26/05/2014

Une victoire du front National, pour quoi faire ?

Marine Le Pen après l'annonce de la victoire du FN aux Européennes, le 25 mai 2014. (Christian Hartmann/REUTERS)

Que signifie le vote de ce dimanche en France. Que 25% des Français sont des europhobes xénophobes, des crypto-fascistes è tutti quanti ? Nenni ! Les Français, comme tous les peuples du monde, c'est de la bonne pâte. Ils demandent pas grand chose : un travail payé décemment, la sécurité dans les rues et un avenir pour leurs enfants. Une bonne équipe de foot serait un plus. Voilà, rien d'autre. Pour le peuple, la politique, c'est le Café des Sports, à l'heure de l'apéro, histoire de refaire le monde et râler pour rire.
Mais quand le travail fout le camp, parce qu'au nom de l'Europe il faut le partager avec des Roumains, des Polaks, des Bulgares et des Moldo-Slovaques d'une Transnistrie, dont personne ne sait que la capitale est un bled nommé Tiraspol, alors rien ne va plus  ! Et Bruxelles est une ville voisine et sympathique, sauf quand des zombies technocrates, dans leurs bureaux aseptisés, décident qui peut ou ne peut pas monter sur l'escabeau pour la cueillette des cerises.
Quand il y a des étrangers, venus d'Afrique du Nord comme de l'au-delà du Sahara qui sont de plus en plus nombreux et, manifestement, ne s'assimilent pas, voilent leur(s) femme(s), ne parlent pas français, réclament leur nourriture à eux et vont se battre dans des pays où leurs congénères s'entre-tuent, alors ils en ont marre et, comme ces derniers sont de plus en plus nombreux, ils parlent de « Grand Remplacement » et exigent, à raison que cela cesse.
L'idéologie, dit le vote, c'est fini ! L'immigration n'est pas « une chance pour la France », l'Europe, dans laquelle le Français lambda peut se reconnaître, il n'en veut pas si elle l'appauvrit. Le peuple, il est comme ça, très prosaïque, pas de  paroles ou des promesses creuses, mais des actes et ces derniers ne sont pas au rendez-vous.
Ce qu'il ne sait pas, le bon peuple de France, c'est que rien ne changera.
En France, certainement pas. Dans une suspecte envolée, Manuel Valls, les yeux illuminés par une lueur démoniaque, a martelé comme un automate que « rien ne changerait », que tout s’accélérerait au contraire.
En Europe, pareil. Le Parlement européen sera composé d'une majorité d'euro-soumis castrés qui éliront sans doute cet obscur Luxembourgeois si mal nommé
Juncker 1 président de la Commission qui continuera, comme si de rien n'était, à faire ce qui se faisait avant. Qu'importe l'humeur des Français pourvu que les Allemands soient contents, eux, et les banques avec !
Et dans le monde ce sera pareil. Le président de la République française dit qu'il ira, demain, parler à ses partenaires. Ces derniers sont des gens polis qui l'écouteront en silence.
Rien ne changera, le discours s'enrichira sans doute de sophismes nouveaux qui feront leur temps mais ne tromperont personne.
Alors, il ne faudra pas s'étonner si, dans un avenir proche, le bulletin de vote soit remplacé par la Kalachnikov !

FvD

1« Junker », écuyer en français. Premier titre de la classe chevaleresque. Rien à voir avec le triste charisme du sieur dont question.

 

07/04/2014

Manuel Valls, ou l’échec programmé

 manuel valls, PS, france, élections européennes

 

 
 
M. Valls devra souscrire sans barguigner aux oukases du FMI, notamment en faisant passer le pays sous les fourches caudines de ce que l’on appelait naguère un « plan d’ajustement structurel ».
M. Valls, chef du gouvernement, est-il un homme de gauche ou un libéral sarkozyste mâtiné facho ? Se poser ce type de questio, c’est se condamner à ne pas y répondre. Parce que bien fort serait celui qui dirait aujourd’hui comment précisément distinguer la gauche politique de la droite idéologique ?
Qu’est-ce en effet à présent qu’être « de gauche », à part se déclarer en faveur d’un « mariage pour tous » compris comme un formidable progrès et un substantiel accroissement de « droits » ? Sans que d’ailleurs personne ne dise, ni à gauche ni à droite, ni où ni comment doit s’arrêter la surenchère dans l’accroissement et la diversification sans limites des droits… ni où commence l’excessif, l’anormal, l’illégal, le pathologique, voire la délinquance et le crime. Les lignes bougent et les cervelles s’en retrouvent cul par-dessus tête.
Ne comptons donc pas sur M. Valls, dans le court laps de temps qui lui est imparti avant la nouvelle Bérézina programmée des élections européennes, pour remettre de l’ordre dans lesdites « valeurs » républicaines dont il se gargarise si abondamment… et encore moins pour relancer le marché du travail, assainir des banlieues travaillées par un djihadisme ayant fait ses classes en Syrie avec la bénédiction du Quai d’Orsay. Ou encore pour alléger la pression fiscale et remettre l’économie à flot, par exemple en sortant sans fracas de la monnaie unique, c’est-à-dire en revenant au franc, qu’il serait alors loisible de dévaluer afin de regagner un peu de la compétitivité perdue. En l’occurrence un point et demi de croissance, postulent les experts.

M. Valls ne fera rien de tout cela. Il fera certainement beaucoup de bruit en faisan, le cas échéant, coffrer et microficher quelques trublions des droites réputées extrêmes, avec ou sans l’aide de Mme Taubira, la miraculée du n°13 de la place Vendôme… tout en clamant martialement devant les caméras « No pasarán » ! Par conséquent, dire de M. Valls qu’il est une lumineuse incarnation du social-libéralisme planétarien, c’est enfoncer une porte ouverte. Mieux vaudrait préciser que M. Valls a pour vocation première, non point d’entendre les votes de protestation de ses concitoyens, mais d’appliquer la dure loi – dura lex sed lex – du redressement comptable imposée par la Commission de Bruxelles devant laquelle il devra se présenter incessamment sous peu. Dès la mi-avril, il devra en effet soumettre l’état des lieux d’une France désormais placée « sous surveillance renforcée ». Or, lundi 31 mars, l’INSEE révélait que le déficit public avait atteint 4,3 % en 2013 et non 4,1 % comme annoncé par le gouvernement Ayrault. La dette hexagonale aura ainsi progressé de 13,4 milliards d’euros au cours du quatrième trimestre 2013 pour atteindre 1.925 milliards d’euros, soit 93,5 % du PIB contre 90,6 % en 2012.
Autrement dit, nonobstant les desiderata de Mme Merkel, M. Valls devra souscrire sans barguigner aux oukases du Fonds monétaire international, notamment en faisant passer le pays sous les fourches caudines de ce que l’on appelait naguère, et avec brutalité, un « plan d’ajustement structurel ». Il s’agissait d’une thérapie de choc que la Banque mondiale appliquait à ceux des pays africains qui rechignaient à sortir de l’ornière du sous-développement ! Remède de cheval consistant à tuer le patient pour que l’État retrouve au plus vite un bilan financier présentable. Aujourd’hui, grâce à quelques décennies de croissance à crédit – sans songer un seul instant que Shylock viendrait un beau jour réclamer sa livre de chair –, certains Européens particulièrement exposés peuvent espérer brûler les étapes en matière de tiers-mondisation accélérée… regardons du côté de la Grèce.

Jean-Michel Vernochet
Journaliste

source: http://www.bvoltaire.fr/jeanmichelvernochet/manuel-valls-ou-lechec-programme,55688?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=5208b1e2fe-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-5208b1e2fe-30419145&mc_cid=5208b1e2fe&mc_eid=c4485ce8b7

08:42 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : manuel valls, ps, france, élections européennes |  Facebook |

03/04/2014

Guénon et ce monde moderne

Le gouvernement a ramassé une raclée dimanche dernier et, dès lundi, il s'est empressé, non pas d'entendre la voix populaire, mais de d'embrumer le désastre. Changement de gouvernement : les médias ne parlent plus que de ça, du coup le Waterloo est oublié, passé en pertes et profits, on prend les mêmes, ou presque et l'on recommence. C'est un vieux truc de communiquant, tant il est vrai qu'aujourd'hui, les gouvernements ne gouvernement plus mais communiquent, font de la pub, quoi !
On s'abstiendra en conséquence de commenter les allées et venues de ces messieurs dames, ils ne valent pas grand chose, l'Histoire les balaiera comme fétus de paille au vent.
Les élections européennes approchent elles aussi. Aller voter ne sert à rien, mais si on ne le fait, pas la peine ni le droit de râler. Donc, se déplacer et mettre dans l'urne un bulletin au nom d'un euro-sceptique. Les édiles européennes, en catimini comme elles ont l'habitude, nous concoctent un pacte transatlantique qui nous liera au marché nord-américain, ce sera tout bon pour les grosses, les très grosses entreprises, et pas si bon que ça, mauvais même, pour les petites et les moyennes, mais de ces dernières tout le monde s'en fout !
guénon.jpgEn 1927, paraît « La crise du monde moderne ». Guénon (photo) y développe ses raisons de ne croire ni à la légitimité, ni à la cohérence de ce que nous avons coutume d'appeler «  nos valeurs ». L'humanisme, le laïcisme, l'égalité, la parité, toutes ces notions qui fondent notre quotidien sont passées au crible et réduites à, ce que selon Guénon, elles doivent être : une suite de sophismes suggérés sinon imposés.
De Guénon il y a beaucoup à dire et critiquer, il n'en reste pas moins que cet essai n'a pas pris une ride, les événements qui se sont succédé depuis ont malheureusement donné raison à un penseur qu'il nous faut encore découvrir.

Extrait :
« Si l'on définit la « démocratie » comme le gouvernement du peuple par lui-même, c'est là une véritable impossibilité, une chose qui ne peut pas même avoir une simple existence de fait, pas plus à notre époque qu'à n'importe quel autre ; il ne faut pas se laisser duper par les mots, et il est contradictoire d'admettre que les mêmes hommes puissent être à la fois gouvernants et gouvernés, parce que, pour employer le langage aristotélicien, un même titre ne peut être « en acte » et « en puissance » en même temps et sous le même rapport. Il y a là une relation qui suppose nécessairement deux termes en présences ; il ne pourrait y avoir de gouvernés s'il n'y avait aussi des gouvernants, fussent-ils illégitimes et sans autre droit au pouvoir que celui qu'ils se sont attribués à eux-mêmes ; mais la grande habilité des dirigeants, dans le monde moderne, est de faire croire au peuple qu'il se gouverne lui-même ; et le peuple se laisse persuader d'autant plus volontiers qu'il en est flatté et que d'ailleurs il est incapable de réfléchir assez pour voir ce qu'il y a là d'impossible. C’est pour créer cette illusion qu'on a inventé le « suffrage universel » : c'est l'opinion de la majorité qui est supposée faire la loi ; mais ce dont on ne s'aperçoit pas, c'est que l'opinion est quelque chose que l'on peut très facilement diriger et modifier ; on peut toujours, à l'aide de suggestions appropriées, y pourvoir des courants allant dans tel ou tel sens déterminé ; nous ne savons plus qui a parlé de « fabriquer l'opinion », et cette expression est tout à fait juste, bien qu'il faille être dire, d'ailleurs que ce ne sont pas toujours les dirigeants apparents qui ont en réalité à leur disposition les moyens nécessaires pour donner ce résultat. »
(René Guénon : La crise du monde moderne, p.131. Folio Essais)

FvD

 

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