17/02/2014

Vincent Peillon, grand-prêtre de la religion laïque

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La laïcité est une notion purement chrétienne qui divise le peuple en clercs et laïcs. Elle répond, ce faisant, à l'impératif du Christ : rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.
Clair !
Sauf pour une camarilla de pseudo-intellectuels mais vrais sophistes parmi lesquels brille tout particulièrement Vincent Peillon, ministre de l’Éducation Nationale.
Juif alsacien, fils d'un banquier communiste (cela a existé, mon bon monsieur ! ) Vincent Peillon manifestement déteste à mort le christianisme et ne se gêne pas pour le dire (voir vidéo), mais ce n'est pas tout. Ce pseudo-intellectuel qui rabâche sans cesse dans ses écrits ce que d'autres ont publié avant lui annonce sans fards la couleur ; reconnaissons-le, monsieur Peillon n'avance pas masqué, c'est suffisamment rare que pour le souligner.
Extraits : (il faut) « inventer une religion républicaine. Cette religion républicaine, qui doit accompagner la révolution matérielle, mais qui est la révolution spirituelle, c’est la laïcité. »
Voilà le distinguo chrétien largement dépassé. Il n'y a plus de clercs d'un côté et de laïcs de l'autre, mais des fidèles d'un nouveau culte, la Laïcité, un peu comme celui de l’Être Suprême, durant les glorieuses années de la Terreur.
Justement, monsieur Peillon estime que la révolution française n'est pas terminée, elle est toujours en cours, un peu comme Trotski pour qui la révolution est permanente. Il écrit dans son livre« La révolution française n'est pas terminée » (paru en 2008)  : La révolution française est l’irruption dans le temps de quelque chose qui n’appartient pas au temps, c’est un commencement absolu, c’est la présence et l’incarnation d’un sens, d’une régénération et d’une expiation du peuple français.»
Plus religieux que ça comme discours, tu meurs ! La laïcité est donc pour ce monsieur une nouvelle religion avec ses prêtres, ses fidèles et son Vatican, en l'occurrence le Grand-Orient de France dont Vincent Peillon est un zélateur (quand il ne va pas à la synagogue). C'est clair comme de l'eau de roche et c'est écrit en termes simples et directs qui ont été repris plus haut : inventer une religion républicaine.
Faut-il rappeler à monsieur Peillon que l’État a des missions bien spécifiques et encadrées par la Constitution : garantir les frontières, les protéger, assurer l’Éducation, la Justice, la Police. Et l'article 1 de la Constitution stipule que la république est laïque, ce qui, avant monsieur Peillon signifiait que l’État ne s'occupe pas des cultes et qu'il ne les finance pas.
Mais ça, c'était avant !
On pourra toujours arguer que les propos de monsieur Peillon n'engagent que lui, que toute cette littérature sur la religion laïque n'est pas dans le programme du gouvernement. Certes, oui. Mais dans ce gouvernement stérile et impuissant, il reste comme ultime recours d'autorité l'idéologie et comme idéologue, monsieur Peillon est expert. Déjà, en catimini, il fait transparaître les théories du genre à l'école et, ouvertement, par ses écrits, donne le ton de la laïcité nouvelle, celle que ses bons frères du Grand-orient relaient dans le secret de leurs loges. Leur déclaration fracassante dans un manifeste de janvier 2013 a donné le « la » de ce renouveau de la « spiritualité laïque ».
Certains parmi le bon peuple ne sont pas dupes du double discours sur la laïcité. Il paraît que des citoyens en colère arrachent les arbres de la laïcité que de pieux militants avaient plantés pour honorer la religion révolutionnaire à la Peillon. L'arbre a une symbolique religieuse que ses ouailles ne saisissent peut-être pas. N'empêche, c'est dommage pour l'arbre, mais bien fait pour le symbole.
Monsieur Peillon ferait mieux de se consacrer à son ministère qui ne va pas bien, aux parents d'élèves qui ne sont pas contents, aux enseignants qui renâclent et aux élèves français qui apprennent de moins en moins de choses intéressantes et utiles. Normal, avec des idéologues à la barre on ne va jamais très loin, la réalité, cruelle, est là qui vous remet, parfois brutalement en place.
En attendant mieux, le règne des cancres et des sophistes nous pourrit la vie !
 

30/01/2014

Quand Valls joue aux apprentis-sorciers

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L'impétuosité est un vilain défaut. Quand il se double d'impulsivité, il peut faire des dégâts. Si, en plus, la morgue s'en mêle c'est carrément fatidique. C'est le cas de Valls, Emmanuel.
Le Catalan passe son temps à faire des siennes. Emporté par sa vague de popularité, la seule qui touche un membre du gouvernement, il y allait de son petit chorus solitaire, bousculant les codes de la gauche et se présentant en dur parmi les mous. C'est bien les durs, ils posent, en remettent, se haussent du col, roulent des mécaniques, dodelinent du chef et jouent au parrain, mais il y a des limites que notre homme a stupidement dépassées.
Avec lui, Valls, on allait voir ce qu'on allait voir ; les méchants, les mauvais, les malfrats en tous genres n'avaient plus qu'à se ranger et changer de métier.
Las, la sécurité des Français, malgré ses rodomontades, n'a pas évolué, les cambriolages, délit particulièrement cruel auprès de braves gens ont explosé.
Et tout cela éclate au moment où Emmanuel Valls engageait un bras de fer avec Dieudonné M'bala M'baba. Et vomissait Soral devant ses affidés socialistes et, plus grave, les caméras.
Qui connaissait l'humoriste ? Bien des gens, certes, mais plus d'un Français bien moyen le croyait retiré quelque part au Cameroun . L'homme était banni des plateaux TV, la presse n'en parlait guère, ce qui ne l'empêchait pas de faire le plein des salles de spectacle. Qui connaissait Soral ? Ce nom pour bien des Français moyens ne disait rien. Il avait beau vendre avec succès son essai « Comprendre l'Empire », attirer du monde sur son site « Egalité et Réconciliation », mais ce n'était qu'une minorité active certes, mais limitée quand même.
Il a suffit d'interdire le spectacle « Le Mur », pour attiser l'intérêt des Français toujours prompts à prendre le parti du vilain petit canard ou, en l' occurrence, du mouton noir. D'autant plus que les accusations pleuvaient et bien drues, jugez : racisme, antisémitisme, fraude fiscale (les Français adorent ça !), incitation à la haine et à la violence. Et son geste de ralliement, la quenelle, définie comme « salut nazi inversé ». Bigre !
Seulement voilà, Valls est allé trop loin. Son acharnement à vouloir interdire le spectacle « Le Mur » (interdit par référé du Conseil d'Etat qui ne s'est pas encore prononcé sur le fond) n'a pas plu à tout le monde. La Ligue des Droits de l'Homme, par exemple, qui a condamné cette interdiction « a priori ». Des personnalités de gauche, comme de droite ont dénoncé la « dérive autoritaire » d'une ministre esseulé et jalousé par bien de ses confrères. Et des milliers de Français ont commencé à regarder d'un autre œil ce petit bonhomme nerveux et qui présente bien des traits qui rappellent certains personnages d'il n'y a pas si longtemps.
Du coup, Dieudonné, tous les Français le connaissent dorénavant. Soral rassemble à Marseille plus de mille trois-cents personne, rien que pour une conférence. Une conférence, pas un concert, vous avez bien lu ! Quant à Valls, il perd royalement douze points d'opinions favorables.
Plus grave, dimanche dernier, lors de la manifestation du « Jour de colère », que Valls a qualifié de ramassis de militants d'extrême droite et de nostalgiques d'un temps révolu, certains manifestants, une minorité, ont dénoncé à coups de slogans l' immission du lobby juif dans cette instrumentalisation de Dieudonné et Soral. C'était bien la première fois depuis la dernière guerre que les juifs, en tant que juifs, étaient pris à partie dans une manifestation française. Merci Valls !
Dieudonné a repris ses tournées avec son nouveau spectacle, en fait le même que « Le Mur », mais avec quelques coupures stratégiques. Soral cartonne et, dans la foulée, l'extrême droite suscite de l'intérêt. Le gouvernement réplique en harcelant l'humoriste, il trouvera bien des poux à Soral et, tant qu'à faire, à votre modeste serviteur qui s'en fout royalement.
Comme l'a écrit le divin Shakespeare : Things past redress are now with me past care.

FvD

 

09:44 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : emmanuel valss, dieudonné, soral, gauche, extrême droite, lobby juif, crif, le mur, censure, ps, france |  Facebook |

27/01/2014

"Pendant que la France part en c..., Hollande promène le siennes"

Hier, jour de colère à Paris. Une manifestation a eu lieu à l'initiative du collectif "Jour de colère". Pas de partis politiques, pas de syndicats, pas de mots d'ordre, rien que des anonymes de par ci, d'autres de par là pour crier leur ras-le-bol face à la gabegie instaurée en idéologie par les groupes de pression, communautaires et autres, qui nous gouvernent à travers ces bras cassés qu'on appelle encore "gouvernement". Je n'y était pas, je relaie donc l'excellent article de Gabrielle Cluzel paru dans Boulevard Voltaire.

Manuel Valls et Stéphane Le Foll ont condamné les violences liées à l'extrême-droite survenues lors de la manifestation anti-Hollande organisée à l'appel du collectif "Jour de colère" dimanche à Paris.

 
Dimanche, de la Bastille aux Invalides, c’était Jour de colère. Alors ils sont tous venus, la carpe et le lapin, de Sarcelles à Versailles, avec leur colère en bandoulière, sous une pluie assortie à leur humeur. 17.000 selon la police, 160.000 selon les organisateurs. Des organisateurs que personne ne connaît. Car aucun parti politique, aucun mouvement d’envergure, ni bonnets rouges ni LMPT, n’a appelé à manifester. Le succès n’en est que plus inattendu, déconcertant, inquiétant… À cette manif un peu foutraque, pas de « tenue correcte », ni de carton d’invitation exigé à l’entrée. On y vient dans son jus, comme on est, avec la pancarte qu’on s’est bricolée sur un coin de table. Suffit d’être en colère. C’est le principe.
Beaucoup de jeunes, énormément de jeunes. Derrière la banderole « lycéens et étudiants en colère », il y a les Hommen. Une trentaine de jeunes gens marchent symboliquement enchaînés par un homme casqué en scooter… Au-dessus de leur pantalon coloré, ils sont torse nu, certains grelottent, mais ils crient pour se tenir chaud. Dans la foule qui marche, les slogans sont souvent drôles, parfois graveleux, actualité oblige. Hasard de manif, des mères de familles cathos marchent derrière un « Pendant que la France part en c… Hollande promène les siennes ». Si vous croyez que ça dérange les petites dames… La respectabilité, le bon goût, l’impression que l’on va faire au 20 h sur les médias de bon aloi, on finit par s’en battre les roupettes, justement. Parce que quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, on aura toujours tout faux. Parce que même en mettant un tutu rose, en faisant les pointes devant la caméra, en ayant l’air jeune, sympa, sexy et ouvert d’esprit, on sera toujours un facho. Parce que quand la maison brûle, on ne fait pas taire le p’tit gars qui crie « au feu » avec vous, sous prétexte qu’il mettrait ses coudes sur la table ou aurait fait une quenelle au lycée.

Car des quenelliers, il y en avait quelques-uns. Et même des quenelliers « de la diversité ». Mais quel était donc le ciment de cette manif bigarrée ? Quel était donc l’improbable point commun entre Renaud Camus, Christine Boutin, des militants LMPT et des aficionados de Dieudonné venus de la banlieue ? La détestation de Hollande, bien sûr… Et surtout une immense soif de liberté d’expression. Quand un jour l’étau se sera desserré – s’il se desserre un jour –, n’ayez crainte, tout ce monde-là se remettra sur la gueule. Mais en attendant, ils partagent leur colère. Hollande, au moins, aura réussi ça. Le « vivre ensemble » pour des populations aux antipodes. La cohésion négative. Aux fenêtres des « beaux quartiers », comme dit Aragon, des électeurs d’Anne Hidalgo leur font parfois des « doigts ». Puis rentrent en fermant soigneusement les rideaux. Comme si cette colère qu’ils méprisent leur faisait vaguement peur.

À l’arrivée, place Vauban, les orateurs n’en sont pas. Mais dans leurs discours, ils déballent leurs tripes… Le chômage, l’exclusion, la famille persécutée, les impôts. La mère de famille succède à l’étudiant, le chômeur au petit patron. Hollande ne veut pas les entendre ? Eux ne veulent plus le voir. Il faut qu’il parte. Démocratiquement. Avec l’énergie un peu folle du désespoir. Car ils croient avoir trouvé la faille, le biais, l’issue de secours : l’article 68 de la Constitution qui permet aux deux Assemblées d’engager la procédure de destitution du président de la République pour « manquement grave ». Et pour convaincre les députés, Béatrice Bourges entame une grève de la faim au Mur pour la Paix, sur le Champ-de-Mars. Jusqu’au départ de Hollande. Portée par la colère de ces milliers de manifestants.
À 18 h, l’ordre de dispersion est lancé. À 18 h 10, les forces de l’ordre bloquent les avenues donnant sur la place et balancent les premiers gaz lacrymogènes. Pour apaiser la colère, sans doute ? Les grands médias, eux, n’ont rien vu, rien entendu. Quelle manif ? Quelle colère ? Préfèrent parler du dîner de gala à Bombay de madame Trierweiler que du jeûne de madame Bourges.

Gabrielle Cluzel

écrivain, journaliste

source: http://www.bvoltaire.fr/gabriellecluzel/jour-de-colere-dans-paris,48753?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=3cdb8a4bfe-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-3cdb8a4bfe-30419145