28/07/2012

C'est un miracle multi-ethnique qu'il faut à l'Europe

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Profitez du week-end pour lire cet article, très bien documenté, sur le principal danger qui menace notre continent : sa dépopulation programmée.

 

Quand on parle de la crise européenne, c’est désormais quasi toujours de l’euro dont il est question. Evidemment. Si les dirigeants européens ne parviennent pas à mettre un terme à la lente descente aux enfers de la monnaie unique, elle pourrait se désintégrer et emporter avec elle la prospérité du continent.

Mais s’ils étaient honnêtes envers eux-mêmes, ils admettraient que la crise financière n’est pas la seule ombre au tableau de la future prospérité européenne. L’Europe est sur le point de connaître une crise démographique et elle n’est guère mieux préparée à ce lent désastre qu’elle ne l’était à l’effondrement potentiel de sa monnaie.

Première cause de cet autre danger qui guette inexorablement l’Europe: le vieillissement et le déclin de la population de beaucoup de ses pays. Certains Etats, comme la France et le Royaume-Uni, sont peu concernés. Grâce à leurs taux de fertilité et à l’immigration, ils devraient continuer de jouir d’une croissance saine de leur population pendant des décennies. Mais nombre des pays d’Europe de l’Est et du Sud, et même certains pays du centre comme l’Allemagne et l’Autriche, vont bientôt voir leur population reculer. Résultat: leurs économies risquent de caler et leurs filets de protection sociale de se percer.

A moins d’un spectaculaire et improbable retournement des comportements reproductifs, la seule solution réaliste pour ces pays est l’immigration massive. Seulement voilà –et c’est la seconde cause de cette crise européenne latente– les pays qui perdent le plus de population sont ceux qui, historiquement, se montrent justement les moins accueillants pour les étrangers.

La Pologne, l’Allemagne et l’Italie par exemple ont longtemps privilégié le droit du sang au droit du sol. Ce qui fait que beaucoup de Polonais, d’Allemands et d’Italiens pensent encore qu’on ne peut pas faire partie de la communauté nationale sans arborer la bonne lignée. Ils demeurent hostiles à ces millions d’«étrangers» qui vivent depuis des décennies, parfois des générations, dans leurs villes et villages. Peu de chances donc qu’ils ouvrent désormais leurs frontières.

C’est ce qui explique pourquoi la Pologne, qui compte pour l’instant environ 39 millions d’habitants, devrait en perdre 7 d’ici à 2060, c’est-à-dire quasiment un cinquième de sa population. Les projections pour l’Allemagne sont encore plus pessimistes. En 2003, l’Allemagne a connu son pic de population, à environ 83 millions d’habitants. D’ici à 2060, le pays devrait perdre presque 20 millions d’âmes. Quand la natalité lui aura fait perdre jusqu’à un quart de sa population, il lui restera moins de 65 millions d’habitants.

La fin des Etats-providence?

Certes, l’Allemagne est déjà actuellement loin d’être le pays le plus peuplé du monde, et même avec un quart de sa population en moins, elle sera toujours loin d’être le pays le moins peuplé du monde. Et les Etats européens n’ont a priori pas non plus de raison de s’inquiéter pour leur poids relatif. Vu, par exemple, les technologies militaires actuelles, ce n’est plus le nombre de soldats qu’un pays peut envoyer sur un improbable terrain de bataille qui compte. N’empêche, ce serait se voiler la face que de ne pas prendre au sérieux la crise démographique européenne. Même si la taille ne compte plus beaucoup aujourd’hui, le processus de dépopulation aura des conséquences économiques et sociales drastiques.

Il pèsera, pour commencer, sur la pyramide des âges du continent. En 1960, 11,5% de la population allemande avait au moins 65 ans. D’ici à 2060, ce sera presque 33%. L’Italie vieillit aussi vite. En 1960, l’âge moyen ici était 31,2 ans; il dépassera 50 ans en 2060. Avec une population en déclin et vieillissante, les Etats-providence européens ne seront plus viables dans leurs formes actuelles. Davantage de besoins de services et de soins, moins d’habitants pour régler la note: les systèmes de santé et de retraite de nombre de pays européens vont purement et simplement tomber à court d’argent.

Les électeurs européens pourraient peut-être inciter leurs gouvernements à réduire les avantages sociaux. Mais c’est peu probable, la crise de l’euro l’a montré. Et même s’ils s’y attelaient, la diminution du nombre de travailleurs hautement qualifiés engendrerait très probablement une baisse de la productivité et une hausse des coûts salariaux, elle aurait des conséquences désastreuses sur la croissance économique et, paradoxalement, sur l’emploi.

Un niveau d'immigration stupéfiant

La seule façon réaliste d’éviter les effets catastrophiques de la dépopulation sur l’économie européenne serait d’accepter une immigration massive. Mais les niveaux d’immigration nécessaires pour y parvenir sont stupéfiants. Pour deux raisons. D’abord parce que les projections de population actuelles sont déjà basées sur des niveaux d’immigration élevés. L’estimation du Bureau allemand des statistiques par exemple, celle qui prédit qu’il ne restera que 65 millions d’habitants dans le pays en 2060, repose sur l’hypothèse d’un afflux net de 100.000 étrangers par an. Avec zéro immigration nette, la population allemande déclinerait plus vite encore, le pays ne compterait plus que 58 millions d’habitants en 2060.

Ensuite parce que, pour les pays européens, atteindre ces niveaux d’immigration nette sera beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît. En moyenne, autour de 700.000 Allemands par an ont quitté leur pays ces dix dernières années. Bref, l’Allemagne a besoin d’accueillir plus d’un demi-million de nouveaux arrivants chaque année juste pour compenser l’émigration. Pour contrebalancer la perte de population due à la faible natalité, il faudrait certainement plus d’un million d’immigrants en plus, chaque année, pendant un demi-siècle.

Si l’Allemagne, la Pologne et l’Italie veulent éviter un déclin démographique et économique rapide, ils vont donc devoir accepter un afflux de migrants par tête plus élevé que celui qu’ont connu les Etats-Unis au siècle dernier. Mais l’Amérique est par essence un pays d’immigration. Un pays qui, peu importe les difficultés sur le terrain, a toujours considéré que l’allégeance aux valeurs de la république est le seul pré-requis pour faire partie de celle-ci.

L’Allemagne, au contraire, s’est toujours définie autour de lignes ethniques. Aujourd’hui encore, beaucoup d’Allemands ont du mal à accepter qu’un noir ou que quelqu’un qui a l’air turc puisse «vraiment» être allemand. Quant aux Polonais et aux Italiens, ils ont une conception encore plus restrictive de l’identité nationale. Beaucoup pensent toujours qu’un vrai Polonais ou un vrai Italien doit non seulement être ethniquement polonais ou italien, mais aussi catholique.

La théorie des nationaux «de souche»

Comme l’a montré la montée rapide du populisme de droite en Europe ces vingt dernières années, l’arrivée massive d’immigrants et cette vieille idée qu’une nation se définit par une ethnicité et une religion communes forment un couple potentiellement toxique. La montée des sentiments anti-immigration ne laisse rien présager de bon pour un futur où l’immigration va probablement grimper et où les conditions de vie vont certainement décliner.

Trois scénarios sont possibles. Dans le premier, le fort sentiment anti-immigration, conjugué à la montée en puissance des populistes, pousse la plupart des gouvernements européens à ne pas ouvrir davantage les frontières. Les électeurs mettront certainement du temps à le comprendre, mais ceci se traduirait par un demi-siècle de stagnation économique et un démantèlement radical de l’Etat-providence européen.

Dans le second scénario, les dirigeants européens parviennent à convaincre leur peuple d’accepter plus d’immigration, malgré leurs profondes réticences. De quoi, probablement, insuffler un renouveau de croissance économique et sauver les systèmes de retraite et de santé du continent. Mais si des immigrants entrent massivement en Allemagne, Italie et Pologne alors que les locaux se cramponnent à leur définition restrictive de la citoyenneté, les conséquences sociales et culturelles peuvent s’avérer dangereuses. Les populations seraient alors à jamais clivées, avec d’un côté une majorité, sur le déclin, d’«autochtones » aigris et de l’autre une minorité, croissante, d’«étrangers» défavorisés. Un cocktail explosif, au mieux.

Troisième scénario, le plus optimiste: l’Allemagne, l’Italie et la Pologne suivent les modèles canadien et américain et se réinventent comme véritables terres d’immigration. Bien sûr, ces pays attendraient des nouveaux arrivants qu’ils respectent les règles d’une société libre et démocratique. Mais ils devraient aussi accepter qu’il puisse y avoir un Polonais juif, un Allemand noir et une Italienne voilée.

Ce dernier scénario est le moins probable. Mais si les pays européens dont la population doit rapidement décliner au cours des prochaines décennies veulent éviter les dangers à la fois de l’effondrement économique et des tensions au sein des populations, ils n’ont d’autre choix que de se transformer en sociétés multiethniques, en théorie comme en pratique. S’ils ne le font pas, le fait qu’ils risquent de ne plus partager la même monnaie pourrait bien devenir le cadet de leurs soucis.

 

Yascha Mounk

Fondateur de the Utopian, doctorant en théorie politique à Harvard. Vous pouvez le suivre sur Twitter @Yascha_Mounk.

Traduit par Aurélie Blondel

http://www.slate.fr/story/59499/europe-multiethnique-avenir

09:10 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : europe, démographie, immigration en europe, émigration d'europe |  Facebook |

27/07/2012

Europe: des économistes tirent la sonnette d'alarme

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Un groupe d'économistes , réunis au sein du Institute for New Economic Thinking, basé à New-York, tire la sonnette d'alarme cette semaine : si l'Europe ne prend pas des mesures drastiques pour arrêter la spirale infernale qui mène l'euro vers des spéculations insensées, la zone se trouvera sur le seuil d'un cataclysme financier sans pareil.
Il faut que les dirigeants les prennent rapidement, d'une manière efficiente et responsable, sans quoi cette monnaie disparaîtra.
Cette prise de position intervient à un moment particulièrement grave : la Grèce n'en finit pas de sombrer, incapable de rspecter ses engagements, l'Espagne réalise que ses calculs étaient exagérément optimistes et voit aujourd'hui ses propres régions lui demander de l'aide et les marchés rechignent à lui prêter à moins de sept pour cent, l'Allemagne voit sa cotation AAA menacée.
Les choses sont très simples : ces dernières semaines, la situation s'est aggravée dramatiquement dans les Etats endettés de la zone euro.

L'euro est la conséquence d'une imprécision capitale, d'un dessein mal maîtrisé, mis à jour trop tôt, sans pare-feux capables de le soutenir en période de crise. Au contraire, sa structure même fait que le danger qui guette un membre de la zone rejaillit automatiquement sur les autres. Et c'est précisément ce dernier point qu'il faut corriger en premier lieu.

Les experts demandent ensuite, ce qui leur paraît normal : une plus grande intégration de la zone euro (gouvernance financière et économique communes), faire du fond européen de stabilisation une banque, ce qui augmenterait sa puissance de pare-feu. Et que la Banque Centrale européenne puisse mieux utiliser les outils dont elle dispose.

Ce qu'ils ajoutent est intéressant : il ne faut pas, écrivent-ils, que ces restructurations absolvent de toute responsabilité ceux qui, banquiers ou non, qui ont crées la crise en prêtant inconsidérément aux États membres.

Ce rapport confirme ce que nous pensons depuis toujours : une monnaie unique ne peut être instituée que dans un pays unique, là où une seule direction en matière d'économie et de finance intervient. Les dirigeants politiques européens (nous pensons à Jacques Delors) qui ont tout fait pour imposer l'euro rapidement, en se disant : une fois l'euro en place, le gouvernement unique européen suivra sans tarder, ce sont lourdement trompés et les pays qui leur ont fait confiance (comme l'Allemagne) ou qui ont, d'une manière éhontée, profité du système (comme la Grèce) se retrouvent aujourd'hui face à une situation qu'il ne peuvent plus contrôler. Mais il ne faut pas que cela soit la bonne excuse pour imposer aux peuples d'Europe un gouvernement unique dont ils ne savent pas qui, ni quoi, ni comment, ni où ! Ce ne seront pas des technocrates anonymes dans leurs bureaux de Bruxelles qui feront l'Europe !

08:39 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : euope, zone euro, finances, grèce, espagne, crise de l'euro |  Facebook |

26/07/2012

Pourquoi écoute-t-on Alain Soral ?

Cette question, un brin provocatrice, hante peut-être l’esprit de quelques-uns. Essayons d’analyser la situation. Pourquoi passons-nous autant de temps devant notre écran -parfois pendant des heures- juste pour écouter un homme seul en train de parler ?

Le constat est d’autant plus déroutant que, si nous avons découvert l’homme en question, c’est que fatalement pour la majorité nous sommes au départ nationalistes, musulmans patriotes ou issus de l’extrême - gauche (en effet, il est rare que le site du CRIF nous conduise vers Egalite & Réconciliation). Ce qui inclut fatalement que notre "camp" se fasse régulièrement -et à juste titre- égratigner lorsqu’il dérive réciproquement vers le national-sionisme*, l’indigénat ou l’antifascisme primaire.

Ainsi, qu’y a t-il de si captivant chez cet individu pour que nous soyions à ce point accrochés par son discours au point de vouloir se faire bousculer dans nos consciences ? Sommes-nous tombés dans ce que René Girard désigne comme le masochisme pervers ?

De la même manière que chacun se souvient de la première fois qu’il a fait l’amour, je crois qu’on se rappelle tous notre première vidéo soralienne : dans les deux cas ça ne laisse pas indifférent, ça bouleverse et ça fait mal aussi parfois. Car, comme disait Remy de Gourmont, « ce qu’il y a de terrible quand on cherche la vérité, c’est qu’on la trouve ».

Par ailleurs, si nous cherchons si ardemment des réponses à nos questions, c’est peut-être parce que les solutions proposées par la société actuelle et l’ensemble des moyens d’information d’Etat (pardon pour le pléonasme) ne sont pas satisfaisantes. Pire, ces réponses préfabriquées destinées aux masses nous troublent au plus haut point tant elles sont en décalage total avec la réalité que nous constatons quotidiennement.

Ainsi, notre esprit si étriqué et conditionné par la nomenklatura s’est libéré des barrières intellectuelles imposées jadis et nous avons subi un brutal -mais nécessaire- choc de la pensée auquel nous n’étions plus habitués. Le choc fut d’autant plus brutal qu’en face de nous nous avions un homme honnête, intelligent, dénué de toute "langue de bois" et sympathique ; ce qui n’est pas habituel étant donné le profil de nos intervenants contemporains. Les services de la pensée unique "soixante-huitarde" (deuxième pléonasme) n’ont eu de cesse de limiter nos réflexions à de fades sujets de société depuis des années, en abaissant chaque jour un peu plus le niveau de réflexion pour coller avec le niveau d’engagement politique des citoyens zombifiés.

D’ailleurs, nous pouvons vérifier ce fait très concrètement en parcourant dès maintenant les médias mainstream et en cherchant un sujet traitant sérieusement de la question des origines de la dette, des impacts de la politique américano-sioniste sur la géopolitique internationale ou encore les effondrements structurels majeurs des pays européens face à l’immigration de masse.

Vous avez beau retourner votre journal dans tous les sens ou tenter de régler votre antenne TV, jamais vous ne trouverez un débat objectif sur la question. Tout au plus un décadent moralisateur subventionné va -sous couvert de bonnes intentions républicaines et humanistes évidemment- vous rabâcher que ce genre de question « incite à la haine » ou « nous rappelle les heures les plus sombres de notre Histoire ». Ce phénomène n’est pas nouveau, déjà Coluche** dénonçait le conformisme intellectuel en 1981 en comparant Le Figaro et L’Aurore, comme on compare deux gouttes d’eau tombées d’une même pluie…

Pour conclure, je ne peux m’empêcher de faire –avec légèreté- une analogie amusante entre Alain Soral et le film Matrix. Nous étions un peu comme Néo, naïf opprimé d’un monde où toute subversion est systématiquement punie, qui cherche à savoir ce qui se cache derrière notre malaise et les manipulations des hautes sphères.

Alain Soral jouerait, quant à lui, le rôle de Morpheus nous offrant le monde tel qu’il est réellement, sans montage ni trucage et incroyablement laid. Mais attention au choc, car comme le dit Morpheus au moment où Néo est dans le déni le plus complet : « Je n’ai pas dit que ce serait facile, j’ai dit que ce serait la vérité ».

Pour toutes ces raisons et pour bien plus encore, merci Alain Soral !

(1) national-sionisme, terme désignant le rapprochement entre certains nationalistes et l’idéologie sioniste.

(2) http://www.youtube.com/watch?v=9hcE...

(3) Matrix, film de science-fiction, sorti en 1999.

 

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Pourquoi-ecoute-t-o...

09:25 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : médias, politiue, alain soral, égalité et réconciliation |  Facebook |