06/08/2011

Quelle "extrême droite" et quelle Europe ?

Quelle « extrême droite » et quelle Europe ?
Claude Bourrinet
Quelle « extrême droite » et quelle Europe ?
Les mots sont confus, piégés, générateurs d’erreurs, que mettent à profit les manipulateurs. Tout ce qui relève de l’ « extrême droite » appartient souvent à la légende ou au fantasme. C’est une expression générique dont l’extension est si vaste et floue qu’elle ne signifie plus rien. Elle recouvre des appartenances, des choix si dissemblables qu’elle aboutit à dire tout, et son contraire. Du national révolutionnaire à l’ultra libéral néoconservateur, elle serait l’étiquette commode permettant l’incapacité de ne pas penser des différences essentielles marquant de vraies fractures.

L’exemple récent du tueur d’Oslo, Anders Behring Breivik, suffit à illustrer cette aporie journalistique qu’est la définition impossible de l’extrême droite. Ce terroriste passe pour l’un des produits du mouvement populiste européen, qui a pu, ces dernières années, progresser électoralement dans plusieurs pays. Les références culturelles de Breivik sont toutefois difficilement assimilables à la tradition noire de l’extrémisme de droite. Il se dit admirateur de Churchill et du résistant anti-nazi Max Manu, il est chrétien, homosexuel et pro-Israël. Voilà qui cadre mal avec le profil du militant antisémite et nostalgique du Troisième Reich. La figure qui vient toute de suite à l’esprit serait celle de Pim Fortuyn, assassiné en 2002. On a tenté aussi d’identifier le parcours du tueur en soulignant qu’il avait adhéré en 2006 aux jeunesses du Le Parti du progrès (en norvégien Fremskrittspartiet, abrégé en FrP), lequel a démenti tout lien avec lui. Ce mouvement « populiste » est devenu, depuis les législatives de 2010, le second parti de Norvège, après les Travaillistes, avec 23% des voix.

Bien qu’il soit peu correct d’établir une logique entre une adhésion ancienne de cinq ans et un comportement présent, il semble intéressant de s’arrêter sur le programme d’une organisation que des commentateurs paresseux situent à « l’extrême droite », et qui, appartiendrait plutôt à un courant thatchérien, où l’on placerait volontiers Reagan et Bush. 

Le Parti du progrès est en effet libéral. Il prône les baisses d’impôts, moins d’Etat et la dérégulation économique et sociale. Il est farouchement partisan du marché « libre », de la mondialisation marchande, et, bien qu’il se présente comme adversaire d’une immigration incontrôlée, il est partisan de l’utilisation sélective de la main d’œuvre étrangère. Il souhaite des liens forts avec l’Otan, les Etats-Unis, Israël. Il veut limiter l’aide aux pays sous développés. Ces caractéristiques appartiennent encore, remarquons-le, aux propos de Anders Behring Breivik.

Son programme s’apparente par ailleurs à d’autres organisations « populistes » considérées comme « d’extrême droite », comme le Parti du peuple danois », l'UDC de Christoph Blöcher en Suisse, le parti de la Liberté de Geert Wilders aux Pays Bas, ou la Ligue du Nord en Italie. En revanche, il faudrait le distinguer du « Parti des Vrais Finlandais » et du Front National français, dont les revendications sociales et la défiance par rapport à la mondialisation marchande, ainsi qu’une volonté de prendre des distances par rapport à l’Otan et l’emprise américaine, marquent des différences considérables. 

Les autres cas européens que sont le mouvement Jobbik en Hongrie, le FPÖ et le BZÖ en Autriche sont très liés à des causes spécifiques qu’il est difficiles de faire entrer dans un moule.

Néanmoins, le point commun entre ces organisation est la revendication nationaliste (ou patriotique), le rétablissement des contrôles aux frontières, et un rejet de l’immigration, voire du danger islamiste (avéré ou non) et une extrême défiance vis-à-vis de l’Union européenne.

L’existence de ces mouvements identitaires et populistes sont l’expression du crise, dont on a maintes fois identifié les causes : crise économique, sociale, mais aussi et surtout, crise de confiance par rapport aux « élites » européennes et nationales, hostilité face au monde qu’ils ont proposé aux peuples européens, un univers « nomade », multiculturel, déraciné, ouvert au monde dans le même temps où toutes les garanties de protection tombent les unes après les autres. Le projet d’une société harmonieuse, progressiste, unissant tous ses membres dans un élan optimiste vers un bien-être économique et social, a été violemment mis à l’épreuve par le réquisit mondialiste considéré comme nécessité. Les discours hautains, cyniques et machiavéliques des technocrates et des professionnels de la politique ont aggravé le malaise. On a l’impression d’être en présence de deux peuples : l’un, très minoritaire, profitant du Nouvel Ordre du Monde, et l’autre, majoritaire, étant abandonné à son sort, comme des indigènes laissés à leur médiocrité d’existence. D’une certaine manière, et cet état des choses perdurant depuis maintenant une ou deux décennies, il est étrange que la violence ne se soit pas manifestée plus tôt. Il a fallu que la classe moyenne soit touchée particulièrement par la crise de 2008, et que les discours lénifiants s’érodent d’autant plus. Maintenant, il semblerait que nous soyons à un carrefour.

Quelle orientation prendre ?

Carl Schmitt disait que la politique, c’est d’abord identifier ses ennemis. Il est clair que l’ennemi, pour les peuples européens, c’est celui qui cherche, par tous les moyens, à lui faire perdre toute maîtrise de son destin. A ce titre, tous ceux qui sont favorables au libéralisme, à la mondialisation, à la dérégulation, à la marchandisation sans limites (et l’immigration de masse fait partie de ce processus) sont leurs ennemis. Les partis « populistes », qui utilisent, pour se faire une santé électorale, le malaise réel, la souffrance éprouvée par les gens, les ouvriers, les employés livrés à leur sort malheureux, qui stigmatisent un islam fantasmatique ou s’en prennent aux immigrés, qui sont aussi victimes que le sont les masses populaires autochtones, sont les ennemis des peuples européens.

A vrai dire, quand on est obligé de démystifier les discours démagogiques, on se heurte à l’irrationnel, au pathos, à l’hyperbole, lesquels ne sont pas appropriés pour mener une réflexion de fond. Il est évident par exemple que la présence de populations allogènes dans certains quartiers engendre de sérieux problèmes pour la société et l’ordre public, et que des difficultés économiques, sociales, éducatives en sont aussi le résultat, à vrai dire, de plus en plus intolérable. Cependant, outre que certaines réactions avilissent l’être humain, la haine ethnique, le racisme, par exemple, ou que certaines solutions simplistes ne résoudraient rien, il se peut que nous soyons à un tournant de la civilisation européenne où tout peut être possible, le pire, comme le meilleur. A condition d’identifier les causes véritables de notre malheur, à savoir l’adoption d’un mode d’existence qui nous mine. Dès lors que l’Europe, dans son ensemble, a opté pour l’american way of life, l’hédonisme de supermarché, le productivisme déréglé, le culte de l’argent et l’avachissement décadent, nous avons forgé nos chaînes, et nous nous sommes livrés au plus fort. Désormais, nous ne sommes plus que des esclaves. Le salut, n’en doutons pas, passe par une révolution d’abord spirituelle. Elle doit être européenne. Le problème des immigrés, musulmans ou non, n’en sera plus un, si nous avons assez d’imagination, de souffle, d’énergie, pour reconstruire une Europe, de Lisbonne à Vladivostok, tolérante, puissante et entreprenante, plurielle et unie autour de vraies valeurs. Ne nous laissons pas enivrés par des gestes stupides et criminels. Le pire serait que l’acte d’un imbécile fasse partie d’une légende romantique qui susciterait des actes aussi fous.

source: http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EFEEylEulVYngfCHJh....

 

31/07/2011

Oslo: à quand la suite ?

 

 

breivik.jpg

Grave, ce carnage: des dizaines de morts et de blessés du fait
d'un homme. Un seul ! Il a agi par pure haine des immigrés musulmans et de ceux qui, dans son pays, ont favorisé leur arrivée. Ce sont ces derniers
qu'il a tué de sang froid. Qu'il soit fou ou non n'enlève rien à l'horreur
de son crime.
La Norvège, c'est un grand pays encore partiellement sauvage. Peu peuplé, cinq millions d'habitants moins que le petit Danemark, moins que la Flandre. La moitié de l'Ile de France
Les Norvégiens sont des gens calmes, cultivant le consensus social et politique, des luthériens un peu sévères. Des Scandinaves à propos desquels Lénine a écrit: "chez eux la Révolution se fera au terme d'une discussion polie autour d'une table".
Pays social sinon socialiste. Pas de grandes fortunes, du moins de celles qui s'exhibent et font bling-bling.
Une politique étrangère atypique. Membre de l'Otan, mais critique. Les "Accords d'Oslo" qui furent, un court moment, une lueur d'espoir au Moyen-Orient, c'est eux aussi. Ils ne sont pas les meilleurs amis d'Israël. Faut dire que le lobby juif en Norvège, c'est trois fois rien.
Anders Behring Brevik, jusqu'à plus ample informé, c'est pas du tout ça. Pas un extrémiste de droite, plutôt néo-conservateur extrême, il aime les Etats-Unis, le libéralisme, Israël et son "combat anti-djihadiste", il abhorre
les musulmans et tout ce qui va avec, y compris ses propres compatriotes.

Est-il un cas isolé ?

La réponse est non !
Dans notre pays, la France, les exaspérés sont plus nombreux chaque jour. Et dans les strates les plus sensibles de notre société: gendarmes, policiers et CRS. Pas qu'ils détestent les msulmans parce que musulmans, ils sont tout simplement excédés de devoir intervenir dangereusement dans des zones de non-droit, où les services de protection (pompiers, ambulances etc...) n'osent plus s'aventurer. Où ils se font attaquer au moyen d'armes de plus en plus meurtrières quand elles ne sont pas de guerre.
Ils arrêtent des délinquants jeunes, très jeunes, protégés par des lois républicaine obsolètes et inefficaces.
Quand un maire trotskyste dans un village de l'Aude décrète le couvre-feu pour contrer les dealers de Béziers qui veulent écouler leur came, son arrêté est annulé. Quand un député UMP préconise pour les jeunes délinquants une rééducation militaire, on se gausse de lui et le traite de facho.
Ces hommes en ont marre et on peut les comprendre.
Affirmer que l'intégration dans notre corpus social ne s'est pas réalisée dans certaines communautés d'immigrés, ce n'est pas de la xénophobie, ni de l'islamophobie primaire,c'est du réalisme.
Parler, avec Alain Soral, d'islamo-racaille, ce n'est pas pratiquer d'amalgame, tant il est vrai que cette racaille a tout à voir avec la délinquance et rien avec l'islam.

Notre vieille société, elle, n'affirme plus ses valeurs  à ces jeunes gens. Ils ne voient partout, s'imaginent-ils, qu'argent facile, combines à fric, matérialisme outrancier, culture névrotique de l'ego, sexualité débridée. Ils veulent nous suivre alors que nous ne savons nous-mêmes pas où nous allons.
Dans cette atmosphère délétère, attendez-vous à une répétition d'Oslo, une St Barthélémy de plus. Après tout, on se fait à l'horreur comme au reste.
Mais rien n'étant gratuit, il faudra assumer.
Et ce sera cher !

 

28/07/2011

Lobby juif et massacre norvégien

Le lobby juif et le massacre en Norvège

par Gilad ATZMON

 

Gilad Atzmon estun jazzman israélien, militant antisioniste. Il réside à Londres.

 

Des enquêteurs sur le lieu de l’attentat perpétré par Anders Behring Breivik à Oslo, le 26 juillet 2011

J’ai appris, dans une revue israélienne en ligne, que deux jours avant le massacre de l’île d’Utoya, Eskil Pedersen, le dirigeant de l’AUF (mouvement de jeunesse du parti travailliste norvégien), a donné une interview au Dagbladet , le second plus grand tabloïd norvégien, dans laquelle il a dévoilé ce qu’il pense d’Israël.

 


Au cours de l’interview, M. Pedersen a déclaré qu’il « considère que le moment est venu de prendre des mesures plus drastiques contre Israël, et qu’il veut que le ministre des Affaires étrangères impose un boycott économique contre le pays. M. Pedersen a poursuivi en disant que « Le processus de paix ne mène à rien, et si le monde entier s’attend à ce qu’Israël s’y conforme, ce n’est pas le cas. Nous, les jeunes travaillistes, nous réclamons un embargo unilatéral économiques d’Israël du côté norvégien. » L’AUF s’est dédié à une campagne de boycott d’Israël. Le Dagbladet rapporte que « L’AUF a longtemps été un partisan d’un boycott international d’Israël, mais la décision prise au dernier congrès exige que la Norvège impose un embargo économique unilatéral sur le pays et il doit être plus stricte qu’auparavant ». « Je reconnais qu’il s’agit d’une mesure drastique », a déclaré M. Pedersen, « mais je crois que cela donne une indication claire que nous sommes fatigués du comportement d’Israël, tout simplement ».

Eskil Pedersen

Nous avons également appris que meurtrier de masse Anders Behring Breivik était ouvertement un partisan enthousiaste d’Israël. Il écrivait régulièrement des messages sur plusieurs sites internet norvégiens, notamment le blog document.no, qui est dirigé par Hans Rustad, un ancien journaliste de gauche. Hans Rustad est juif, très pro-sioniste, et met en garde contre « l’islamisation », la violence, et d’autres problèmes sociaux qu’il suppose être liés à l’immigration musulmane. Au Royaume-Uni le blog islamophe Harry’s Place et d’autres blogs sionistes belliqueux témoignent d’une tendance de plus en plus envahissante à appeler au « ralliement pour la préservation de la culture occidentale » et à la « défense des valeurs démocratiques ». Pour des raisons évidentes, ces pages de blogs sont presque exclusivement axées sur « le problème de l’islam », et sur le dénigrement des immigrés musulmans, tandis que la propagande sioniste est martelée sans relâche. Chose intéressante, d’autres immigrants sont systématiquement représentés sur ces pages de blogs comme étant « inoffensifs », ou comme « contributeurs positifs à la société ». Vous ne verrez pas, dans un avenir proche, Hans Rustad ou Harry’s Place critiquer le lobby juif, le Lord Levy’s ou l’influence désastreuse des oligarques russes sur la « culture occidentale » ou sur « les valeurs démocratiques ».

Hans Rustad

Gordon Duff a écrit, dans « Aujourd’hui anciens combattants », que l’attentat à la voiture piégée « porte la signature d’une agence de renseignement. Personne d’autre ne se soucie de telles choses ». Et en effet il est, après tout, assez clair qu’un attentat d’une telle ampleur, et une opération aussi sophistiquée ne sont pas des actes qu’un profane peut organiser avec une telle aisance apparente : cela exige sûrement quelques connaissances spécialisées. La question est de savoir qui pourrait fournir ces connaissances, et une telle quantité d’explosifs ? Je ne suis pas en mesure, à présent, de fermement montrer du doigt Israël, ses agents ou ses sayanim [juifs de la diaspora opérant pour le Mossad], mais la synthèse des informations peut suggérer qu’Anders Behring Breivik pourrait en effet, avoir été un Goy Sabbat. Dans son contexte judaïque classique, le Goy Sabbat est là pour accomplir certaines tâches mineures que les juifs ne peuvent pas entreprendre pendant le sabbat. Mais dans la réalité sioniste, le Goy Sabbat tue pour l’Etat juif. Il peut même le faire volontairement. Admirateur d’Israël, Anders Behring Breivik semble avoir traité ses compatriotes de la même manière que l’armée israélienne traite les Palestiniens.

Gordon Duff

En Israël, Anders Behring Breivik a trouvé quelques partisans enthousiastes qui ont salué son action contre la jeunesse norvégienne. Dans un article en hébreu qui a rapporté que le camp de l’AUF était propalestinien et favorable à la campagne de boycott d’Israël, je trouve les commentaires suivants parmi d’autres soutiens au massacre :

24. « Les criminels d’Oslo ont payé ».

26. « Il est stupide et diabolique de ne pas souhaiter la mort pour ceux qui appellent au boycott d’Israël ».

41. « Les membres des Jeunesses hitlériennes tués dans le bombardement de l’Allemagne étaient également innocents. Pleurons tous sur les terribles bombardements exécutés par les Alliés ... Nous avons une bande de gens qui haïssent Israël, qui se réunissent pour une conférence appelant au boycott d’Israël, dans un pays qui haït Israël… Donc ce n’est pas correct, pas gentil, vraiment une tragédie pour les familles, et nous condamnons l’acte lui-même, mais de là à en pleurer ? Allons ! Nous, les juifs, ne sommes pas chrétiens. Dans la religion juive il n’ya aucune obligation à l’amour ou au deuil de l’ennemi ».



Les circonstances complètes de la tragédie norvégienne sont encore inconnues, mais le message doit être maintenant clair et urgent pour nous tous : les agences de renseignement occidentales doivent immédiatement intervenir contre les Israéliens et les agents sionistes dans notre milieu. Et sur les terribles événements du week-end, il faut désigner les responsables de ces campagnes haineuses, les promoteurs de cette terreur et leurs motifs exacts.

Gilad ATZMON traduit par Frank BRUNNER

Anders Behring Breivik
source: http://www.interet-general.info/spip.php?article16095