issue.

Le problème, c'est que l'Espagne, c'est la Grèce puissance vingt. Alors, tant du côté de Madrid que de celui de Bruxelles les autorités feignent que tout baigne et que le plan européen est exempt de toute remise en question. La priorité actuelle est d'enfumer les marchés.

Optimisme que ne partage pas M. Monti, lequel, en Italie, se voit directement menacé par une déficience de Madrid.

Le mécanisme européen de stabilité financière doté de 500 milliards d'euro aujourd'hui devait être porté à 800, c'est un signe qui ne trompe pas. La France à ce sujet avait demandé 1000 milliards, ce que l'Allemagne a refusé.

Restent le Portugal, en mauvais état et l'Irlande qui est loin d'être sortie de la crise quoi qu'en dise M. Sarkozy. Et puis la Grèce qui vit sur une fournaise prête à éclater à tous moments.

C'est dans ce contexte fait d'inquiétude et d'incertitude que navigue l'Europe dont le clivage entre pays riches et pauvres devient de plus en plus criant.

Mais l'Europe de Bruxelles est sans âme, ce qui est normal vu sa personnalité hétérogène. Nous sommes de ceux qui pensent que seule une Europe faite de pays d''Histoire et de proximité spirituelle communes pourra constituer une puissance autonome, originale et rebelle à toute instrumentalisation mercantile.

On peut rêver...

29/03/2012

Tuerie de Toulouse: "si ça avait été des enfants musulmans..."

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Mohamed Merah

 

Par  Ramses Kefi, journaliste

http://www.rue89.com/2012/03/28/tuerie-de-toulouse-si-ca-...

La mort de Merah a suscité, dans certains quartiers, des réactions inquiétantes. Mahdi, étudiant, est l'un des plus posés du groupe que Rue89 a rencontré.

« L'une des grandes choses que je retiens de la tuerie ? La minute de silence pour les trois enfants juifs. En France, c'est préférable d'être juif quand on est victime. »

Au départ, Mahdi (qui préfère rester anonyme), 22 ans, originaire des Mureaux (Yvelines) préférait rédiger un e-mail. Puis en fin d'après-midi, il me donne rendez-vous à Poissy, à quelques kilomètres de chez lui : « Il peut y avoir des malentendus, donc je préfère dire certaines choses à l'oral, pour qu'on en discute de vive voix. »

POURQUOI CE TÉMOIGNAGE

Plusieurs sources, riverains, proches nous ont alerté sur la diffusion et l'expression d'une colère chez certains jeunes enfants d'immigrés de confession musulmane dans les quartiers. Des mots que l'on n'a pas envie d'entendre, de soutien à Mohamed Merah, des groupes Facebook antisémites. Nous estimons que notre rôle est d'aller à la rencontre de cette réalité marginale, en évitant les provocations et les caricatures.

Notre reporter Ramsès Kefi a passé du temps avec quatre Français de confession musulmane – « un zonard, un lycéen, un étudiant en droit et un ouvrier » – qui habitent Poissy et ont lui parlé sans langue de bois de Merah, de la minute de silence. Un seul a finalement accepté que ses propos soient rapportés. Ramsès Kefi conclut : « C'est vraiment malsain ce qui se passe en ce moment autour de cette tragédie. » B.G.

D'emblée, il se présente comme « français, musulman et diplômé de l'enseignement supérieur ». Il insiste d'ailleurs pour que dans l'article, cela apparaisse dans cet ordre. Avant de très vite enchaîner sur sa manière de percevoir les drames de Montauban et Toulouse :

« Ça devait arriver. Dans les quartiers, il y a tellement de paumés. Et il y a des armes qui circulent tranquillement. Je n'étais donc pas plus choqué que ça. Pas plus que lorsque dans une cité, un innocent se prend un coup de fusil gratuitement. »

Il me confie ne pas avoir suivi le début de l'affaire. Et cru jusqu'au dernier moment que le tueur de Montauban et Toulouse était un militant d'extrême droite. Ou plutôt, espéré :

« C'est triste à dire, mais nous, les musulmans, on s'en prend déjà plein la gueule. On n'avait pas besoin de ça. En plus le type s'appelle Mohamed. Plus cliché, il n'y a pas. »

Il tire de sa poche son téléphone portable et me montre un SMS, envoyé par l'un de ses amis tandis que la police faisait le siège de l'appartement de Mohamed Merah :

« Ils disent qu'ils le veulent vivant mais tu verras, ils vont le cribler de balles. C'est un musulman, ils vont le finir. »

« On mélange tout alors que l'enquête n'est pas finie »

Mahdi ne me regarde

« 300 coups de feu ? Une armée sophistiquée contre un seul homme ? Le type est surveillé par les flics mais il arrive à s'armer jusqu'aux dents ? Tu lui envoyais un peu de gaz, il sortait bien gentiment. On ne voulait pas qu'il parle, c'est tout. »

Il continue, parle de plus en plus vite. Je le coupe. Il sourit, puis s'excuse. Lors de nos premiers échanges, il fustigeait le traitement médiatique de la tuerie, qu'il estime islamophobe. Je lui demande plus de détails :

« On nous présente le type comme un salafiste, puis comme un bon vivant. Comme un jeune comme les autres, puis comme un gros délinquant. En fait, on mélange tout en nous disant implicitement que tous les musulmans sont potentiellement dangereux. Tout ça alors que l'enquête n'est pas finie. »

Enquête qu'il estime aussi peu fiable :

« Beaucoup de journalistes ont répété ce que disaient les flics sans rien vérifier. Quand on dit qu'Abdelkader Merah a déclaré être fier de son frère, ça sort d'où ? D'un policier, qui a très bien pu mentir comme ils le font si bien. Il faut quand même rappeler qu'ils ont échoué et qu'ils veulent se couvrir. »

« Plus grave d'insulter ou de tuer un juif »

Une enquête qu'il estime enfin différente lorsque les victimes sont de confession juive :

« En France, il est plus grave d'insulter ou de tuer un juif. Cette différence de statut contribue malheureusement à créer de l'antisémitisme. Et contrairement à l'idée reçue, pas seulement chez les musulmans. »

Mahdi n'a pas compris la minute de silence pour « ces trois pauvres gamins ». Ni l'acharnement sur le professeur qui en a respecté une en mémoire de Mohamed Merah. Il me montre quelques messages postés sur Facebook ces derniers jours, parmi lesquels « J'espère que Merah va s'en tirer » ou encore « Repose en paix Mohamed » :

« Les gens provoquent pour protester car ils en ont assez. Ils savent que c'est mal mais pourquoi ce drame serait-il plus grave qu'un autre ? Si ça avait été des musulmans, je doute que Sarkozy aurait décrété une minute de silence.

Si les corps avaient été rapatriés en Afrique, Alain Juppé n'aurait même pas fait le déplacement pour prononcer un discours [le ministre des Affaires étrangères a fait le déplacement en Israël, ndlr]. »

« S'il n'y avait pas eu la tuerie d'Oslo »

La discussion s'éparpille. Sur une feuille où il a noté quelques unes de ses idées, Mahdi a souligné Palestine, Afghanistan et Norvège. Il ne parlera finalement pas de la Palestine. Plutôt de l'Afghanistan :

« L'armée française participe à une guerre complètement dégueulasse, sur laquelle on ne sait pas grand-chose. Mais je n'ai pas entendu le gouvernement décréter une minute de silence pour les enfants massacrés là-bas. Dernièrement, un soldat américain a encore fait un carnage. »

Et de la Norvège :

« C'est mal de dire ça, mais s'il n'y avait pas eu récemment la tuerie d'Oslo avec ce cinglé de Breivik, les gens ne se seraient peut-être pas souvenus qu'il n'y a pas que des musulmans qui peuvent péter un câble. »

07:22 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, tueries de toulouse, mohamed merah, raid, sarkozy, ump, ps, israel |  Facebook |

28/03/2012

Mohamed Merah était-il un indic des services secrets ?

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Mohamed Merah


Mohamed Merah était-il un indic, un pion dans le jeu des services secrets français, un correspondant du renseignement intérieur ?

D'après diverses sources, il se serait rendu en Afghanistan et en Israël en 2010 avec la bénédiction de la DGSE, les services secrets français, qui l’utilisaient comme « informateur ».

Selon le quotidien italien « Il Foglio », cité par Arrêt sur images, Mohamed Merah se serait rendu en Israël, puis en Afghanistan en septembre 2010 avec la caution de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), en échange de la fourniture d’informations aux services secrets français.

L’agence française en charge de l’espionnage et du contre-terrorisme à l’extérieur du pays l’aurait utilisé comme « informateur ». Un accord aurait même été passé : la liberté de mouvements en échange d’informations précieuses.

Mohamed Merah est arrivé en septembre 2010 par le pont Allenby, qui relie la Jordanie à la Cisjordanie, occupée par Israël, selon les sources sécuritaires israéliennes. Il a pu venir en compagnie d’autres ressortissants français. Entré avec un visa de tourisme israélien, le jeune homme est reparti trois jours plus tard par le même pont Allenby. Après ce séjour en Israël, le tueur au scooter serait retourné en Jordanie, d’où il s’est envolé pour l’Afghanistan.

 

Son entrée en Israël, couverte par les services secrets français, aurait eu pour but de démontrer qu’un réseau djihadiste avait la capacité de passer à travers la frontière avec un passeport européen. Aucune confirmation officielle n’est apportée par le quotidien italien. Il évoque cependant une confirmation indirecte dans le journal israélien « Haaretz », qui cite des sources du Shin Beth, les services secrets israéliens.

« Il Foglio » observe que le passage de Merah dans les Territoires palestiniens, suggéré par le patron du renseignement français Bernard Squarcini, n’est pas prouvé.

Par ailleurs, les services secrets palestiniens ont affirmé à l’agence AP que les Français, par l’intermédiaire des services secrets, avaient tout intérêt à faire infiltrer des jeunes ayant le profil de Merah dans des camps de formation de djihadistes au Pakistan et en Afghanistan.

Mardi dans le quotidien toulousain « La Dépêche », Yves Bonnet, l’ancien patron des services de renseignements français, s’interrogeait sur un éventuel rôle de « correspondant » du meurtrier auprès des renseignements intérieurs. « Le garçon avait manifestement des relations avec la DCRI comme on l’a appris à travers les déclarations de Bernard Squarcini lui-même. C’est-à-dire qu’il avait un correspondant au Renseignement intérieur. Alors appelez ça ’correspondant’, appelez ça ’officier traitant’… je ne sais pas jusqu’où allaient ces relations, voire cette ’collaboration’ avec le service, mais on peut effectivement s’interroger sur ce point ».

D'aitre part, dans un entretien à « La Dépêche du Midi », l'ancien chef de la DST (Direction de la surveillance du territoire) Yves Bonnet s’est ouvertement interrogé sur la possibilité que Mohamed Merah ait été un indicateur des services de renseignements français.

"Eh bien, voilà, c’est exactement ça, le problème", répond Yves Bonnet au journal qui lui demande si le tueur au scooter était un indicateur de la Direction centrale du renseignement intérieur, "car ce qui interpelle quand même, c’est qu’il était connu de la DCRI, non pas spécialement parce qu’il était islamiste, mais parce qu’il avait un correspondant au renseignement intérieur".

"Or, avoir un correspondant, ce n’est pas tout à fait innocent. Ce n’est pas anodin", ajoute-t-il. "Appelez ça correspondant, appelez ça officier traitant... Je ne sais pas jusqu’où allaient ces relations »

Comme quoi, l'affaire n'est pas simple. On peut même parler de « fiasco » de la politique sécuritaire du gouvernement. Merah, à première vue, semble avoir été utilisé par les services secrets français, ce qui explique la liberté totale de mouvement dont il bénéficiait.
D'ici à ce que toute la lumière soit faite, il nous faudra avoir de la patience.

08:25 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, tuereies de toulouse, mohamed merah, dgse, dcri, merah en israel |  Facebook |