01/10/2014

Roch Hachana chez les Halter

 

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La République est laïque, sauf quand elle est juive. A preuve, le Roch Hachana « people » de Marek Halter (un scribouillard …) où le tout Paris qui compte pour Israël et sur lequel ce dernier en fait autant, était convié. Le ministre de l'Intérieur, le sombre constipé du rectum , y était, sans doute en sa qualité de ministre des cultes. Manuel Valls, de même, en compagnie de son égérie. Quelques musulmans judéo compatible complétaient le tableau. Belle brochette casher à déguster rôtie le moment venu, ce qui ne tardera guère.

 

Depuis E&R:

 

C’est devenu l’un des événements les plus courus du Tout-Paris. Comme chaque année, Marek et Clara Halter organisaient un Roch Hachana « people », le 28 septembre au soir dans leur domicile du quartier du Marais à Paris.
Personnalités politiques, écrivains, artistes, journalistes : tous étaient venus célébrer le nouvel an juif, un événement que Manuel Valls et son épouse Anne Gravoin n’auraient raté pour rien au monde. Côté politique, l’ambassadeur d’Israël en France Yossi Gal, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, l’ex-garde des sceaux Élisabeth Guigou, le président du conseil général d’Île-de-France, Jean-Paul Huchon ou encore Rama Yade accompagnée de son époux, l’historien Joseph Zimet, avaient fait le déplacement.
Éric Naulleau était également présent, ainsi que le directeur de France Culture, Olivier Poivre d’Arvor, le psychanalyste TV Gérard Miller, l’actrice Elsa Zylberstein, Caroline Fourest, le journaliste au Figaro Yves Thréard, Monique Lang (l’épouse de Jack) et sa fille Caroline, l’homme d’affaires Dominique Desseigne (Groupe Lucien Barrière), l’ ex-président de l’UEJF et fondateur de SOS Racisme Éric Ghebali, accompagné de son épouse la productrice de télévision Daniela Lumbroso.
Pour la « diversité » et l’ « islam de France », on notera la présence de l’inénarrable Hassen Chalghoumi et de Latifa Ibn Ziaten, la mère récupérée de la première victime de Mohammed Merah.
À ne pas manquer : le diaporama de la soirée !

 

 

 

27/09/2014

La médiatisation du pape François comme signe de crise de l’Église catholique

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Quelle évolution a connu le catholicisme depuis la démission de Benoît XVI et l’élection du pape François ? Alors que la célébrité du premier Pontife sud-américain fait rage chez les non-catholiques, derrière le respect envers sa fonction pas mal de fidèles de l’Église romaine vivent un malaise caché pour une stratégie qui pourrait changer la forme et le contenu de leur credo.

À première vue la grande popularité du pape François auprès de l’opinion publique internationale semble l’affirmation d’un principe essentiel du catholicisme, qui fonde sa structure ecclésiastique sur la primauté juridique du pape sur les autres évêques. En réalité, il se passe exactement le contraire : depuis son élection comme pontife romain Jorge Mario Bergoglio est devenu très populaire non pas pour son action doctrinaire et de gouvernement en qualité de pape, mais bien à cause de la médiatisation de sa personne et de la sensation qu’il donne d’être différent par rapport à tous ses prédécesseurs. Derrière la vénération pour la personne de François se cache donc un affaiblissement de la papauté comme institution.
Si l’on analyse les questions relatives à l’Église catholique au-delà de la foi, c’est-à-dire au-delà du propre du christianisme, si l’on étudie l’Église tout simplement comme une importante institution internationale, il est hors de doute que le style de Jorge Mario Bergoglio a momentanément augmenté la popularité du catholicisme. La volonté de relancer l’image du catholicisme auprès de non-catholiques en ce moment semble l’emporter sur les questions internes et sur les principes moraux. Néanmoins, sur la longue durée ce seront justement ces questions et ses principes qui décideront le sort du catholicisme.
Sur le plan doctrinaire, la « révolution » du pape François apparaît bien significative. Premièrement, il s’agit d’un changement de modes et de conduite extérieure : dans la mimique de ses gestes, dans son langage simple et élémentaire, tout semble contribuer à une désacralisation de la fonction pontificale qui plaît beaucoup aux adversaires du christianisme dans la mesure où cela donne l’impression que le pape, c’est quelqu’un comme tout le monde, presque une espèce de grand-père sympathique et affable. Deuxièmement, on observe une échelle de priorités dans ses interventions publiques qui après un an et demi ne peut plus être jugée aléatoire. Le pape François insiste bien souvent sur des thèmes qui ne sont pas spécifiquement liés à la foi, à la morale, aux mœurs. Au cœur de ses discours il y a souvent l’immigration, la critique du capitalisme, le respect pour l’environnement, les questions proprement religieuses restant en quelque sorte périphériques et subordonnées à un message de concorde civile et humanitaire. Bergoglio n’a jamais renié clairement aucun dogme ou principe catholique : sa « révolution » consiste plutôt à prononcer des propos ambigus ou bien à tolérer des pratiques hétérodoxes sans les approuver ouvertement.
L’exemple le plus frappant de sa stratégie communicative est sans aucun doute la célèbre proposition « Qui suis-je pour juger ? », utilisée par les progressistes pour justifier l’approbation de toute transgression. Le pape François voulait-il « libéraliser » des actes considérés jusqu’à présent contraires à la loi naturelle ? Ou bien entendait-il seulement rappeler que personne hors de Dieu ne peut juger la conscience de chacun, les actes restant toutefois bons ou mauvais en eux-mêmes ? On dirait qu’il préfère rester sciemment ambigu, en s’éloignant du style des papes du passé tout comme de l’exhortation du Christ à l’égard de la transmission de la doctrine : « Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin » (Mt 5.38). Les appels à la nécessité d’une Église « pauvre, pour les pauvres » sont aussi très révélateurs. Comme les abus du clergé sont très choquants auprès de l’opinion publique, qu’est-ce qu’il y de plus médiatique du fait que le chef de l’Église réclame une pauvreté généralisée ? Il ne faut pas être un génie pour remarquer la rhétorique d’un tel propos. C’est bien louable de condamner les richesses personnelles du clergé, mais si l’Église comme institution devenait en soi « pauvre » et donc sans ressources, comment pourrait-elle aider les déshérités du monde et s’engager à combattre la pauvreté ? Ce genre de propositions donnent bien l’image fausse d’un pape extraordinaire parmi des « collègues » ecclésiastiques totalement corrompus.
La médiatisation de la figure personnelle du pape François a aussi l’effet de cacher les problèmes à l’intérieur du catholicisme qui restent énormes. Dans l’Église catholique il existe aujourd’hui une fragmentation presque incroyable, avec tellement de groupuscules qui soutiennent des positions incompatibles les uns avec les autres et surtout en contraste avec la foi catholique traditionnelle elle-même. Certains vaticanistes parlent déjà de l’existence de plusieurs églises à l’intérieur de l’Eglise catholique : il suffit d’aller voir les différences, par exemple, entre l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, une société apostolique de forme canoniale très répandue en France et assez fidèle à la tradition catholique, et les pratiques du Chemin néocatéchuménal, un groupe reconnu par les hiérarchies vaticanes que certains experts qualifient toutefois de secte extrémiste protestante. Le gouvernement du pape François semble bien privilégier les réalités les plus progressistes, celles qui ne s’opposent pas avec force à la déchristianisation de la société, à l’imposition de la théorie du genre, des thèmes sur lesquels le silence réticent de la hiérarchie vaticane devient de plus en plus assourdissant.
Aussi sur le plan du gouvernement de l’Église y a-t-il des procédés assez douteux. Par exemple, depuis juillet 2013 le catholicisme vit un grand secouement à son intérieur, peu connu par l’opinion publique internationale mais bien étudié par les spécialistes. Celui qui était peut-être le meilleur institut religieux de toute l’Église catholique, la congrégation des Franciscains de l’Immaculée, a été bouleversé par des mesures de la part des hiérarchies vaticanes. Dans un contexte historique où le clergé catholique fait le beau et le mauvais temps, pendant des décennies les frères et les sœurs de cet institut n’ont jamais été touchés par des scandales financiers ou sexuels. Ils se sont répandus partout dans le monde, ils ont conquis la confiance des fidèles, ils ont toujours vécu dans une ambiance d’austérité, de prière, de pratique religieuse. Certains d’entre eux sont devenus des brillants théologiens aussi. À partir de juillet 2013 l’ancien fondateur a été exilé, la plupart des frères ont été mutés des grandes diocèses vers des petites églises, leurs publications ont cessé, les ordinations sacerdotales des prêtres ont été suspendues, le séminaire de l’institut est en crise. Quels crimes ont commis ces religieux pour que les autorités vaticanes procèdent à un tel démantèlement ? Suite à la dénonciation d’une minorité de frères, il semble que l’esprit de l’institut soit devenu trop « conservateur » pendant le Pontificat de Benoît XVI, avec la promotion de la liturgie traditionnelle en latin et l’organisation de colloques modérément critiques sur l’histoire du Concile Vatican II. Rien plus que cela. Cette conduite autoritaire dans la résolution d’une petite incompréhension interne est justement à l’opposé des appels à la miséricorde que le pape aime répéter en toute occasion. Le but, c’est peut-être d’affaiblir les composantes de l’Église qui vivent vraiment dans la pauvreté et consacrent leur vie à la prière, à l’approfondissement de la foi et au salut des âmes.
D’autres mesures contestables concernent le sommet de l’Église. Le Cardinal Raymond Leo Burke, préfet du tribunal suprême de la signature apostolique, est l’un des plus renommés archevêques de l’Église romaine, un homme de haute culture et de réputation exemplaire, très apprécié par les simples fidèles et les milieux académiques. Selon certaines sources, il serait sur le point d’être déclassé à la fonction purement honorifique de chef d’un ordre chevaleresque. Sa faute serait là aussi un excès de « traditionalisme » : Burke a toujours pris des positions claires contre la politique antichrétienne du gouvernement Obama, en participant toujours à des événements publics contre l’avortement et en prenant position contre les théories progressistes du cardinal Kasper.
Certes, il y a aussi des éléments positifs qui ont caractérisé la première année de ce pontificat. La politique étrangère du Saint-Siège, par exemple, est devenue grâce au pape François plus influente : ses prise des positions contre la menace étasunienne de guerre à la Syrie, sa conduite sage et équilibrée par rapport à l’Ukraine, de même que la lettre qu’il a envoyée en 2013 au président Poutine pour le G-20, ont été guidés par le bon sens. Le meilleur résultat du travail diplomatique du Vatican sous le pape François est sans aucun doute la « désoccidentalisation » du catholicisme. Souvent, l’Église catholique a été perçue comme le soutien idéologique aux intérêts de la puissance géopolitique euro-américaine (c’est une opinion très répandu surtout chez les chrétiens orthodoxes). On peut évaluer positivement l’éloignement du Vatican de cette perspective, qui pourrait en principe donner la chance d’un positionnement géopolitique adéquat aux problèmes futurs. En même temps, beaucoup de questions restent ouvertes. L’Église catholique n’est pas la personne de Jorge Mario Bergoglio, qui ira terminer son existence comme tout être humain. Ce ne sera pas à sa popularité de revitaliser la religion catholique. Le pape François lui-même, dans sa première homélie en 2013, avait affirmé que l’Eglise ne peut jamais se transformer dans une ONG « philanthropique et charitable », ce qui parfois semble être son destin inéluctable. Le catholicisme pourra au contraire survivre dans la mesure où il sera capable d’offrir une perspective alternative aux modèles dominants, d’expliquer la destination métaphasique de la vie humaine dans un monde qui désormais a mis Dieu à l’écart.

Dario Citati

source: french.ruvr.ru

24/09/2014

Mouvements sécessionnistes en Europe et aux États-Unis

 

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La majorité en faveur du « non » au référendum écossais, le 18 septembre, est une victoire à la Pyrrhus pour Westminster. En effet, les partis conservateurs, libéraux et travaillistes avaient promis une « devo-max » (une méga-régionalisation) à l’Écosse, dans une déclaration commune, à condition de rester dans le giron britannique. La défaite du parti indépendantiste écossais (le SNP) a semblé fermer la porte de la sécession. (Cependant, des cas de fraudes ont été relevés durant ce référendum.) En fait, les promesses des dirigeants politiques britanniques à l’Écosse ne peuvent s’accomplir qu’en accordant les mêmes droits d’autonomie politique et fiscale à l’Irlande du Nord, au pays de Galles et à l’Angleterre. La boîte de Pandore est ouverte.

Les députés écossais présents à Westminster votent sur des sujets concernant l’Angleterre. La réciprocité n’existe pas pour les députés anglais à l’égard de l’Écosse. Le Premier ministre veut établir une scission constitutionnelle permettant à chaque député élu du pays (Angleterre, Écosse, pays de Galles et Irlande du Nord) de voter uniquement pour les affaires propres à sa nation. Une telle mesure consterne les travaillistes qui, avec l’appoint de 40 députés écossais du Labour, ne pourraient plus obtenir la majorité lors des élections, en particulier celle de mai 2015. Les profondes réticences du Parti travailliste font monter la tension en Écosse au point que les dirigeants du SNP brandissent la menace de proclamer une indépendance unilatérale.
Le travail de sape de l’Union européenne, imposant des mesures fédéralistes et ethno-régionalistes, structure le mental des peuples. Inexorablement, cela ne fait qu’aviver les rapports entre les quatre nations constituant le bien fragile Royaume-Uni. Le zoologue Konrad Lorenz, spécialiste de l’éthologie (science du comportement), désignait ce phénomène d’imposition d’un modèle par l’expression « principe d’imprégnation ». Dans le cas d’une fédéralisation complète du pays, les nations composant l’ensemble britannique seraient psychologiquement prêtes pour passer à la vitesse supérieure : l’indépendance totale.
Ce phénomène est général en Europe, notamment en Catalogne. Son président, Artur Mas, a fait adopter un texte par 106 voix contre 28 permettant le lancement d’un référendum pour le 9 novembre. Cette action est résolument combattue par Madrid… pour combien de temps ? Même les régions purement technocratiques comme « Rhône-Alpes » ou « Centre », traitant continûment avec Bruxelles aux dépens des États, échappent de plus en plus à l’autorité nationale. Il est vrai, aussi, que les Fonds structurels (manne financière) distribués par Bruxelles aux régions de 2014 à 2020 ­— 350 milliards d’euros — font baver d’envie tous les féodaux des régions d’Europe. Il faut s’attendre à des politiques sociales régressives en tout genre entre régions : création de salaires régionaux de plus en plus réduits et des remboursements de médicaments à la baisse et/ou annulés. En effet, dans le cadre d’un marché transatlantique, les multinationales sauront faire jouer les rivalités entre régions en liaison avec Bruxelles afin d’obtenir les conditions les plus avantageuses à leurs ambitions. Les peuples et leurs langues régionales seront méchamment tondus.
Cette situation de décomposition des États européens est similaire aux États-Unis. Elle avait déjà été annoncée par des visionnaires comme Leopold Kohr dans les années 1950 1. Récemment, un rapport de Reuters a présenté un document révélant les velléités d’indépendance des États fédérés composant les États-Unis. On peut relever des similitudes entre ce document présentant les scissions territoriales et le livre de Kohr. Ainsi, près d’un Américain sur quatre tournerait le dos à l’État fédéral. La montée en puissance d’une « Communauté nord-américaine » succédant à l’ALENA – lancée dans les années 2000 et comprenant les États-Unis, le Canada et le Mexique – vide de leurs substances ces États. La déliquescence de l’autorité étatique, incapable d’établir la sécurité, la prospérité et la justice, pousse ces États fédérés des États-Unis et du Canada ainsi que toutes les régions de l’Union européenne à se gérer eux-mêmes dans un cadre supranational grandissant. Comme au temps de la féodalité en l’an mil, les peuples mus par leur instinct de survie recherchent confusément une plus grande sécurité dans un cadre régional qui, en fait, a été directement concocté par le système. Cette évolution ne peut que combler de bonheur la finance apatride et son clergé.

Pierre Hillard

Docteur en science politique et essayiste

 

  1. Voir Carte des Etats-Unis décomposés [PDF], Source : Leopold Kohr, Green Books, Dartington Space, 2001.

source: Boulevard Voltaire