05/03/2012

Sarkozy aime-t-il la France ?

Par Adrien Aubazit

Quelques phrases écrites par Henri Guaino lors de la campagne de 2007, prononcée par le candidat UMP ont suffi à faire trembler l’Internationale des ringards.

Notre Internationale vit dans les déclarations de patriotisme (pourtant non sincères), le retour évident de la Bête immonde, ou, du moins le retour d’un nationalisme chauvin dont les dérives ne sont plus à démontrer.

Que nos ringards se rassurent. Il n’est même pas patriote. On peut même sérieusement douter qu’il ait jamais ressenti à l’égard de son pays autre chose que du mépris. Il ne cesse de tout mettre en œuvre pour éradiquer l’identité nationale que la France s’est forgée le long des siècles. Un nom de ministère ne change rien à cette donnée.

Si le président de la République aime la France alors pourquoi remet-il en cause la souveraineté de son pays, que les trois capétiens ont eu tant de mal à conquérir, en faisant ratifier par des parlementaires félons un traité dont le peuple a montré qu’il ne voulait pas, le 29 mai 2005 ?

Pourquoi fait-il prévaloir les intérêts de l’Allemagne sur ceux de la France dans les négociations du traité de Lisbonne ?

Pourquoi se débarrasse-t-il de l’indépendance nationale, si chèrement acquise par Philippe Auguste à Bouvines, en se jetant dans les bras de l’OTAN ?

Pourquoi se lance-t-il dans une guerre contre le peuple libyen alors que les intérêts de la France ne sont pas engagés ?

Pourquoi attaque-t-il la laïcité si ancrée dans notre république ?

Pourquoi déclare-t-il se sentir étranger en son pays ?

Pourquoi dire de la France qu’elle a été orgueilleuse en 2003 alors qu’elle ne demandait que le respect du droit international ? L’attitude de ceux qui le piétinent étaient-elle plus humble ?

Pourquoi transforme-t-il le pays des Arts et des Lettres en feuilleton permanent ?

Pourquoi vouloir effacer la mémoire nationale en enlevant Louis XIV, Napoléon et tant d’autres des programmes d’histoire ?

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Le problème de Nicolas Sarkozy est qu’il ne connait rien, ou alors pas grand-chose, de l’histoire de France (et il s’en flatte). Si la France a survécu à tant d’épreuves au cours des siècles, c’est parce que ceux qui étaient à sa tête, malgré toutes leurs divergences, possédaient un sentiment de continuité. Ils continuaient la tâche de leur prédécesseur et avaient la volonté de léguer le meilleur héritage possible à leur successeur.

Mais Nicolas Sarkozy n’est pas devenu président pour succéder à ses pairs, pour continuer l’œuvre nationale. Non. Il est devenu président comme on serait devenu patron d’une entreprise. La présidence n’est qu’une promotion, une étape dans sa carrière. Pour lui, la politique n’est qu’un job. A travers son job il a voulu gommer ses pathétiques complexes post-adolescents. Car il reste, malgré sa fonction, un adolescent. Il incarne au final la dépolitisation de son temps, l’obsolescence du sérieux, l’inversion des valeurs.

Contrairement à ce que pense l’Internationale des ringards, le problème de Nicolas Sarkozy n’est pas qu’il aime trop la France. Le problème est qu’il ne la connaît pas, et ne veut surtout pas la connaître.

Adrien Abauzit

A propos de l’auteur, lire « Né en 1984 », l’indispensable livre d’Adrien Abauzit

Publié en exclusivité sur Mecanopolis avec l’autorisation des ayants droit
Reproduction autorisée avec indication des sources

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04/03/2012

Syrie: l'envers du mouroir

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Messieurs Sarkozy et Bachar-Al-Assad, il n'y a pas longtemps


On a fait beaucoup de bruit autour de la saga vécue par deux journalistes français rentrés illégalement en Syrie. Après tout, le journalisme est un métier à risques, ils voulaient quoi, ces deux "vedettes", que l'armée française en personne les déloge  ?
Justement, à propos de l'armée française, où en est-on de cette informtation qui fait état de dix à seize militaires français prisonniers de l'armée régulière syrienne ? D'après nos informtions, la Russie, le Qatar et l'Arabie négocieraient leur libération avec les Syriens.
Ces militaires français prisonniers serait une fausse information, ou une vraie, soigneusement cachée au bon peuple pour ne pas révéler notre implication dans ce conflit où, une fois de plus, nous n'avons rien à faire ! 


Dictature contre démocratie est le credo simpliste censé résumer la réalité géopolitique syrienne. Si le régime de Damas est incontestablement responsable d’atrocités, il est aussi titulaire d’un CV politico-idéologique qui n’est pas du goût de certaines puissances notamment régionales.

A la fois laïc, nationaliste, panarabe, pro-palestinien, allié de l’Iran, du Hezbollah, des BRICS (1) et de l’ALBA, l’Etat syrien réunit tous les ingrédients pour s’attirer simultanément les foudres de Washington, des pétromonarchies du Golfe, d’Israël et des groupes salafistes. Mais aussi pour nourrir fantasmes et clichés. En voici quelques-uns...

1. Laïcité et religion d’Etat. On dit du pouvoir syrien qu’il est aux mains d’une « clique alaouite » (2). Or, la Syrie est un Etat laïc depuis 1973. Discrets, les alaouites sont absents du champ religieux. S’il y a une religion institutionnelle en Syrie, c’est l’Islam sunnite. Écoles coraniques et mosquées sont en effet gérées par le ministère des fondations religieuses (waqfs). Certes, la transmission dynastique du pouvoir et le népotisme caractérisent le régime.

Cette situation inacceptable existe cependant dans toute la région, que l’on soit en république, en monarchie ou en théocratie : les Saoud d’Arabie saoudite, les Al Thani du Qatar, les Hariri au Liban… S’agissant des Assad, l’indignation sélective est de mise. Or, les Assad dirigent le pays avec d’autres baassistes issus d’autres communautés. Le gouvernement d’Adel Safar compte 19 ministres d’origine sunnite sur 31. Certains ministres sont chrétiens, kurdes, chiites ou druzes.

2. Le salafisme syrien, un danger réel. Depuis les Omeyyades, la Syrie est le berceau de l’Islam flamboyant et universaliste mais il est également celui du djihad contre les hérésies. Les thèses de l’inquisiteur sunnite syrien du XIVe siècle Ibn Taymiyya sont encore en vogue dans le pays. Parmi ses fervents disciples, il y a le cheikh Al-Arour, un « télécoraniste » syrien de la chaîne saoudienne Wissal TV qui menace de « hacher les alaouites et de donner leur chair aux chiens. »

A Baba Amr, quartier rebelle de Homs, « Pacifiques jusqu’à l’extermination des alaouites » était un slogan omniprésent avant l’assaut meurtrier lancé par l’armée gouvernementale. Le consultant religieux d’Al Jazeera Al Qardawi appelle à verser le sang des « infidèles » qui règnent à Damas. Quant au principal juriste saoudien Al-Luhaydan, il prône l’extermination d’un tiers de Syriens pour sauver les deux tiers. (3)

Les sunnites qui « trahissent » ces prêches sont logés à la même enseigne. Saria, fils du grand mufti de Syrie, a été tué parce que son père refusait d’adhérer à ces discours haineux. N’est-il pas étonnant que nos médias ignorent ces appels au meurtre vus et entendus par des millions de téléspectateurs arabes ?

3. Bons terroristes. En Occident, l’Armée syrienne libre (ALS) a la cote. Ce groupe mobilise pourtant des djihadistes financés entre autres par le sultan saoudien Bandar Ben Sultan, promoteur du terrorisme international et grand ami de Bush. Encadrée par des Libyens naguère actifs au sein d’Al Qaida, l’ALS reçoit l’appui logistique du renseignement français. (4)

Ses brigades portent des noms de conquérants musulmans comme Khalid Ibn Al Walid, Mu’awiya ou Abu Bakr. Le 21 décembre 2011, la Brigade Farouk, cette filiale de l’ALS à Homs qui enleva cinq ingénieurs iraniens s’était d’abord autoproclamée « Mouvement contre l’expansion chiite ». (5)

C’est l’ALS qui aurait pilonné le quartier où périrent huit Syriens ainsi que le journaliste français Gilles Jacquier. (6) Le confessionnalisme déclaré de l’ALS en dit long sur ce qu’elle réserve aux minorités en cas de prise de pouvoir. Le soutien de la DGSE à ce groupe terroriste est tout aussi éloquent.

4. Mauvaises victimes. Curieusement, les victimes civiles pro-régime n’apparaissent jamais sur les écrans radars de nos médias. Personne n’a évoqué l’assassinat de Mohamed Qabbani (17 ans), un hacker de « l’armée électronique syrienne ».

Son groupe avait pourtant piraté plusieurs sites dont la page facebook du « Soir » la veille de son assassinat, une raison évidente pour parler de lui. Personne ne s’est indigné de la mort du journaliste Chukri Abou Al-Bourghol du quotidien pro-régime At-Thawra. Qu’elles soient pro ou anti-Bachar, terroristes ou pacifistes, les « victimes civiles » sont mises d’office sur le compte du gouvernement. Dès lors, comment ne pas s’interroger sur la fiabilité du bilan de 6.000 morts avancé par l’ONU ?Puissent la dégénérescence du drame syrien et le martyre de Homs en particulier, nous inciter à redoubler de prudence face aux obus de la propagande de guerre. Avant que Damas ne suive Tripoli et Bagdad dans la liste des capitales arabes bombardées, conquises et humiliées par nos justiciers autoproclamés.

(1) Le bloc des BRICS s’est toutefois fissuré le 16 février dernier lors de l’AG de l’ONU condamnant la répression en Syrie. (2) Bernard-Henry Lévy, « La règle du jeu », 16 novembre 2011. (3) Asia Times Online, 15 juillet 2011. (4) Le Canard enchaîné , 23 novembre 2011. (5) Communiqué envoyé au bureau de l’AFP à Nicosie, 3 janvier 2012. (6) Le Figaro , 20 janvier 2012.

source: michelcollon.info

08:00 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : moeyn-orient, syrie, bachar el assad, homs, alaouites, als |  Facebook |

03/03/2012

La stratégie expansionniste de l'Empire

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L'Empire c'est l’expansionnisme prémédité, dirigé, et exécuté pour que l'ensemble des forces financières, commerciales et industrielles du continent nord-américain et européen puissent se déployer librement dans le monde et imposer leur manière de voir, faire et dire. Si elles poursuivent ce but, c'est, vous n'en doutez pas, pour leur plus grand profit.

Pour cela, elles invoquent des théories dites « libérales » qui prônent la liberté de faire et de dire, liberté qui ne serait que favorable à l'épanouissement des être humains pour autant que tous ensemble ils concourent à cette tâche.

C'est ainsi que, d'après leurs théories, mettre les hommes en concurrence est une excellente chose, facteur d'émulation et de progrès dont les retombées ne peuvent qu'être favorables à ceux qui en profitent.

Nous n'allons pas aujourd'hui réfuter ces thèses qui, de toutes façons, ne sont dans leur bouche

que pour légitimer leurs immenses profits. Balayons cependant leur prétention à l'humanisme ; les licenciés économiques qui voient leur usine se délocaliser ailleurs, ceux qui à 45 ans ont perdu leur emploi, les jeunes qui en cherchent, savent ce que le mot « humanisme » signifie dans leur bouche.

Le but de ces dirigeants est de contrôler toute l'activité économique de la planète, et en tout premier lieu, celle qui a pour l'objet la recherche et l'exploitation de l'énergie.
Depuis la chute du mur ils estiment que c'est parfaitement possible. Le hic, c'est qu'il y a de plus en plus de résistance.

Ces résistants, nous les trouvons en Russie et en Iran, deux importants producteurs de pétrole et de gaz. Ne négligeons pas l'Afghanistan, rétif de tous temps à une présence étrangère. En Amérique du Sud, que les États-uniens considéraient comme leur chasse gardée, des voix s'élèvent pus forte que jamais pour contester ce colonialisme. Le Vénézuela, mais aussi le Brésil et la Bolivie affichent ouvertement leur indépendance d'esprit et de jugement.

Au moyen-orient, où, grâce à la complicité de la tribu des Saoud, la péninsule arabique est sous leur contrôle, la Palestine est le grain de sable qui combat cette fiction qu'est Israël, colonie de l'Empire dans la région.

L’Europe, on peut l'écrire est, dans sa grande majorité sous sa botte. Restent quelques bastions comme l'Ukraine, la Biélorussie.

La stratégie est limpide : encercler la Russie en exacerbant les particularisme locaux (Tchétchènes en particulier et caucasiens en général), semer la zizanie dans l'économie russe, corrompre à tout bout de champs les élites pour affaiblir le pouvoir. Puis s'occuper de l'Iran, militairement s'il le faut, pour lui voler son pétrole. Sur la route de l'Iran, il y a son allié, la Syrie où l'on déstabilise Damas en attendant Téhéran.

La stratégie est simple : pointer du doigts les régimes « autoritaires », ceux qui ne sont pas dupes de la « démocratie » que l'Empire met en exergue. Renverser ces pouvoirs par tous les moyens est donc indispensable. Il y eut la Libye à propos de la quelle on a raconté tout et n'importe quoi, il y aura l'Iran et la Syrie dont on s'occupe déjà.

Ces alliés, l'Empire se les choisit de la manière la plus pragmatique qui soit. L'islamisme wahhabiste des Saoudiens qui s'oppose aux chiite et hétérodoxes de l'Iran et la Syrie est le bienvenu, et tant qu'à faire Al-Qaïda, aussi comme l'a confirmé récemment madame Clinton. On a vu le résultat : Libye retournée à la charia, la Tunisie à l'islamisme, attendez-vous au massacre des chrétiens, druzes, alouites et chiites en Syrie une fois le régime pacificateur de Bachar Al-Assad renversé !

L'islamisme fanatique, c'est bon pour les musulmans libyens et tunisiens doivent-ils se dire, et tant mis pour les chrétiens de Syrie !

Mais qu'importe pour l'Empire qu'un renversement de régime soit suivi de plusieurs mois de troubles, voire de Terreur, il pense que viendra un moment où, lassés de ces guerres, des dirigeants viendront lui proposer d'asseoir leur pouvoir contre leur allégeance.

Peu lui chaut qu'au Vénézuela, une éviction de Chavez se traduise par une guerre civile, un peuple lassé, affaiblit et désabusé est une proie idéale pour tomber dans ses filets.

En Europe occidentale le fossé qui se creuse entre musulmans et citoyens de souche ne cesse de se creuser, il y a des risques sérieux de guerre civile dans les dix années à venir, déjà un peu partout en Grande-Bretagne, France et Allemagne, des armes de guerre sont cachées dans des banlieues considérées comme zone de non-droit par les autorités. L''Empire sait qu'à terme la confrontation sanglante qui peut en résulter ne peut que lui profiter. Et c'est pour lui tout profit qu'une guerre civile européenne ; un continent affaibli n'est pas un concurrent dangereux.

Sur le plan idéologique, sa propagande nous martèle que le mondialisme est l'avenir, que les peuples sont nomades par essence, la patrie c'est un hôtel comme l'affirmait monsieur Jacques Attali récemment. L’empire mobilise des  intellectuels» auto-proclamés pour étayer ce discours, il a pour allié indéfectible les juifs sionistes qui cultivent la schizophrénie qui consiste à être nationaliste et racialiste en Israël tout en défendant le métissage et la mondialisation ailleurs !

Tout ce qui peut faire barrage à son expansion doit être éliminé : nation, patriotisme, protection des frontières, préférence nationale. L'arsenal pour contrer ces aspirations est redoutable : Union Européenne, Organisation mondiale du Commerce, Cour Pénale Internationale, Cour Européenne de Justice, traité de Lisbonne... liste non limitative, bien entendu !

La presse en Europe et aux États-Unis appartient à de grands groupes industriels ou financiers, même la presse de gauche. Les chaînes de télévision aussi

Le système qu'ils disent démocratique est, de facto, une oligarchie où les places se distribuent en fonction des affinités entre les possédants et les titulaires. Viennent-ils à déplaire qu'il se voient révoqués. Au prix où se situe un élection, vous imaginez le poids de la sanction !

Reste Internet qui permet à des gens comme nous de s'exprimer plus ou moins librement. Pour combien de temps encore ?

Notre plus grande espérance est aussi la plus cruelle. Voir, à terme, des peuples d'Europe appauvris, pressurisés, à bout de ressources se révolter et chasser l'occupant. On a vu le phénomène en Islande et en Argentine. Plaise au Ciel qu'il se produise en Grèce et partout ailleurs.

En attendant, que Poutine soit réélu Russie, que Bachar Al-Assad se maintienne en Syrie, que vive la république islamique d'Iran, que l'envahisseur soit bouté hors d'Afghanistan, qu'un peu partout en Europe et ailleurs des groupes se forment qui inlassablement dénoncent la colonisation.

C'est une grande marche.

Les Chinois vous diront qu'une grande marche, cela leur dit quelque chose...