30/05/2012

Syrie: prélude à une guerre entre chiites et sunnites ?

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La Syrie n'est pas la Libye et Bachar al-Assad Khadafi. La situation est autrement plus complexe.

Khadafi était un roitelet, puissant par le pétrole peut-être, mais totalement dépendant de ce dernier. Il avait des vues sur l'Afrique qui ne plaisaient pas à tout le monde, rêvait d'un empire africain dont il serait, bien entendu, le dirigeant incontesté. Ses rêves de grandeur, couplé à un style pour le moins personnel lui avaient réservé de solides inimités un peu partout, et chez les occidentaux notamment qui ont pu le liquider dans tous les sens du terme. Et tant pis si la Libye se morcelle en deux ou trois mini états, ou soit livrée à l'anarchie, ce n'est pas très important pour eux.

La Syrie se situe aux confins d'une zone qui voit deux grandes tendances de l'islam se côtoyer : les chiites d'une part, minoritaires, les sunnites de l'autre.

Le clan de Bachar est Alaouite, une secte de l'islam chiite, franchement détestée des sunnites majoritaires dans la population. Les chiites, les chrétiens, les Druzes sont, en Syrie, des minorités protégées par le gouvernement en place.

Les chiites sont majoritaires en Irak, pays voisin qui verrait d'un mauvais œil un massacre des chiites dans une Syrie débarrassée de Bachar. Le Liban, autre voisin, est un pays où les chiites sont majoritaires aussi, et il y a le Hezbollah (chiite), armé par l'Iran, qui ne se laissera pas faire si une « Syrie nouvelle » opère un rapprochement avec les occidentaux et les sionistes.

L'Iran, pays chiite s'il en est, et qui est l'allié de Bachar.

Et puis, last but not least, la Russie, depuis des décennies présente en Syrie et qui ne ne renoncera pas comme ça à ses bases navales syriennes, les seules qu'elle ait dans les mers chaudes.

Bref, la déstabilisation de la Syrie risque de mettre le feu aux poudres, ce qu'attendent certaines têtes brûlées à Washington et Tel-Aviv.

Pire, si la situation dégénère, on pourrait voir à terme une guerre ouverte ou larvée entre ces deux tendances de l'islam, le chiisme et le sunnisme.

Les chiites, ne l'oublions pas, n'ont été reconnu comme musulmans qu'en 1948, et encore du bout de lèvres. La tension entre les deux composantes est un fait qui perdure dans le temps et les mentalités.

La situation dramatique en Syrie, nous n'avons cessé de l'écrire, est le fait de groupes armés et supportés par des agences occidentales et sionistes pour déstabiliser le régime en place et lui substituer un autre, plus favorable à l'hégémonie occidentale et sioniste. Le prix à payer sera celui de la persécution, voire du massacre, des minorités en place.

L'occident n'en est pas à une bévue près, et c'est ce qui risque d'arriver si le scénario que nous évoquions plus haut se réalise.

Mais à qui profiterait le conflit entre chiites et sunnites ? Ceux qui, en occident, s'imaginent qu'ils tireront les marrons du feu de cet affrontement risquent d'être cruellement déçu, la boîte de Pandore, ainsi ouverte, leur explosera au visage...

Et ce ne sera pas que le pétrole qui coûtera plus cher.


Sur les différences entre chiites et sunnites, voir: http://justice.skynetblogs.be/archive/2012/05/01/qu-est-c...

 

 

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