15/01/2014

François Hollande en livreur de pizza

Excellent papier de Dominique Jamet pour Boulevard Voltaire.

Julie Gayet François Hollande montage

« Moi président de la République, je ferai en sorte à chaque instant que mon comportement soit exemplaire… »
À chaque instant ? Peste ! Et pourtant…
Le général de Gaulle est-il apparu une seule fois aux Français pendant les onze années de son règne autrement qu’en complet croisé ou, les grands jours, en uniforme ? Son nom, ses paroles, ses actes ont-ils figuré une seule fois dans une autre rubrique que celles de la politique ou de l’histoire ?
Du jour de son élection – en 1981 – au jour de son départ – en 1995 –, manifestation pour l’enseignement privé, attentat contre le Rainbow Warrior, guerre du Golfe, affaire Urba, affaire Pelat, affaire Bousquet, au travers des crises, des orages, des tempêtes, par ciel bleu, par ciel gris, en dépit de la fatigue, de la maladie, de la souffrance, se souvient-on d’avoir vu François Mitterrand autre qu’impassible, marmoréen, sibyllin, attaché à garder le minimum de hauteur et de distance attaché, selon lui, à la dignité et à l’exercice de sa charge ?
Homme public, homme d’État, chef d’État, un homme politique n’est jamais qu’un homme, je veux dire un être humain avec ses petitesses, ses faiblesses, ses failles, ses erreurs et même ses vices. Il peut avoir une vie sentimentale agitée, voire tumultueuse, il peut cultiver son droit au bonheur dans son petit jardin, mais le petit tas de secrets que, comme tout autre, il accumule au long de son existence, et qui n’appartient qu’à lui, doit rester ignoré de tous et confiné à l’intérieur d’un mur inviolé. En revanche, il doit se souvenir – il se doit de manifester, par sa manière de parler, de se tenir, d’être – qu’il incarne et qu’il représente la France, que c’est un choix auquel nul ne le contraignait et qui l’engage à tout instant.
Sensibles à l’air du temps et soucieux de paraître proches d’un peuple dont leur élévation même ne pouvait que les éloigner, les successeurs du général de Gaulle puis de François Mitterrand n’ont fait qu’affaiblir, qu’abaisser, qu’avilir par leur comportement et souvent par les comédies auxquelles ils se sont livrés le mandat qui leur avait été conféré. Après avoir embouti à l’aube, au volant d’une puissante voiture, un camion de laitier, Giscard a feint de partager un petit déjeuner chaleureux avec des éboueurs étonnés ou s’est invité en toute simplicité chez des vrais gens. Nous avons vu un président picoleur et peloteur, amateur de bière, de femmes et de farniente, s’affaler dans des chaises longues au bord de mers lointaines ou se balader en sandales et en tee-shirt au milieu de vacanciers surpris. Nous avons vu un autre président, pour fêter sa victoire en bon républicain, accepter l’invitation d’un ami milliardaire sur son yacht, avouer franchement sa fascination pour l’argent et mettre à profit une conférence de presse pour présenter aux journalistes et au bon peuple sa dernière conquête et leur annoncer que, cette fois, c’était « du sérieux ».
Cravate de travers, cheveux teints et petite blague à deux sous dans le coin, les occasions n’avaient pas manqué de constater que François Hollande flottait dans le costume qu’il avait audacieusement endossé le 6 mai 2013. Nul n’avait imaginé qu’un président de la République ferait un jour la une d’un magazine people déguisé en livreur de pizza, qu’un président de la République (moralement) en caleçon serait et ferait de la France la risée du monde entier.
Qu’il inspire la sympathie ou cristallise les hostilités, un président de la République doit avoir le respect de lui-même s’il veut mériter celui des autres. En signant sans le lire son bail de location à l’Élysée, François Hollande semble n’avoir pas noté que celui-ci comportait moins de plaisirs que d’obligations.

Dominique Jamet

11/01/2014

Non, monsieur Hollande, vous n'avez pas de vie privée !

Le chef de l’Etat à Toulouse, le 9 janvier, lors d’une visite à l’Ecole nationale supérieure de construction aéronautique.

 

Monsieur Hollande, vous êtes le premier magistrat de ce pays, vous êtes logé, nourri, blanchi, protégé, aux frais de cette nation que vous représentez partout dans le monde et cette représentation, c'est sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt quatre, vous n'avez pas de vie privée, celle-ci est notre gage.
Vous ne pouvez même pas vous vous permettre d'être, comme tout bon citoyen, respectueux des lois et des règlements. Vous vous devez d'être irréprochable et au-dessus de toute critique.
Il y a un terme que connaît le Code Civil et qui se retrouve un peu partout dans ce corpus juridique, celui de « bon père de famille ». Vous devez en être un , vous ne l'êtes pas !
Un bon père de famille, monsieur Hollande, est le père de tous ses enfants, sans préférence, sans faiblesse aussi. Un bon père de famille donne l'exemple et illustre une morale qui, toute ringarde qu'elle doit vous paraître, cimente le corps social dont vous êtes le gardien.
Vous ne pouvez donc pas, dans les ragots qui circulent sur votre compte, vous contenter de faire appel au « respect de la vie privée ».
La « vie privée » nous intéresse, nous citoyens. Un président qui vit en concubinage, cela ne se fait pas. Ce que votre prédécesseur avait parfaitement compris. Un président qui court le gui doux, cela s'est fait, cela fit même rire, ce fut même tragique pour ce malheureux monsieur Faure, passé à la postérité dans des circonstances qui font jaser aujourd'hui encore. A l'époque, c'était comique, certains considéraient même ce penchant comme bien « gaulois ». Aujourd'hui les temps ont changé.
Et ces temps sont durs, il y a le chômage, la crise et l'identité de la France dans ce maelström mondialiste qui est le nôtre. Les Français ont besoin de références solides, nous allions écrire « d'un chef », qui les rassure, leur montre la voie et dont la parole fait autorité. Quand on demande des efforts au Français, quand ces derniers s'appauvrissent et connaissent des fins de mois difficiles, on e doit d'être au-dessus des passions vulgairement humaines. Mais c'est, sans doute, trop vous demander.
Aurait-t-on imaginé un Général De Gaulle s'éclipsant en douce pour voir une « connaissance »  ? Non, bien sûr, c'eut été une déception terrible.
Manifestement, vous ne saisissez pas l'essence de votre fonction et, aujourd'hui, c'est dramatique.
Libre à vous, monsieur le président, de vivre votre vie, vous en avez le droit. Mais dans ce cas, il vous faut prendre vos responsabilités. Redevenez homme politique, gérant les affaires d'un parti, impliquez-vous là où bon vous semble, mais démissionnez et laissez la place à quelqu'un qui soit à la hauteur.
Vous et votre gouvernement avez réussi en quelques mois à couper la France en deux, pour celui qui se voulait le « président de tous », c'est un échec et là où vous êtes, monsieur, cela ne pardonne pas.
Vivez vos amours, elles sont vôtres, mais en privé cette-fois !

FvD

10/01/2014

Dieudonné: la "victoire" de Valls qui ébranle la démocratie

 manolo-valls

Monsieur le ministre Valls a remporté une victoire, mais une victoire à la Pyrrhus. L'arrêt du Conseil d’État, statuant en référé avec juge unique, sera peut-être retoquée quand le Conseil au complet se prononcera sur le fond de l'affaire et si, contre toute attente, ce ne devrait pas être le cas, il restera la Cour Européenne des Droits de l'Homme où l'arrêt du Conseil d’État ne tiendra pas. La France est déjà classée 3e pour les atteintes à la liberté d'expression, avec 25 condamnations, devant la Russie.
Juridiquement, l'arrêt en cause marque un tournant capital dans notre conception de l'exercice de la liberté d'expression. Désormais, si les autorités en place estiment que ce que vous allez dire, faire, montrer ou suggérer peut constituer un trouble à l'ordre public, vous êtes préventivement interdit de le faire. Le Conseil d’État admet en effet que si un ministre de l'Intérieur estime que ce que vous allez dire va porter atteinte à la dignité de la personne humaine, il peut vous interdire de le dire. Nous sommes maintenant dans un régime préventif de la liberté d'expression, et c'est une boîte de Pandore qui est ouverte. Dans son ordonnance, le Conseil d’État souligne que "l'exercice de la liberté d'expression est une condition de la démocratie". Et quelques lignes plus loin, il commet un attentat contre cette liberté d'expression.
Voilà pour le volet juridique qui reste à suivre.
Le volet politique est encore plus explosif.Dans notre conception de l'exercice du pouvoir, un ministre est ministre de la République, c'est-à-dire qu'il se consacre à l'ensemble du corpus social. Un ministre n'est pas ministre socialiste, de droite, du centre ou d'ailleurs, il l'est de tous. En se focalisant sur un humoriste dont personne ne parlait, un homme par ailleurs interdit de facto d'antenne et de télévision, le ministre sort de son rôle, il redevient militant politique et cela ne se fait pas. En s'obstinant à interdire a-priori des spectacles, contrairement à la tradition française en la matière, le ministre devient un fossoyeur de cette république qu'il prétend défendre. On n'est pas loin des dérives fascisantes ou franquistes dont ce ministre se rappelle sans doute.
Et que dire de ce « service » qu'il rend à la communauté juive dont il se dit « éternellement lié » par sa femme, sinon que le retour de manivelle ne tardera pas ? Que beaucoup désormais croiront dur comme fer que la puissance de la communauté juive en France est capable d'ébranler les fondements mêmes de la République. Bravo, il en faut moins pour que l'antisémitisme reprenne force et vigueur.
Une étape désormais est franchie. Nous savons qu'ils s'en trouve qui feront fi des principes du droit, de la Constitution et du bon sens tout court pour imposer leur conception de la liberté d'expression. Nous ne sommes plus en fascisme mou !

FvD

 

08:32 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dieudonné, valls, conseil d'état, liberté d'expression, ps, france, lobby juif |  Facebook |