03/03/2012

La stratégie expansionniste de l'Empire

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L'Empire c'est l’expansionnisme prémédité, dirigé, et exécuté pour que l'ensemble des forces financières, commerciales et industrielles du continent nord-américain et européen puissent se déployer librement dans le monde et imposer leur manière de voir, faire et dire. Si elles poursuivent ce but, c'est, vous n'en doutez pas, pour leur plus grand profit.

Pour cela, elles invoquent des théories dites « libérales » qui prônent la liberté de faire et de dire, liberté qui ne serait que favorable à l'épanouissement des être humains pour autant que tous ensemble ils concourent à cette tâche.

C'est ainsi que, d'après leurs théories, mettre les hommes en concurrence est une excellente chose, facteur d'émulation et de progrès dont les retombées ne peuvent qu'être favorables à ceux qui en profitent.

Nous n'allons pas aujourd'hui réfuter ces thèses qui, de toutes façons, ne sont dans leur bouche

que pour légitimer leurs immenses profits. Balayons cependant leur prétention à l'humanisme ; les licenciés économiques qui voient leur usine se délocaliser ailleurs, ceux qui à 45 ans ont perdu leur emploi, les jeunes qui en cherchent, savent ce que le mot « humanisme » signifie dans leur bouche.

Le but de ces dirigeants est de contrôler toute l'activité économique de la planète, et en tout premier lieu, celle qui a pour l'objet la recherche et l'exploitation de l'énergie.
Depuis la chute du mur ils estiment que c'est parfaitement possible. Le hic, c'est qu'il y a de plus en plus de résistance.

Ces résistants, nous les trouvons en Russie et en Iran, deux importants producteurs de pétrole et de gaz. Ne négligeons pas l'Afghanistan, rétif de tous temps à une présence étrangère. En Amérique du Sud, que les États-uniens considéraient comme leur chasse gardée, des voix s'élèvent pus forte que jamais pour contester ce colonialisme. Le Vénézuela, mais aussi le Brésil et la Bolivie affichent ouvertement leur indépendance d'esprit et de jugement.

Au moyen-orient, où, grâce à la complicité de la tribu des Saoud, la péninsule arabique est sous leur contrôle, la Palestine est le grain de sable qui combat cette fiction qu'est Israël, colonie de l'Empire dans la région.

L’Europe, on peut l'écrire est, dans sa grande majorité sous sa botte. Restent quelques bastions comme l'Ukraine, la Biélorussie.

La stratégie est limpide : encercler la Russie en exacerbant les particularisme locaux (Tchétchènes en particulier et caucasiens en général), semer la zizanie dans l'économie russe, corrompre à tout bout de champs les élites pour affaiblir le pouvoir. Puis s'occuper de l'Iran, militairement s'il le faut, pour lui voler son pétrole. Sur la route de l'Iran, il y a son allié, la Syrie où l'on déstabilise Damas en attendant Téhéran.

La stratégie est simple : pointer du doigts les régimes « autoritaires », ceux qui ne sont pas dupes de la « démocratie » que l'Empire met en exergue. Renverser ces pouvoirs par tous les moyens est donc indispensable. Il y eut la Libye à propos de la quelle on a raconté tout et n'importe quoi, il y aura l'Iran et la Syrie dont on s'occupe déjà.

Ces alliés, l'Empire se les choisit de la manière la plus pragmatique qui soit. L'islamisme wahhabiste des Saoudiens qui s'oppose aux chiite et hétérodoxes de l'Iran et la Syrie est le bienvenu, et tant qu'à faire Al-Qaïda, aussi comme l'a confirmé récemment madame Clinton. On a vu le résultat : Libye retournée à la charia, la Tunisie à l'islamisme, attendez-vous au massacre des chrétiens, druzes, alouites et chiites en Syrie une fois le régime pacificateur de Bachar Al-Assad renversé !

L'islamisme fanatique, c'est bon pour les musulmans libyens et tunisiens doivent-ils se dire, et tant mis pour les chrétiens de Syrie !

Mais qu'importe pour l'Empire qu'un renversement de régime soit suivi de plusieurs mois de troubles, voire de Terreur, il pense que viendra un moment où, lassés de ces guerres, des dirigeants viendront lui proposer d'asseoir leur pouvoir contre leur allégeance.

Peu lui chaut qu'au Vénézuela, une éviction de Chavez se traduise par une guerre civile, un peuple lassé, affaiblit et désabusé est une proie idéale pour tomber dans ses filets.

En Europe occidentale le fossé qui se creuse entre musulmans et citoyens de souche ne cesse de se creuser, il y a des risques sérieux de guerre civile dans les dix années à venir, déjà un peu partout en Grande-Bretagne, France et Allemagne, des armes de guerre sont cachées dans des banlieues considérées comme zone de non-droit par les autorités. L''Empire sait qu'à terme la confrontation sanglante qui peut en résulter ne peut que lui profiter. Et c'est pour lui tout profit qu'une guerre civile européenne ; un continent affaibli n'est pas un concurrent dangereux.

Sur le plan idéologique, sa propagande nous martèle que le mondialisme est l'avenir, que les peuples sont nomades par essence, la patrie c'est un hôtel comme l'affirmait monsieur Jacques Attali récemment. L’empire mobilise des  intellectuels» auto-proclamés pour étayer ce discours, il a pour allié indéfectible les juifs sionistes qui cultivent la schizophrénie qui consiste à être nationaliste et racialiste en Israël tout en défendant le métissage et la mondialisation ailleurs !

Tout ce qui peut faire barrage à son expansion doit être éliminé : nation, patriotisme, protection des frontières, préférence nationale. L'arsenal pour contrer ces aspirations est redoutable : Union Européenne, Organisation mondiale du Commerce, Cour Pénale Internationale, Cour Européenne de Justice, traité de Lisbonne... liste non limitative, bien entendu !

La presse en Europe et aux États-Unis appartient à de grands groupes industriels ou financiers, même la presse de gauche. Les chaînes de télévision aussi

Le système qu'ils disent démocratique est, de facto, une oligarchie où les places se distribuent en fonction des affinités entre les possédants et les titulaires. Viennent-ils à déplaire qu'il se voient révoqués. Au prix où se situe un élection, vous imaginez le poids de la sanction !

Reste Internet qui permet à des gens comme nous de s'exprimer plus ou moins librement. Pour combien de temps encore ?

Notre plus grande espérance est aussi la plus cruelle. Voir, à terme, des peuples d'Europe appauvris, pressurisés, à bout de ressources se révolter et chasser l'occupant. On a vu le phénomène en Islande et en Argentine. Plaise au Ciel qu'il se produise en Grèce et partout ailleurs.

En attendant, que Poutine soit réélu Russie, que Bachar Al-Assad se maintienne en Syrie, que vive la république islamique d'Iran, que l'envahisseur soit bouté hors d'Afghanistan, qu'un peu partout en Europe et ailleurs des groupes se forment qui inlassablement dénoncent la colonisation.

C'est une grande marche.

Les Chinois vous diront qu'une grande marche, cela leur dit quelque chose...

 

 

 

 

20/01/2012

Afghanistan: une défaite avouée

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La nouvelle est tombée, glaçante, ce matin : 4 militaires français assassinés en Afghanistan par un soldat (ou un Taliban infiltré) qu'ils formaient. D'autres sont blessés, dont un grièvement.
La réaction de l’Élysée fut immédiate. Cessation provisoire de la coopération avec l'armée afghane, repli dans les casernes, éventualité d'un retrait plus rapide que prévu.

Le mois dernier encore, quand deux soldats furent tués dans les mêmes circonstances, le Président avait déclaré que la politique de la France ne serait pas dictée par des assassins, que la ligne de la France resterait inchangée etc...

Que penser de ces armées alliées en Afghanistan qui en sont réduites à se cantonner dans leurs bunkers, sans sortir ou si rarement et qui, aujourd'hui, voient leurs ennemis les attaquer au sein même de leur refuge ?

Nous avons toujours pensé, toujours écrit que la présence des occidentaux en Afghanistan était une défaite annoncée. Ce pays, fait de montagnes, de plateaux culminant à trois mille mètres, de tribus jalouses de leur indépendance, n'a été vaincu par personne, ni par les Anglais, encore moins par les Russes.

Il est lamentable qu'à moins de cent jours de la présidentielle, le président sortant réalise enfin, électoralement ou pas, que la défaite n'est plus annoncée, elle est là dans toute sa réalité cruelle et meurtrière.

On retira nos forces, sous prétexte de laisser les opérations à l'armée afghane, et on s'en ira vite fait, bien fait.

En 1991, il était question d'éradiquer Al Qaida, ses structures, ses terroristes, ses caches.

Beaucoup de bruit pour rien.

Sauf pour les morts !

18:00 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans Actualité, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afghanistan, armée française, talibans, sarkozy, otan, al qaida |  Facebook |

20/06/2011

Pourquoi Ben Laden devait-il mourir ?

 




Pourquoi Ben Laden devait-il mourir ?

Entretien avec Israël Shamir


Pourquoi Ben Laden devait-il mourir ?
Depuis 2005, les Américains savaient où Ousama Ben Laden se cachait à Abbottabad. C’est ce que nous a révélé récemment Israel Shamir, un journaliste russo-israélien qui vit en Suède et qui coopère dans le dossier « WikiLeaks ». Ses dires ont été confirmés par l’agence de presse « dapd » : la CIA surveillait la cachette de Ben Laden « depuis environ six ans », « avant qu’Obama ne donne l’ordre d’intervenir ». Maître Gerhard Frey s’est entretenu avec Israel Shamir pour qu’il nous éclaire sur ses thèses.

Q. : Monsieur Shamir, comment cela se fait-il que les autorités américaines savaient depuis 2005 où se trouvait Ben Laden ?


IS : Les Américains ont arrêté Abu al-Libi en 2005 et ont ainsi appris —et cela ressort des documents de Guantanamo— que Ben Laden s’était installé à Abbottabad, lorsqu’il est devenu le messager de ce dernier. Abbottabad est une ville relativement petite, elle ne compte que 80.000 habitants. Il est évident que les services secrets américains ont vérifié qui étaient les voisins d’Al-Libi. Ensuite, les Américains ont attrapé Abdul Hadi al-Iraqi qui se trouvait, lui aussi, en liaison avec Abbottabad. Des forces américains et pakistanaises ont mené des attaques dans la région d’Abbottabad. Mais Ousama Ben Laden, au milieu de toute cette effervescence, a continué à vivre en paix parce que les Américains savaient qu’il se trouvait là-bas.

Q. : Selon vous, Monsieur Shamir, quels étaient les motifs pour le laisser en vie dans un premier temps ?

IS : Ils l’ont laissé en vie parce qu’il a été jadis leur agent, et sans doute plus longtemps qu’on ne le croit. Il faut dire que Ben Laden ne s’est que rarement attaqué aux intérêts américains, sauf sans doute à une exception près —et une exception de taille !— les fameux attentats du 11 septembre. L’organisation d’Ousama Ben Laden a fait, ce que les autorités américaines voulaient qu’elle fasse. Elle a combattu les Russes en Afghanistan et elle a ruiné ce pauvre pays. Elle a conspiré contre le Hizbollah et l’a combattu. Elle a massacré des Chiites en Irak. Elle a contribué à miner le pouvoir de Kadhafi. Elle hait le Hamas et l’Iran. Elle a soutenu les épurations ethniques menées en Tchétchénie et dans les Balkans contre les « Infidèles ». Jamais elle ne s’est attaqué à Israël. Elle réservait toutes ses énergies à combattre Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hizbollah libanais. Comme un golem effrayant, fabriqué dans les laboratoires de la CIA, elle ne s’est insurgée qu’une seule fois contre ses « fabricateurs » impitoyables : le 11 septembre 2001. Ben Laden a certes été un pion important sur les terrains de guerre récents mais il ressemble, à ce titre, à bon nombre d’ « amis » des Américains comme Jonas Savimbi en Angola ou Chamil Bassaïev en Tchétchénie : son organisation disparaîtra après sa mort comme l’Unità angolaise et les bandes à Bassaïev ont quitté le terrain.

Q. : Mais pourquoi a-t-on tué Ben Laden maintenant et non pas plus tôt ?

IS : Ils l’ont tué tout simplement parce la publication des documents de Guantanamo dévoilait clairement la piste menant à Abbottabad. Deux solutions étaient possibles : ou bien on l’enlevait d’Abbottabad et on l’escamotait ailleurs ou bien on le tuait car aucune cachette, pour un témoin gênant, n’est aussi sûre que les profondeurs infernales. C’est la deuxième option que l’on a choisi pour faire disparaître véritablement toutes les traces. Ce que nous ne savons pas, en revanche, c’est la nature et la teneur des contacts entre les autorités américaines et Ben Laden. Ce dernier a-t-il ou non été téléguidé dans ses actions par la CIA ? Voilà la question principale qu’il faut se poser. De toutes les façons, on n’a pas exhibé devant les caméras ses gencives violacées comme on l’a fait pour Saddam Hussein après sa capture ; on ne l’a pas revêtu de la tunique orange humiliante des détenus de Guantanamo ; on ne l’a pas torturé par le procédé du « waterboarding » jusqu’à ce qu’il tombe dans l’inconscience et il n’a pas été humilié.

Q. : La campagne pour les présidentielles, qui commence déjà aux Etats-Unis, a-t-elle déterminé le moment de cette exécution ?

IS : Dans ce cas, on aurait attendu le mois d’octobre.

Q. : Pensez-vous que l’exécution de Ben Laden est juste ?

IS : Je pense qu’on lui a accordé une sorte de grâce. Finalement, il vaut mieux être tué d’une rafale de pistolet-mitrailleur que d’être trainé à Guantanamo pour y être torturé.

Q. : Il est une chose curieuse : sur l’affiche du FBI, qui met la tête de Ben Laden à prix, ne figure aucune mention du 11 septembre. Comment expliquez-vous cela ?

IS : Manifestement il n’existe aucune preuve de sa participation.

Q. : Récemment, vous avez rédigé un article où vous dites que la « gauche » et la « droite » ne signifient quasiment plus rien aujourd’hui. Pouvez-vous nous préciser votre point de vue ?

IS : Ces concepts n’ont plus grand chose à nous dire, après Blair et Clinton. Ce qui compte désormais, c’est l’attitude que l’on adopte face aux guerres et aux interventions militaires que les Américains (et leurs alliés) lancent au-delà des mers, c’est la capacité à repérer les machinations des services secrets, à dénoncer la soumission des citoyens à l’Etat tout puissant. En France, Marine Le Pen, classée à droite, s’oppose à l’intervention en Libye et en Côte d’Ivoire, aux paiements que les Etats effectuent au bénéfice des banquiers et à la politique aventurière de l’actuel président français, tandis que Bernard-Henri Lévy, étiqueté de « gauche », soutient toutes les initiatives guerrières et les interventions à l’étranger et s’affiche comme un ami du président étiqueté de droite. Aux Etats-Unis, un Ron Paul, considéré comme un « républicain de droite », est contre la guerre, s’oppose à la politique des banques et au soutien inconditionnel à Israël, exactement comme les communistes américains !


notes

Israel Shamir, né en 1947 à Novosibirsk, a émigré en Israël en 1969. Il a été journaliste pour la BBC et pour Haaretz. Pour les médias russes, Shamir a récemment décrypté les dépêches de WikiLeaks. Il a attiré l’attention des médias en février 2011 pour les liens qu’il entretenait avec Julian Assange.

Entretien paru dans DNZ, Munich, n°20/2011.

http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EFpZVkAlEuxJwYyHCM.shtml