16/01/2014

Utile, le Pape ? : La muflerie sous les ors de la République

 
Celui qui fait les utilités à Rome, selon vous, est l’héritier de 2700 ans d’histoire. Vous pouvez aller vous rhabiller avec vos 150 ans de République.

Mais qui êtes-vous donc, M. Hollande, pour qualifier le souverain pontife d’« utile » ? Est-ce le président de la République française, dépositaire – que vos enragés affidés le veuillent ou non – de près de 1 500 ans d’histoire ? Est-ce le chanoine d’honneur de Saint-Jean-de-Latran, titre que même le président Mitterrand accepta ? Mais il est vrai qu’il savait que la France n’est pas née dans le bain de sang des septembriseurs. Je crois même qu’aucun président des Soviets n’aurait jamais osé qualifier ainsi le Patriarche d’Occident.
Utile ? C’est tout ? Et agréable, aussi, non ? Mais vous réservez sans doute ce qualificatif à d’autres personnes.
Savez-vous que son titre de souverain pontife, le pape des catholiques en a hérité de l’ancienne Rome ? Jules César fut souverain pontife. À ce titre, celui qui fait les utilités à Rome, selon vous, est l’héritier de près de 2 700 ans d’histoire. Vous pouvez aller vous rhabiller avec vos 150 ans de République.
Vous devez tout de même savoir – car il paraît que vous êtes allé au catéchisme – que cet homme utile est le 266e pape après saint Pierre à qui Jésus-Christ, il y a plus de 2 000 ans, avait confié sa barque sur la terre. Qu’il est le chef spirituel et non moral (on sent que ce mot de spirituel vous gêne et qu’il ne qualifie, chez vous, que vos blagues douteuses) de plus d’un milliard quatre cents millions d’êtres humains dont beaucoup ne votent pas socialiste. Ce n’est pas rien.

roncalli-e-auriol« Utile »J’ai chez moi une belle photo de M. Vincent Auriol, président de la République française (socialiste), remettant, en vertu d’une tradition remontant à nos rois, à Son Excellence Monseigneur Roncalli, nonce à Paris, et futur Jean XXIII, la barrette de cardinal de la Sainte Église catholique et romaine, le récipiendaire en Cappa Magna étant à genoux dans les salons de l’Élysée, là même où vous commîtes hier cette insigne impolitesse. Sur la photo, le président Auriol était revêtu d’un habit (on ne vous demande pas cela, rassurez-vous, avec le casque, ça ne va pas le faire). Mais il était surtout revêtu de sa fonction. À ce moment-là, M. Auriol était la France.
, avez-vous dit. C’est tout, donc. Il me semble que la dernière fois qu’un chef de l’État français avait fait preuve d’autant de muflerie vis-à-vis du Saint-Père, si j’exclus bien entendu votre sortie minable lors de la démission de Benoît XVI, ce fut lorsque Napoléon força le pape Pie VII à venir le couronner à Paris. J’ai beau chercher, je ne trouve pas d’autres exemples.
Franchement, j’ai envie de pleurer, pas pour le pape : vous imaginez, il se remettra de votre impolitesse. À mon avis, elle lui passe largement au-dessus de la mitre. Je crois même qu’il vous a déjà pardonné. Non, j’ai envie de pleurer pour la France qui ne mérite quand même pas cela. Elle ne mérite pas d’être représentée par quelqu’un qui, finalement, joue les utilités dans la cour des grands.

Georges Michel, colonel en retraite

http://www.bvoltaire.fr/georgesmichel/utile-le-pape-la-muflerie-sous-les-ors-de-la-republique,47563

15/01/2014

François Hollande en livreur de pizza

Excellent papier de Dominique Jamet pour Boulevard Voltaire.

Julie Gayet François Hollande montage

« Moi président de la République, je ferai en sorte à chaque instant que mon comportement soit exemplaire… »
À chaque instant ? Peste ! Et pourtant…
Le général de Gaulle est-il apparu une seule fois aux Français pendant les onze années de son règne autrement qu’en complet croisé ou, les grands jours, en uniforme ? Son nom, ses paroles, ses actes ont-ils figuré une seule fois dans une autre rubrique que celles de la politique ou de l’histoire ?
Du jour de son élection – en 1981 – au jour de son départ – en 1995 –, manifestation pour l’enseignement privé, attentat contre le Rainbow Warrior, guerre du Golfe, affaire Urba, affaire Pelat, affaire Bousquet, au travers des crises, des orages, des tempêtes, par ciel bleu, par ciel gris, en dépit de la fatigue, de la maladie, de la souffrance, se souvient-on d’avoir vu François Mitterrand autre qu’impassible, marmoréen, sibyllin, attaché à garder le minimum de hauteur et de distance attaché, selon lui, à la dignité et à l’exercice de sa charge ?
Homme public, homme d’État, chef d’État, un homme politique n’est jamais qu’un homme, je veux dire un être humain avec ses petitesses, ses faiblesses, ses failles, ses erreurs et même ses vices. Il peut avoir une vie sentimentale agitée, voire tumultueuse, il peut cultiver son droit au bonheur dans son petit jardin, mais le petit tas de secrets que, comme tout autre, il accumule au long de son existence, et qui n’appartient qu’à lui, doit rester ignoré de tous et confiné à l’intérieur d’un mur inviolé. En revanche, il doit se souvenir – il se doit de manifester, par sa manière de parler, de se tenir, d’être – qu’il incarne et qu’il représente la France, que c’est un choix auquel nul ne le contraignait et qui l’engage à tout instant.
Sensibles à l’air du temps et soucieux de paraître proches d’un peuple dont leur élévation même ne pouvait que les éloigner, les successeurs du général de Gaulle puis de François Mitterrand n’ont fait qu’affaiblir, qu’abaisser, qu’avilir par leur comportement et souvent par les comédies auxquelles ils se sont livrés le mandat qui leur avait été conféré. Après avoir embouti à l’aube, au volant d’une puissante voiture, un camion de laitier, Giscard a feint de partager un petit déjeuner chaleureux avec des éboueurs étonnés ou s’est invité en toute simplicité chez des vrais gens. Nous avons vu un président picoleur et peloteur, amateur de bière, de femmes et de farniente, s’affaler dans des chaises longues au bord de mers lointaines ou se balader en sandales et en tee-shirt au milieu de vacanciers surpris. Nous avons vu un autre président, pour fêter sa victoire en bon républicain, accepter l’invitation d’un ami milliardaire sur son yacht, avouer franchement sa fascination pour l’argent et mettre à profit une conférence de presse pour présenter aux journalistes et au bon peuple sa dernière conquête et leur annoncer que, cette fois, c’était « du sérieux ».
Cravate de travers, cheveux teints et petite blague à deux sous dans le coin, les occasions n’avaient pas manqué de constater que François Hollande flottait dans le costume qu’il avait audacieusement endossé le 6 mai 2013. Nul n’avait imaginé qu’un président de la République ferait un jour la une d’un magazine people déguisé en livreur de pizza, qu’un président de la République (moralement) en caleçon serait et ferait de la France la risée du monde entier.
Qu’il inspire la sympathie ou cristallise les hostilités, un président de la République doit avoir le respect de lui-même s’il veut mériter celui des autres. En signant sans le lire son bail de location à l’Élysée, François Hollande semble n’avoir pas noté que celui-ci comportait moins de plaisirs que d’obligations.

Dominique Jamet

11/01/2014

Non, monsieur Hollande, vous n'avez pas de vie privée !

Le chef de l’Etat à Toulouse, le 9 janvier, lors d’une visite à l’Ecole nationale supérieure de construction aéronautique.

 

Monsieur Hollande, vous êtes le premier magistrat de ce pays, vous êtes logé, nourri, blanchi, protégé, aux frais de cette nation que vous représentez partout dans le monde et cette représentation, c'est sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt quatre, vous n'avez pas de vie privée, celle-ci est notre gage.
Vous ne pouvez même pas vous vous permettre d'être, comme tout bon citoyen, respectueux des lois et des règlements. Vous vous devez d'être irréprochable et au-dessus de toute critique.
Il y a un terme que connaît le Code Civil et qui se retrouve un peu partout dans ce corpus juridique, celui de « bon père de famille ». Vous devez en être un , vous ne l'êtes pas !
Un bon père de famille, monsieur Hollande, est le père de tous ses enfants, sans préférence, sans faiblesse aussi. Un bon père de famille donne l'exemple et illustre une morale qui, toute ringarde qu'elle doit vous paraître, cimente le corps social dont vous êtes le gardien.
Vous ne pouvez donc pas, dans les ragots qui circulent sur votre compte, vous contenter de faire appel au « respect de la vie privée ».
La « vie privée » nous intéresse, nous citoyens. Un président qui vit en concubinage, cela ne se fait pas. Ce que votre prédécesseur avait parfaitement compris. Un président qui court le gui doux, cela s'est fait, cela fit même rire, ce fut même tragique pour ce malheureux monsieur Faure, passé à la postérité dans des circonstances qui font jaser aujourd'hui encore. A l'époque, c'était comique, certains considéraient même ce penchant comme bien « gaulois ». Aujourd'hui les temps ont changé.
Et ces temps sont durs, il y a le chômage, la crise et l'identité de la France dans ce maelström mondialiste qui est le nôtre. Les Français ont besoin de références solides, nous allions écrire « d'un chef », qui les rassure, leur montre la voie et dont la parole fait autorité. Quand on demande des efforts au Français, quand ces derniers s'appauvrissent et connaissent des fins de mois difficiles, on e doit d'être au-dessus des passions vulgairement humaines. Mais c'est, sans doute, trop vous demander.
Aurait-t-on imaginé un Général De Gaulle s'éclipsant en douce pour voir une « connaissance »  ? Non, bien sûr, c'eut été une déception terrible.
Manifestement, vous ne saisissez pas l'essence de votre fonction et, aujourd'hui, c'est dramatique.
Libre à vous, monsieur le président, de vivre votre vie, vous en avez le droit. Mais dans ce cas, il vous faut prendre vos responsabilités. Redevenez homme politique, gérant les affaires d'un parti, impliquez-vous là où bon vous semble, mais démissionnez et laissez la place à quelqu'un qui soit à la hauteur.
Vous et votre gouvernement avez réussi en quelques mois à couper la France en deux, pour celui qui se voulait le « président de tous », c'est un échec et là où vous êtes, monsieur, cela ne pardonne pas.
Vivez vos amours, elles sont vôtres, mais en privé cette-fois !

FvD