27/03/2012

DSK et la perte de la vertu

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M. Strauss-Kahn, hier à Lille


Il aurait pu être en campagne électorale à briguer la magistrature suprême, il est aujourd'hui mis au rang d'un client de la « mondaine », malfrat sexuel lui qui fut directeur d'une administration internationale toute puissante.
Sic transit gloria mundi.

La mise en examen est lourde, nous en convenons même si nous ne connaissons pas le dossier, le procès qui s'en suivra dira quoi sur le plan du droit et des faits.

Tout ceci est emblématique d'une société qui ne sait plus ce qu'est la « vertu », cette qualité éminente que les Grecs appelaient « arètè » et sans laquelle nul ne pouvait s'estimer digne de remplir une fonction publique. Perte de la vertu, morale élastique, individualisme exacerbé, réification de l'autre, voilà les poisons qui corrompent notre société et la font courir à sa perte.

Car il n'y a pas que monsieur Strauss-Kahn ; ailleurs, dans des sphères moins canailles, mais tout autant exposées, d'autres hommes politiques devraient répondre à certaines questions embarrassantes.

Point n'est besoin de rappeler l'incarcération du gestionnaire de fortune de madame Bettancourt et l'implication dans ce dossier de l'ancien ministre Woerth et, ne l'oublions pas, l'ombre du président de la République qui plane sur toutes ces histoires d'argent liquide qui circule de mallettes en mallettes.

Et l'affaire Karachi qui qualifie un ensemble de manœuvres d'autant plus répugnantes que du sang a coulé dans cette « combinazione » dignes de la Florence des Médicis ?

Là aussi, des personnalités on ne peut plus « honorables » sont impliquées : monsieur Balladur et sa campagne de 1995, où Nicolas Sarkozy a imprimé sa griffe.

Ces notables se réfugient dans le silence ou la dénégation indignée, se drapent dans des immunités bienvenues et traitent par le mépris ceux qui rament pour trouver la vérité dans cet embrouillamini.

Cette perte de la vertu ne date pas d'hier, elle est la conséquence directe de la perte de valeurs traditionnelles mises à mal depuis le si mal nommé « siècle des Lumières » : remise en cause de toute hiérarchie, confusion entre équité et égalité, dérive de la notion de liberté, déification de l'homme et mise entre parenthèses de la religion.

Ce sont ces dérives qualifiées « d'humanistes » qui sont à la racine des totalitarismes les plus meurtriers : Terreur sous la Révolution, totalitarismes soviétiques et nazis et, aujourd'hui ce libéralisme qui permet au Capital de laminer l'homme et le réduire au rang d'objet.

Monsieur Strauss-Kahn n'est que la partie visible d'un iceberg de corruption, prébendes, privilèges, passe-droits et autres gâteries que nos édiles se réservent et qui les conduiront, tôt ou tard, à leur perte. Ce qui n'est pas grave, si ce n'est qu'ils nous y entraînent aussi !

 

09:11 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fra, ce, dsk, mise en examen de dsk, ps, ump, sarkozy, bettancourt, karachi |  Facebook |

25/03/2012

Monsieur Copé, crevons l'abcès

 

Dans un périmètre sanctuarisé par le Président de la république, l’UMP se lâche, par la voix de son patron Jean-François Copé, et nous délivre un paquet infâme de mauvaise foi, d’insultes à l’égard de François Hollande, mais aussi curieusement de François Bayrou.

Quelle indécence de prendre appui sur des circonstances exceptionnelles et dramatiques pour relancer la campagne électorale, encouragé par l’apparence bénéfique des sondages pour leur candidat, plusieurs personnalités de l’UMP viennent de délivrer leur fiel.

Mme Valerie Rosso-Debord charge François Hollande pour crime de récupération. Etrange ! Le candidat socialiste s’est bien gardé de dire quoi que ce soit, il a collé aux basques du président. Que signifie une telle charge ? Est-ce par pure bêtise, sur ordre de la cellule communication du président ? Pas sûr que ce soit efficace, car l’attitude très républicaine et responsable de François Hollande n’a échappé à personne.

Ce matin dans un Figaro à la Une abominable, Jean-François Copé reprend les mots de Mme Rosso-Debord pour flinguer Marine Le Pen, François Bayrou, Eva Joly et bien sûr la part la plus large revient au challenger : François Hollande. L’argument principal est celui de reprocher à la gauche son angélisme à l’égard des problèmes de sécurité. Vieille lune !

L’UMP devrait se méfier, car donner des leçons en matière de lutte contre le terrorisme risque de se retourner contre eux : dans l’affaire de la tuerie de Montauban et de Toulouse a-t-on réagi assez vite, quel suivi a-t-on mis en œuvre pour suivre et empêcher le tueur etc…

La coupe est pleine. Parlons un peu de M. Copé :

- Il est le créateur d’une niche fiscale fin 2004, particulièrement coûteuse pour le budget de l’état qui porte son nom, elle exonère d’impôt sur les sociétés les plus values liées à la cession d’une filiale possédée depuis au moins 2 ans. Celle-ci a coûté 22 milliard d’euros en trois ans au profit des grandes entreprises.

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De g. à d. Messieurs Copé et Takieddine accompagnés de  leurs dames. 

 

- C’est aussi lui qui est à l’origine d’une taxation des accidentés du travail en août 2009, à savoir la fiscalisation des indemnités versées par la sécurité sociale pour les accidents du travail.

- Toujours aussi populaire et social, en tant que maire de Meaux, il interdit dans sa ville la cantine scolaire aux enfants de chômeurs.

- C’est aussi un super cumulard : Patron de l’UMP, député de Seine et Marne, maire de Meaux, président de la communauté d’agglomération, et…. un job d’avocat à temps partiel dans un grand cabinet d’affaire, le cabinet Gide Loyrette Nouel.

- Un super homme ! Qui aime surtout l’argent, la loi de 1992 permet le cumul des mandats et des salaires plafonnés à 7 800 euros (plus 6 200 euros de frais), mais la loi ne concerne pas les activités du secteur privé : avocat d’affaire par exemple. Janvier 2009 il a ainsi cumulé 9 730 euros brut par mois et 200 000 euros d’honoraires d’avocat pour l’année.

- Interpellé sur canal + le 6 janvier 2012 sur la nécessité de limiter le cumul des indemnités des élus il répond sèchement : « Tu comprends si on n’a que des gens qui se contentent de 5 000 euros par mois, on n’aura que des minables. » Sic !

- La justice s’intéresse aussi aux relations qu’il entretient avec le principal intermédiaire de ventes de sous-marins au Pakistan M.Ziad Takieddine. Il figure dans une photo de vacances sur le yacht de ce dernier en compagnie de Brice Hortefeux. Il est, entre autre, bénéficiaire d’un somptueux cadeau sous forme d’une Rolex offerte par M. Takieddine.

- Il ouvre une guerre totale contre François Fillon qu’il soupçonne de vouloir prendre le contrôle de l’UMP en cas de défaite de Nicolas Sarkozy, pour se faire, il prend la défense de Rachida Dati dans l’affaire de la candidature à Paris qui l’oppose à Fillon.

- Il est surtout très « gentil » avec ses petits camarades : Christian Estrosi, Yves Jégo, Xavier Bertrand, Jean-Louis Borloo, la perle étant réservé à Laurent Wauquiez dont il dit : « je ne suis pas sûr, que pendant la guerre Laurent Wauquiez aurait été du bon côté » se demandant si « Wauquiez n’aurait pas vendu des juifs pendant la guerre. ». ajoutons à ce délicieux marigot que Dominique Paillé déteste Copé et en dit pis que pendre.

C’est une partie de la revue de presse que l’on peut mettre à l’actif de M. Copé qui se permet de donner des leçons d’honneur et d’éthique au Parti socialiste.


Sopurce:http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/m-cop...

23/03/2012

Après la tuerie de Toulouse, Sarkozy veut mettre l'Internet au pas !

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Sarkozy, hier


La tuerie de Toulouse sera-t-elle le bon prétexte pour nous mettre tous sous surveillance ? Il semble bien que oui. Les dispositions annoncées par le candidat président Sarkozy vont toutes dans ce sens : "Toute personne qui consultera de manière habituelle des sites internet qui font l’apologie du terrorisme, ou véhiculant des appels à la haine ou à la violence, sera punie pénalement", a déclaré Nicolas Sarkozy.

Cette consultation sera donc un délit pénal, sanctionné par une peine d'emprisonnement et une amende.

Une fois de plus, le candidat président se livre à son exercice favori : réagir après l’événement, dans l'émotion suscitée par le fait qui l'a engendrée ; cela s'appelle la théorie du choc.

Une disposition semblable existe ; c'est la loi qui réprime la consultation et le téléchargement d'images ou de films à caractère pédopornographique. Mais là, il y a moyen d'objectiver le délit : le téléchargement qui implique la volonté de s'associer au film ou à l'image, par sa conservation.

Mais dans le cas de « sites faisant l'apologie du terrorisme, ou véhiculant des appels à la haine ou à la violence » comment rendre objectif ce qui, au départ, est toujours de nature subjective ?

Ce sera donc une disposition autoritaire de contrôle et de censure, comme il en existe dans des pays que nos dirigeants condamnent à longueur de temps.

Cela implique un contrôle permanent sur tout ce que l'internaute visite. Et la question se pose : comment définir l'apologie du terrorisme et/ou de la violence ?

Quand vous nous lisez, avez-vous le sentiment que nous faisons l'apologie de quoi que ce soit de terroriste ? Si vous êtes de mauvaise foi, rien ne vous empêchera de le dire et dénoncer.

Cette annonce, est un effet dont le président candidat est coutumier, on le voit dans son exercice favori qui consiste à rouler des mécaniques devant les caméras. Cette loi, si elle est votée, sera certainement retoquée par le Conseil Constitutionnel, mais n'empêche, c'est toujours bon de faire croire au peuple qu'il verra ce qu'il verra et qu'internet sera mis au pas !
Dans le fond, c'est bien là le but de ce président candidat...
Nous mettre au pas !