22/05/2015

Les loups sont entrés dans Palmyre

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Palmyre, temple de Baal

J'ai visité Palmyre en 1988. Hafez El Assad gouvernait d'une main de fer la Syrie, un beau pays peuplé de gens intelligents et fort aimables. Les automobilistes s'arrêtaient aux feux rouges, c'étaient bien les seuls à le faire au moyen-orient, et les rues étaient propres et sûres. Je logeais dans un des deux hôtels occidentaux de la capitale, chez l'américain Sheraton. Sur le toit, au bord de la piscine, bronzaient en string de locales naïades, je l'ai vu de mes yeux vu. Mon voisin de palier était le secrétaire d'Etat de George Bush, James Baker, qui, fort candide, avait réuni à Damas Israéliens et Arabes pour faire la paix, du moins la négocier. Autant dire que dans cet hôtel, vu le nombre de gardes du corps, j'étais protégé. A Palmyre, j'y suis allé en taxi, sur place mon guide était un ancien conscrit arabe, sous-off dans un régiment commandé par le général Giraud. Comme le temps passe !
Aujourd'hui les loups sont entrés dans la cité bimillénaire, dans vingt ans ils seront à Paris et détruiront Notre-Dame et nous n'aurons qu'à nous en prendre à nous-mêmes.
Comment cinquante mille (50,000) combattants armés de Kalachnikov, de missile basiques, de quelques tanks et véhicules blindés, mais le plus souvent de half-track munis d'une mitrailleuse, peuvent-ils tenir tête et culbuter un million d'hommes qui s'opposent à leur avancée fulgurante ? Je vais vous le dire : parce qu'ils ont la foi ! Une foi, dévié, satanique peut-être, mais une de celle qui déplace les montagnes. Une foi aveuglante qui fait la nique à la mort, rien à voir avec ces soldats techno qui ne sont que des ordinateurs sur pattes. Et puis aussi parce qu'en face, leurs adversaires sont un patchwork d'intérêts divers mais surtout divergents. Ainsi nos occidentaux, européens et étasuniens, ne veulent rien entreprendre pour sauver Palmyre de la morsure de ces enragés de crainte de soutenir Bachar El-Assad, les Irakiens ne veulent pas prendre bouche avec les Kurdes par refus de reconnaître, ne fut-ce que de facto, le Kurdistan, les Turcs snobent les Kurdes, détestent les Syriens et veulent jouer perso avec le résultat que l'on sait. Et les occidentaux ne savent plus à quel Saint se vouer, de toutes façons, il n'y croient plus, aux Saints !
Et voilà comment disparaissent, jusqu'à leurs cendres, les civilisations.
Surtout ne pas se faire des illusions. Notre supériorité technologique ne vaut pas un clou dans les sables du désert. Nos slogans qui louent les vertus de la démocratie et des droits de l'homme, personne n'y croit plus, mêmes ceux qui sont censés les appliquer chez eux. Face à une parole supposée divine, que valent nos doctrines humaines, sinon des cacahuètes ? Ces gens qui égorgent, massacrent, dévastent et mettent tout à feu et à sang sur leur passage sont des enragés et aucun vaccin n'éradiquera leur folie.
A Palmyre j'ai vu le temple dont photo supra, celui du dieu Baal, un peu plus loin il y en avait un autre dédié à la déesse Astarté, sur les ruines du mur mon guide m'a montré des tags (comme on dit maintenant) paléochrétiens. Du moins ces derniers s'étaient contentés de le maculer. On n'arrête pas le progrès.
On n'arrête pas non plus des virus foudroyants, surtout s'ils s'attaquent à un organisme malade.
Le nôtre.
Ungern
Il y a deux ans, s'immolait Dominique Venner. RIP

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21/04/2015

L'interview de Bachar El-Assad à France 2 (complet)

France 2 s'est donc expliqué. L'interview de S.E Bachar-El-Assad, elle devait la faire par souci de l'information et, elle ne l'avoue pas, pour se crédibiliser un chouïa. Après tout, de quoi demain sera-t-il fait ?
David Pujadas a donc fait le voyage et s'est acquitté d'un entretien avec le dirigeant syrien, S.E Bachar El-Assad. Remarquez le contraste entre ce dernier et le nain de jardin qui est planté à l'Elysée. J'ai connu, jadis, son père, un militaire dur et inflexible, un homme qui ne rigolait pas. A Homs quelques islamistes ont cru bon le défier, c'était au début des années 80. En quarante-huit heures il en a dégommé vingt-mille sans sourciller. Après, tout ce beau monde s'est calmé. La Syrie c'était un pays magnifique. Hommes nobles, femmes somptueuses, souks polychromes, profusion de sectes chrétiennes et musulmanes. Patchwork d'Imams, Popes, catholicos, alaouites, comme la famille El-Assad, juifs, arméniens, druzes, Yéménites, Perses et, chose rarissime dans ces pays, les voitures qui s'arrêtent au feu rouge. Odeurs de jasmin, patchouli, pistaches grillées, café turc et raki. Filles qui passent et baissent les yeux ou font semblant, crieurs de journaux, cireurs de chaussures, rossignols qui chantent … la vie !
Hafez El-Assad, le père de S.E, était le plus intelligent de tous les dirigeants arabes. Le plus respecté aussi. Oh ! Pas vraiment un « démocrate » à la sauce hollandaise, mais il ne faut pas ça pour être heureux et vivre en paix,, n'est-il pas ? Plaise au Ciel qu'il en paraisse un chez nous, occidentaux dégénérés, et vite !
Dans l'interview, retenez cette réponse du président El-Assad à la question du journaliste qui lui demandait ce qu'il pensait du qualificatif de "boucher" utilisé par monsieur Fabius, vous serez édifié. Que vaut encore la France, que vaut l'Europe dans le jeu mondial ? Tripette !
Bachar-El-Assad : de la grandeur, du calme, de la hauteur, de la dignité !
Vive la Syrie !

Ungern

L'audace vaut mieux en toute affaire (Homère)

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04/03/2012

Syrie: l'envers du mouroir

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Messieurs Sarkozy et Bachar-Al-Assad, il n'y a pas longtemps


On a fait beaucoup de bruit autour de la saga vécue par deux journalistes français rentrés illégalement en Syrie. Après tout, le journalisme est un métier à risques, ils voulaient quoi, ces deux "vedettes", que l'armée française en personne les déloge  ?
Justement, à propos de l'armée française, où en est-on de cette informtation qui fait état de dix à seize militaires français prisonniers de l'armée régulière syrienne ? D'après nos informtions, la Russie, le Qatar et l'Arabie négocieraient leur libération avec les Syriens.
Ces militaires français prisonniers serait une fausse information, ou une vraie, soigneusement cachée au bon peuple pour ne pas révéler notre implication dans ce conflit où, une fois de plus, nous n'avons rien à faire ! 


Dictature contre démocratie est le credo simpliste censé résumer la réalité géopolitique syrienne. Si le régime de Damas est incontestablement responsable d’atrocités, il est aussi titulaire d’un CV politico-idéologique qui n’est pas du goût de certaines puissances notamment régionales.

A la fois laïc, nationaliste, panarabe, pro-palestinien, allié de l’Iran, du Hezbollah, des BRICS (1) et de l’ALBA, l’Etat syrien réunit tous les ingrédients pour s’attirer simultanément les foudres de Washington, des pétromonarchies du Golfe, d’Israël et des groupes salafistes. Mais aussi pour nourrir fantasmes et clichés. En voici quelques-uns...

1. Laïcité et religion d’Etat. On dit du pouvoir syrien qu’il est aux mains d’une « clique alaouite » (2). Or, la Syrie est un Etat laïc depuis 1973. Discrets, les alaouites sont absents du champ religieux. S’il y a une religion institutionnelle en Syrie, c’est l’Islam sunnite. Écoles coraniques et mosquées sont en effet gérées par le ministère des fondations religieuses (waqfs). Certes, la transmission dynastique du pouvoir et le népotisme caractérisent le régime.

Cette situation inacceptable existe cependant dans toute la région, que l’on soit en république, en monarchie ou en théocratie : les Saoud d’Arabie saoudite, les Al Thani du Qatar, les Hariri au Liban… S’agissant des Assad, l’indignation sélective est de mise. Or, les Assad dirigent le pays avec d’autres baassistes issus d’autres communautés. Le gouvernement d’Adel Safar compte 19 ministres d’origine sunnite sur 31. Certains ministres sont chrétiens, kurdes, chiites ou druzes.

2. Le salafisme syrien, un danger réel. Depuis les Omeyyades, la Syrie est le berceau de l’Islam flamboyant et universaliste mais il est également celui du djihad contre les hérésies. Les thèses de l’inquisiteur sunnite syrien du XIVe siècle Ibn Taymiyya sont encore en vogue dans le pays. Parmi ses fervents disciples, il y a le cheikh Al-Arour, un « télécoraniste » syrien de la chaîne saoudienne Wissal TV qui menace de « hacher les alaouites et de donner leur chair aux chiens. »

A Baba Amr, quartier rebelle de Homs, « Pacifiques jusqu’à l’extermination des alaouites » était un slogan omniprésent avant l’assaut meurtrier lancé par l’armée gouvernementale. Le consultant religieux d’Al Jazeera Al Qardawi appelle à verser le sang des « infidèles » qui règnent à Damas. Quant au principal juriste saoudien Al-Luhaydan, il prône l’extermination d’un tiers de Syriens pour sauver les deux tiers. (3)

Les sunnites qui « trahissent » ces prêches sont logés à la même enseigne. Saria, fils du grand mufti de Syrie, a été tué parce que son père refusait d’adhérer à ces discours haineux. N’est-il pas étonnant que nos médias ignorent ces appels au meurtre vus et entendus par des millions de téléspectateurs arabes ?

3. Bons terroristes. En Occident, l’Armée syrienne libre (ALS) a la cote. Ce groupe mobilise pourtant des djihadistes financés entre autres par le sultan saoudien Bandar Ben Sultan, promoteur du terrorisme international et grand ami de Bush. Encadrée par des Libyens naguère actifs au sein d’Al Qaida, l’ALS reçoit l’appui logistique du renseignement français. (4)

Ses brigades portent des noms de conquérants musulmans comme Khalid Ibn Al Walid, Mu’awiya ou Abu Bakr. Le 21 décembre 2011, la Brigade Farouk, cette filiale de l’ALS à Homs qui enleva cinq ingénieurs iraniens s’était d’abord autoproclamée « Mouvement contre l’expansion chiite ». (5)

C’est l’ALS qui aurait pilonné le quartier où périrent huit Syriens ainsi que le journaliste français Gilles Jacquier. (6) Le confessionnalisme déclaré de l’ALS en dit long sur ce qu’elle réserve aux minorités en cas de prise de pouvoir. Le soutien de la DGSE à ce groupe terroriste est tout aussi éloquent.

4. Mauvaises victimes. Curieusement, les victimes civiles pro-régime n’apparaissent jamais sur les écrans radars de nos médias. Personne n’a évoqué l’assassinat de Mohamed Qabbani (17 ans), un hacker de « l’armée électronique syrienne ».

Son groupe avait pourtant piraté plusieurs sites dont la page facebook du « Soir » la veille de son assassinat, une raison évidente pour parler de lui. Personne ne s’est indigné de la mort du journaliste Chukri Abou Al-Bourghol du quotidien pro-régime At-Thawra. Qu’elles soient pro ou anti-Bachar, terroristes ou pacifistes, les « victimes civiles » sont mises d’office sur le compte du gouvernement. Dès lors, comment ne pas s’interroger sur la fiabilité du bilan de 6.000 morts avancé par l’ONU ?Puissent la dégénérescence du drame syrien et le martyre de Homs en particulier, nous inciter à redoubler de prudence face aux obus de la propagande de guerre. Avant que Damas ne suive Tripoli et Bagdad dans la liste des capitales arabes bombardées, conquises et humiliées par nos justiciers autoproclamés.

(1) Le bloc des BRICS s’est toutefois fissuré le 16 février dernier lors de l’AG de l’ONU condamnant la répression en Syrie. (2) Bernard-Henry Lévy, « La règle du jeu », 16 novembre 2011. (3) Asia Times Online, 15 juillet 2011. (4) Le Canard enchaîné , 23 novembre 2011. (5) Communiqué envoyé au bureau de l’AFP à Nicosie, 3 janvier 2012. (6) Le Figaro , 20 janvier 2012.

source: michelcollon.info