09/05/2012

A quoi sert encore le suffrage universel ?

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C'est de Montesquieu !


Le suffrage universel sert au moins à ça : flanquer un bordel pas possible dans les relations entre nationaux et entre nations.

Voyez la Grèce , depuis toujours clivée en droite (famille Caramanlis) et gauche (famille Papandreou) ; des générations que cela dure ! Avec le résultat que l'on sait depuis dimanche soir : les compères ne font plus la majorité et ce sont les extrêmes, comme écrivent les journalistes, qui tiennent le haut du pavé ; bref, le pays est devenu ingouvernable. Et l'Union Européenne passera sa dette en pertes et profits ! 

Et la France dans tout cela ? Clivée, elle aussi, entre gauche et droite et de plus en plus. L'outrance semble même être le ton. Des hommes politiques qui, comme cette stupide maire d'Aix-en-Provence, contestent la légitimité du président élu, parlent de « résistance » (Christine Boutin qui, elle, n'en a pas fait beaucoup de « résistance » face à Sarkozy) et ne reconnaissent plus « leur pays » dans le résultat des élections. Deux France, qui se déchrient, divisent et se parelnt de moins en moins.

Tout cela nous conforte dans notre croyance que le suffrage universel c'est très bien pour des élections municipales, régionales peut-être, mais que pour les grandes options, celles qui engagent un pays, c'est à une autre catégorie qu'il faut s'adresser, une qui ne doit pas se retrouver sous la menace d'une sanction électorale névrotique comme peut l'être celle du suffrage universel.

La dimension géographique de l'homme est la région où il habite, et qu'il participe par son vote aux options politiques de sa région est normal. Une démocratie participative peut même s'envisager dans le cadre municipal ou cantonal, comme c'est le cas en Suisse. Mais, dès lors qu'il y va d'une politique nationale et internationale ou la ligne de conduite d'un Empire comme nous l'espérons, ce sera à un exécutif issu, non pas des urnes, mais des cercles d'excellences qu'il appartiendra de gouverner. Nous reviendrons sur ces "cercles d'excellences", ce n'est pas le sujet de ce papier.

C'est d'ailleurs, mais sous une forme hypocrite et larvée, que les choses se déroulent aujourd'hui.

Le peuple vote, et puis l'exécutif se forme au gré des choix des responsables de partis. C'est la règle générale, et elle n'est pas près de changer, de l'Europe des technocrates.

La démocratie consiste à donner la parole au peuple une fois tous les cinq ans et puis baste !

Dans ces conditions, pourquoi élire un président de la République au suffrage universel ? C'est une procédure qui crispe les relations politiques entre citoyens d'une manière tout-à-fait inutile. Le vote de parlementaires nationaux procède de la même erreur.

Le peuple ne peut choisir bien que ce qu'il connaît , c'est le cas de sa ville et de sa région. Tout le reste n'est que démagogie. Le "peuple souverain" c'est de la rhétorique creuse, vide et qui ne prend plus...

Sauf  pour les gogos.

 

08:44 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, élections présidentielles, suffrage universel, politique |  Facebook |

08/05/2012

Pourquoi Sarkozy a perdu

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Sarkozy à la Mutualité dimancher dernier.

 

Sarkozy aurait-il pu gagner ? La réponse, nous ne la connaîtrons peut-être jamais, mais une chose est quasi certaine : il ne pouvait mener une autre campagne.
Il y a l'homme tout d'abord : autoritaire, narcissique, dominant et clivant. Se présenter subitement en homme de consensus, en arrondisseur d'angles eut été maladroit et hors casting, il a donc enfilé le costume qui lui va le mieux : le sien.
Avec le risque de ne convaincre aucun de ceux qui, depuis des années, ne le supportent pas personnellement même si des aspects de sa politique sont les leurs.
Dans un premier temps il a louvoyé dans tous les coins du ring en provoquant son adversaire, un jour comme ci, l'autre comme ça. En évitant de mettre en avant son bilan; la viande hallal, l'immigration, et son expérience à nulle autre pareille nourrissant les thèmes de sa campagne.
Hollande, lui, avait son programme, ses chiffres, son style et n'a pas varié d'un iota.
Au soir du premier tour, il a fallu se rendre à l'évidence, la défaite était en vue !
Alors il ne restait plus que l'option à droite toute, mais là, l'homme devait rudement convaincre des électeurs du Front National auxquels il avait promis monts et merveilles il y a cinq ans sans avoir tenu ses promesses. Il a pourtant tout fait, allant jusqu'à la provocation, divisant comme jamais un homme de pouvoir ne l'avait fait ; se qualifiant – un comble ! - de « président des pauvres », s'en prenant avec violences aux syndicats, aux immigrés, à l'islam, à ceux qu'il qualifie « d'assistés sociaux », osant se présenter en victime des médias » lui qui les courtisait scandaleusement quand il était ministre et jeune présidents.
Ah, ce n'était pas très difficile pour lui, c'est dans le genre du personnage, il n'a pas dû faire trop d'effort.

Résultat : cinquante et un pour cent des frontistes lui ont réservé leur voix au deuxième tour, pas assez !

Et pour prix de cette campagne qualifiée « d''infâme » par d'aucuns, des centristes votaient blanc quand ils ne réservaient pas leur suffrage au candidat socialiste, et des électeurs de son propre parti ont préféré partir en vacances dimanche dernier.
Que retiendra l'Histoire de ce président ? Elle le dira elle-même, mais gageons qu'elle devra faire des efforts pour y trouver quoi que ce soit d'original, de pensé, d'altruiste et de grand. Elle verra dans son mandat une tentative boulangiste qui a écœuré les Français, ça c'est fort possible.

On sait comment le général Boulanger a fini.

 

 

 

 

 

 

09:26 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, élections présidentielles, sarkozy, ump, ps, hollande |  Facebook |

05/05/2012

Sarkozy: ce qui a plombé sa campagne

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D'après "Le cri" d'Edvard Munch



Très bon papier du correspondant de "La Libre Belgique" à Paris.


Ce qui a plombé la campagne de Sarkozy

Bernard Delattre, Notre correspondant à Paris

A J-1 du second tour de l'élection présidentielle, retour sur la campagne de Nicolas Sarkozy. Un président sortant qui aura du mal à revenir sur son rival socialiste.

Un réflexe européen de rejet

Comme l’a rappelé le politologue Dominique Reynié, à l’exception notable d’Angela Merkel, en Allemagne (reconduite en 2009), “tous les candidats sortants, dans toutes les démocraties européennes, ont été remerciés ou affaiblis par l’électeur, dans les élections qui se sont tenues depuis les grandes crises financière et économique”. Cette sanction a frappé des dirigeants tant de droite (l’Italien Berlusconi) que de gauche (l’Espagnol Zapatero).

Un bilan globalement condamné

Selon un sondage Ifop, 67 % des Français sont mécontents du bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Une étude Sofres sur l’adhésion de l’opinion aux réformes qu’il a menées depuis 2007 a montré que trois d’entre elles, majeures, sont rejetées : l’identité nationale (50 % de l’électorat mécontent), la réforme des retraites (55 %) et la politique fiscale (58 %).

Un problème de style, jamais réglé

Dernièrement, ce gros problème de style a été résumé de la sorte par le journaliste Hervé Gattegno, éditorialiste dans des médias pourtant réputés de droite (l’hebdo Le Point, la radio RMC). “Nicolas Sarkozy était censé dépoussiérer la présidence, il l’a dévaluée. Ce qui a marqué son mandat, ce sont ses écarts de langage et de conduite, un certain relâchement des mœurs présidentielles, une fascination décomplexée de l’argent, jusqu’à la provocation. Et puis, la surexposition des émotions, des sentiments, des bonheurs et des déboires conjugaux. Il est devenu un Président de téléréalité, un mélange bizarre d’homme ordinaire et de vedette médiatique, dont la vie quotidienne serait un spectacle permanent. Il ne faut pas s’étonner si, à la fin, le public l’élimine comme un vulgaire candidat de la Star Ac.”

Une saturation : de lui et du clivage

Nicolas Sarkozy paie le prix d’avoir été pendant cinq ans, et tous les jours, sur le devant de la scène. Les Français ont une certaine saturation médiatique à son égard. Ils ont besoin et envie de calme, d’apaisement, d’impavidité” à la tête de l’Etat. Le politologue Roland Cayrol ne dit pas autre chose : “Nicolas Sarkozy a recherché sans cesse le clivage. Jusque dans sa campagne, qu’il a basée sur la dénonciation des corps intermédiaires. L’électeur attendait un minimum d’esprit et de souci de rassemblement, venant d’un Président sortant.”

Une impopularité record

Dès janvier 2008, neuf mois après son élection, Nicolas Sarkozy est entré dans la zone rouge de l’impopularité, d’où il n’a jamais pu ressortir” , dixit le sondeur Jean-Luc Parodi (Ifop). Du coup, il a entamé sa campagne avec une popularité à un niveau plancher : 36 % de satisfaits seulement, soit encore moins que les 40 % de popularité de Giscard en 1981, qui constituaient le record d’impopularité pour un Président sortant briguant un second mandat.

 

Nicolas Sarkozy n’a donc jamais eu le statut de favori. Mais celui, moins confortable, de challenger.

Sa réputation d’efficacité écornée

La perception de son bilan a influé négativement sur son image d’efficacité. Plusieurs sondages l’ont montré, ces derniers mois. Interrogés sur le présidentiable le plus à même d’apporter des réponses à leurs problèmes, les Français plaçaient le Président sortant derrière les Hollande, Bayrou et autres Mélenchon.

http://www.lalibre.be/actu/international/article/735988/c...

09:49 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, sarkozy, élections présidentielles, hollande, ump, ps |  Facebook |