24/10/2014

Valls-Hollande: Eh bien, la guerre !

Hollande à Valls: Les mois à venir demanderont du « sang-froid » - YouTube thumbnail

Je sais bien, écrit en substance Valmont à Mme de Merteuil, qu’avec vous il n’est jamais facile de savoir où l’on en est, mais je vous supplie, pour une fois, de répondre, même en deux mots, à cette simple question : Oui ou non, sommes-nous en guerre ? À quoi la Merteuil répond en effet très laconiquement, en lui retournant sa lettre (la cent-troisième des Liaisons dangereuses) au bas de laquelle elle a griffonné cette déclaration sans ambiguïté : « Eh bien la guerre ! »
La guerre ? Elle est partout aujourd’hui dans notre classe politique. À droite où UMP et UDI se sont décidément mises en désordre de bataille. Mais aussi bien à gauche où, trois jours après la rentrée sur le terrain, dans son maillot de demi de mêlée, Martine Aubry, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti rejoignent avec éclat les « frondeurs » et où le premier nommé ne craint pas de déclarer que la politique du gouvernement constitue « une menace pour la République » et mène à « un désastre démocratique ». Rien que ça. Le pauvre, comme il a dû souffrir pendant les deux ans où il y a été associé en tant que ministre ! Sur quoi tout le parti entre en effervescence et étale au grand jour ses querelles et ses fractures.
Pourquoi tant d’agitation ? À cause de l’état de la France ? De la progression des extrêmes ? Sans doute, mais aussi, plus trivialement parce que, sans que personne puisse dire encore quand et comment la chose se produira, l’idée que ça ne peut pas durer et que l’on va fatalement vers des élections, présidentielle ou au moins législative, anticipées revient en force et obnubile désormais tous les candidats potentiels ou déclarés à la magistrature suprême.
Fidèle en l’occurrence au principe du parler-vrai, dont il s’est fait une règle avec exceptions, comme toute règle qui se respecte, c’est Michel Rocard qui met les pieds dans le plat en déclarant sur Canal+ : « Je ne pense ni que François Hollande souhaite se représenter ni qu’il le puisse et, moi-même, je le lui déconseillerais. » Et c’est Le Monde d’hier qui titre en manchette : « Au PS, la bataille de l’après-Hollande a commencé. »
Une page, en tout cas, se tourne. Comment expliquer autrement les avertissements et les amabilités dont le président de la République a ponctué, mercredi, la sympathique cérémonie au cours de laquelle il remettait les insignes de grand-croix de l’ordre du Mérite à son Premier ministre, conformément à la tradition, datant de 1993, qui veut que ce soit un mérite d’avoir passé six mois à la tête du gouvernement.
François Hollande a tenu – ce qui n’est pas dans ses habitudes – à mettre les choses au point dans le petit discours qu’il a décoché à bout portant à Manuel Valls. D’abord en signifiant à celui-ci que ce que le chef de l’État attend du locataire de l’hôtel Matignon, c’est qu’il exécute les consignes qui lui sont données de l’Élysée, et que l’action menée depuis six mois par Manuel Valls ne fait que s’inscrire dans la continuité de celle de son prédécesseur. Ensuite en taquinant le Premier ministre sur son attachement bien connu à la figure de Clemenceau, qui n’a pas réussi à se faire élire Président. « Mais on peut réussir aussi son existence, n’est-ce pas, sans être président de la République. » À bon entendeur…
Il n’est pas douteux que le Président avait eu connaissance de la longue interview, délibérément insolente et provocatrice, accordée par Manuel Valls à l’ancien Nouvel Observateur qui a cessé d’être nouveau cinquante ans après sa fondation.
Et que dit, entre autres, dans cette interview celui dont on ne sait plus trop, justement, s’il faut encore le qualifier de Premier ministre de François Hollande ? Que ce fut une erreur de ne pas tendre la main, il y a deux ans, à François Bayrou. Erreur en effet, et irrattrapable, dont l’auteur n’est autre que le candidat élu grâce au désistement du centriste. Que la gauche doit cesser d’être « passéiste » pour devenir « pragmatique, réformatrice et républicaine ». Que l’idéologie, qui nous a fait tant de mal, doit en être bannie. Le mot de « socialisme » est désormais absent du vocabulaire de Valls et le nouveau parti qu’il appelle de ses vœux, qu’il prenne la forme d’une fédération, d’une maison commune ou d’un rassemblement, n’en portera pas le nom. Énumérant enfin les références et les inspirations qui sont les siennes, Manuel Valls cite en premier Clemenceau, qui fut toute sa vie un adversaire déterminé du socialisme, Mendès, « forcément », Jaurès et Blum, quand même, mais aussi Felipe Gonzáles, Olof Palme, Willy Brandt. Et, parmi les contemporains, Michel Rocard et Lionel Jospin. Cherchez l’absent.
Les choses sont claires. Le ver est dans le fruit, Manuel Valls reprend sa liberté – au moins idéologique – et entame sa propre campagne, à partir des mêmes positions qui lui valurent 5 % des voix à la primaire socialiste. Le Premier ministre n’entend pas être englouti dans le naufrage où s’abîme le Président. Les deux têtes de l’exécutif ne regardent plus dans la même direction. Chacun pour soi, en somme.
« Eh bien la guerre ! », disait la Merteuil.

Dominique Jamet

Journaliste

source: Boulevard Voltaire

 

09:04 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : manuel valls, françois hollande, ps, france |  Facebook |

22/10/2014

Soral et Dieudonné créent leur propre parti

 

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Marine Le Pen et Aymeric Chauprade

Alain Soral et Dieudonné M'bala M'bala créent leur propre parti politique. Il fallait s'y attendre. Dès le 6 septembre, dans une vidéo, Alain Soral s'en prenait à Aymeric Chauprade, conseiller international de Marine Le Pen auquel il reprochai d'avoir fait allégeance à Israël, et déclarait :
« Il s’est permis au mois d’août, dans le dos de tout le monde et visiblement aussi du Front national de produire un texte de soumission au sionisme ». Avant de conclure : « Je le dis bien clairement, Chauprade est responsable du fait que E&R aujourd’hui se dissocie totalement du Front national, et va rouler pour lui même, en tant que parti politique. Et vous verrez que ça ne va pas vous aider. »
Le nouveau parti s'appellera Réconciliation Nationale et, déjà, toutes les formalités ont été accomplies, comme la création d'une association de financement du parti ayant pour objet exclusif de recueillir des fonds et pour bénéficier des aides publiques en cas d’élection. Les dirigeants préparent leur demande d’agrément auprès de la commission des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).
Marine le Pen a eu beau jeu de prendre ses distances avec son conseiller Chauprade, son père, Jean-Maire, a tenté une conciliation avec Alain Soral, rien n'a ébranlé la détermination du tandem Dieudonné-Soral, les voici engagé dans l'aventure électoraliste avec, souhaitons-le, un peu plus de succès que naguère, du temps du Parti antisioniste.
Que penser de tout cela ? Aujourd'hui, et à première vue, pas grand-chose. Une dispersion des voix antisystèmes ne ferait-elle pas le jeu des camarillas en place ? L'éparpillement sera de facto un mauvais coup porté au Front National qui est, qu'on le veuille ou non, le seul parti à même de faire basculer le régime. Dès lors, la bonne stratégie serait que l'on se regroupe, tous ensemble, sans états d'âme, sans prurit de l'ego, dans ce seul et unique but. Après la victoire, les cartes seront redistribuées, l'Histoire est là qui nous montre que ce fut toujours le cas. Quand on sait que des élections se gagnent à quelques centaines de voix près, ce n'est pas le moment de faire des cadeaux à nos ennemis.

FvD

20/10/2014

Procès Soral-Haziza : les images d’ERTV

 

 

 


Procès Soral-Haziza : les images d’ERTV par ERTV