25/04/2013

Léon Degrelle: "un immense regret"

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Les corruptions, scandales, mensonges, prévarications diverses et variées ne datent pas d'hier. Elle sont inhérentes à la nature humaine. L'homme est souillé par le mal, ce n'est pas un être bon, mais faible et donc porté à la facilité qu'est le mal.
Une chose horrible s'est produite au début du XXem siècle : la guerre fratricide en Europe qui lamina une génération tout entière et se termina par un traité honteux et injuste, celui de Versailles qui disloqua le continent et imposa sur la scène européenne un élément hétérogène venu d'Amérique. Fin d'un monde, fin d'une civilisation.Ces dernières ne meurent pas comme ça, d'une banale rupture d'anévrisme, elles ont des soubresauts qui n'en finissent pas et ce fut la deuxième guerre qui consacra l'asservissement du continent à l'Américain et au Soviétique.
C'est entre ces deux débâcles que surgit le fascisme en Italie et le national-socialisme en Allemagne qui directement firent des émules un peu partout en Europe.
Après l'Allemand et l'Italien, le chef fasciste le plus admiré est le Belge Léon Degrelle, fondateur du parti « Rex » (de Christus Rex), héros du front de l'Est, colonel SS et célébrissime réfugié en Espagne, mort le 30 mars 1994, paisiblement, entouré de l'affection des siens.
La carrière politique de Degrelle débute par l'instrumentalisation du principal parti belge, le parti catholique, qu'il infiltre palier par palier. Tout en jurant fidélité à l'Eglise, aux évêques et au Roi, Degrelle n'en poursuit pas moins son dessein propre : éliminer la caste des politiciens professionnels qui se refilent les bonnes places au gré des changements de gouvernement. Ses militants se promènent dans les rues de Bruxelles un balai à la main. Entre l'Eglise et lui, il y a comme un malentendu, l'une croyant manipuler l'autre qui faisait pareil avec elle. La rupture sera consommée en 1936 quand le cardinal primat de Belgique, par lettre pastorale, désavouera Rex et conseillera à ses fidèles de l'ignorer dans les urnes.
Le programme de Degrelle est pour le moins confus. Il prêche un rassemblement du « pays réel » autour du Roi et du catholicisme pour « nettoyer » le pays de tous les corrompus, corrupteurs, profiteurs, traîtres et ainsi de suite ad libitum. Un « populisme » lyrique comme il en est né un peu partout sur le continent. Exemple de slogan : « Si vous voulez voir des scandales nouveaux empester le pays, si vous voulez être écrasés par la dictature des banksters, [...] suivez alors, comme des moutons, les politiciens profiteurs ! Vous aurez, vous-mêmes, signé votre condamnation à mort. »
C'est vite écrit, bien dit, mais le contenu est pour le moins maigre.
Rex connaît un succès foudroyant dû essentiellement au charisme de Léon Degrelle, à sa fougue, à ses talents d'orateurs et de meneur d'homme. Sur le fond du programme, les relations entre ouvriers et patrons, le système parlementaire, les inter-actions entre groupes de pression, on ne sait rien ou pas grand chose. Résultat appréciable cependant : Degrelle signe un accord avec les nationalistes flamands au terme duquel ils s'engagent l'un et l'autre à faire de la Belgique un Etat fédéral consacrant l'autonomie culturelle la plus totale en Flandre et Wallonie. La paix linguistique était signée. Elle ne le fut jamais plus après.
De toutes façons l'Histoire ne lui donnera pas le temps de s'exprimer davantage. La guerre éclate, la Belgique est occupée, Il n'y a plus de politique, plus de parlement, rien que l'Allemand. Mais ce dernier se méfie de ce trublion, beau parleur, certes, mais qui sent le souffre . Il est snobé !

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C'est l'invasion de l'URSS et la création de légions de volontaires étranges qui lui donnera sa chance. La saisissant au bond, il s'engage comme simple soldat dans la Légion des Volontaires Wallons et s'y fait remarquer par son aptitude au commandement (toujours son sacré charisme!), son courage, sa capacité à rassembler les hommes. Décoré de la croix de fer, il monte en grade, se construit une légende au gré des combats, des meetings en Belgique et de ses rencontres avec des dignitaires nazi à Berlin. Une icône est née.
Quand la Légion wallonne devint la Division SS Wallonie, Degrelle tout naturellement en est le chef. C'est cependant la fin de l'aventure. L'Allemand est de partout repoussé. Lors de la bataille des marais de Tcherkassy en février 1944, les Wallons brisent l'encerclement soviétique et permettent un repli stratégique de la Wehrmacht. Degrelle est promu colonel SS et reçu à Berlin par Hitler en personne qui le décore de la plus haute distinction militaire, la croix de fer avec feuilles de chêne.

 

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Il lui aurait dit : "Si j'avais eu un fils, j'aurais aimé qu'il soit comme vous". C'est du moins ce qu'affirme Léon Degrelle.
La suite on la connaît : le crépuscule des dieux, la chute du Reich, les prisonniers, les volontaires condamnés à de la prison ou tout simplement fusillés sur place ou après des caricatures de procès.

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Degrelle, lui, se retrouve dans le sud de la Norvège. Le 8 mai. Il embarque dans un avion qui, de nuit, alors que l'Europe victorieuse se saoule joyeusement, l'amène jusqu'à la plage de San Sebastian (pays basque), à une encablure de la frontière française, où il amerrit. Blessé, Degrelle est soigné, caché, réfugié. Les Belges le réclament, ils ne l'auront pas.
L'homme n'a jamais rien renié. Il est vrai que la devise d'un SS est : Meine Ehre heißt Treue » , que l'on peut traduire par « Mon honneur s'appelle fidélité ». Jusqu'à la fin il est resté volubile, dénonçant avec une verve toujours aussi fougueuse la mort de notre civilisation, la corruption des élites, le délitement des mœurs, la cupidité des uns, l'assistanat des autres, une « Weltanschauung » de petit épicier franchouillard, fripier juif ou financier apatride.
Que retenir de Léon Degrelle ?
De son discours politique, pas grand chose. Le fascisme décliné à Rome, Berlin ou Bruxelles, c'est fini.
De l'homme : son enthousiasme qui fait se mouvoir les montagnes.
Il reste une référence pour beaucoup, soixante-huit ans après la fin de la guerre. C'est toujours mieux qu'un acteur dégénéré ou une demi-mondaine folle de son corps !
Et in Arcadia Ego.

FvD

15/07/2012

Des origines de la Belgique

Les Français connaissent mal l'Histoire de leur pays, et encore plus mal celle de leurs voisins les plus proches. Une semaine avant la fête nationale des Belges, retraçons la genèse de ce jeune pays. 


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Armoiries du Roi Léopold I


La création du royaume de Belgique, et les liens de la famille royale belge avec la couronne anglaise.

Le Royaume de Belgique est né de la révolution de 1830, qui s’inscrit dans un climat de crise économique et de tensions sociales en Europe. Notamment encouragé par la révolution "des trois glorieuses" en France qui a vu se mettre en place la monarchie de Juillet et déjà embourbé dans la contestation sociale et l’opposition politique venant de nombreux bords, notamment de l’église catholique qui ne voyait pas d’un bon oeil le règne d’un roi protestant et des libéraux français, le Sud du Royaume-uni des Pays-Bas se rebelle contre le Roi Guillaume Ier et déclare son indépendance.

Les grandes puissances européennes vont alors se réunir à Londres afin de décider quoi faire du cas belge. Guillaume Ier compte pour sa part récupérer le Sud de son royaume et sauver les possessions qui lui ont été octroyées par le congrès de Vienne après la chute de l’Empire français. Il espère pour cela obtenir le soutien de l’Angleterre à sa laquelle sa famille est liée depuis déjà longtemps. Guillaume Ier des Pays-Bas fait en effet partie de la maison d’Orange-Nassau.

Son père était Guillaume V d’Orange-Nassau, fils d’Anne de Hanovre, princesse royale de Grande-Bretagne et d’Irlande. Guillaume V d’Orange-Nassau était arrivé au pouvoir après une longue période de régence exercée par sa mère anglaise. Régent médiocre et faible, il est accueilli en exil en Angleterre lors de l’invasion française des Pays-Bas en 1795. Il va jusqu’à céder les territoires d’outre-mer néerlandais à l’Angleterre, pour empêcher que ceux-ci ne tombent aux mains des Français.

Guillaume est donc un allié inconditionnel, pour ne pas dire presque un vassal de la couronne anglaise, et espère en cette qualité voir accéder ses revendications : récupérer le Sud des Pays-Bas. Cependant, la situation européenne de tension exclut un recours immédiat à la force risquant de déclencher un conflit international. D’autant qu’en Angleterre, la situation politique est instable. Les conservateurs (Tories) font face à une forte opposition libérale notamment à propos de réformes électorales. Ce n’est certainement pas le moment d’envoyer sur le continent des troupes destinées à mater une rébellion elle même d’inspiration libérale. En bref, la situation est des plus délicates, et ce climat va jouer en défaveur de Guillaume, qui sera finalement mis de côté par l’Angleterre, qui préférera jouer la coopération pacifique avec la France du Roi Louis-Philippe, qui quant à elle tient à se montrer comme un partenaire fiable de l’Europe post-napoléonienne.

Le gouvernement provisoire de Belgique va vite comprendre quant à lui que sa survie et dans un premier temps sa naissance en tant qu’état nation dépend du bon vouloir des puissances européennes, et qu’aucune erreur diplomatique ne lui est permise. Vu sa grande vulnérabilité, la Belgique ne peut déclarer l’indépendance unilatéralement. Elle ne peut devenir un état-nation que sous certaines conditions : inspirer la confiance, et adopter un profil bas. Voilà la stratégie que le gouvernement provisoire va adopter.

L’idée d’un rattachement, sera rapidement mise de côté, et on jouera plutôt la formule de l’indépendance et de l’adoption de structures politiques traditionnelles et modérées, c’est à dire une monarchie constitutionnelle plutôt qu’une république progressiste. C’est le Congrès national, élus par 45 000 votants au suffrage censitaire et capacitaire, qui formera la nouvelle constitution et choisira la monarchie constitutionnelle comme régime politique.

La question est dés lors de savoir qui ira sur le trône de Belgique. Le Prince d’Orange, fils de Guillaume Ier est immédiatement présenté par l’Angleterre pour monter sûr le trône de la jeune nation, ce à quoi Talleyrand et la France s’opposeront catégoriquement, d’autant que le fort ressentiment belge vis à vis de la dynastie d’Orange, rend la candidature du prince difficile, voir pratiquement impossible.

C’est le duc de Nemours, fils de Louis-Philippe d’Orléans roi des Français, qui va être présenté comme le candidat favori. Il est dans un premier temps élu de façon catégorique par le Congrès, qui valide la constitution. Mais, Louis-Philippe d’Orléans refuse l’élection de son fils. Si il peut surprendre, ce geste n’a en fait rien d’étonnant. Il faut savoir que le règne de Louis-Philippe est faible. En effet, sa situation comme monarque en France est délicate. Il est dans son propre pays considéré par les légitimistes comme un usurpateur du trône, et va petit à petit faire face à une opposition républicaine grandissante.

Qui plus est il suscite la méfiance des cours européennes, notamment du fait de son arrivée au pouvoir lors d’un soulèvement populaire, qui lui vaut d’ailleurs le surnom de "roi des barricades". Louis-Philippe Ier n’a d’autre choix que de se plier aux décisions prises à Vienne par les ennemis de l’empire napoléonien, c’est à dire la mise en place d’un état tampon, empêchant toute velléité expansionniste de la France.

La candidature du duc de Nemours a comme effet immédiat de compromettre les relations franco-britannique et affaiblit la position de la Belgique dans les négociations. Les Anglais en profiteront d’ailleurs à nouveau pour proposer la candidature du prince d’Orange. Mais c’est Guillaume Ier lui même, non disposé à abandonné sa souveraineté sur le Sud, qui refuse la candidature de son propre fils. Cette position extrême aura pour résultat d’isoler définitivement la position du monarque néerlandais, mais ne fera que mieux ouvrir la voie au deuxième candidat anglais.

C’est ainsi que l’on propose la candidature de Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha. Il est considéré par Talleyrand, non sans raison, comme un agent britannique. Membre par alliance de la famille royale du fait de son mariage avec la princesse Charlotte de Galles, qui mourra en accouchant d’un enfant mort-né en 1817. Notons que Charlotte de Galles était auparavant promise au fils de Guillaume Ier, Guillaume II, qui fût évincé par Léopold notamment grâce à ses relations bien placées.
Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha connait bien le modèle politique anglais ainsi que la pensée politique conservatrice européenne. Il partisan du modèle de développement britannique par l’industrialisation et est une figure bien connue de la « High society ». Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha en plus est le frère de Victoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld, elle même mère de la reine Victoria du Royaume-Uni.

Léopold Ier fut franc-maçon, reçu dans des circonstances floues à la loge "l’Espérance" de Berne. Son règne verra très tôt (1832-33) la création du Grand Orient de Belgique, se détachant de la maçonnerie Hollandaise, auparavant dépendante du Prince Frédéric, second fils de Guillaume Ier.
Il se fit rapidement le « protecteur spéciale » de la maçonnerie belge. Selon toute évidence, il n’en devint cependant pas Grand Maître comme sa position le lui aurait permit.

Léopold Premier aurait été Chevalier kadosh (30° du rite écossais), bien qu’aucun document ne puisse le certifier. D’autres rumeurs disent encore qu’il aurait fait partie d’une loge anglaise, mais tout ceci ne tient que de la rumeur et ne peut être prouvé. Nombreux documents d’époques ayant disparus, notamment les registres de loges anglaises qui aurait pu infirmer ou affirmer l’appartenance du roi à une telle loge.

Léopold Ier, Roi des belges, se mariera avec Louise d’Orléans, fille de Louis-Philippe Ier, dont le règne s’achèvera en 1848. Le monarque s’exilera en Angleterre ou il vivra jusqu’à sa mort en 1850.

Les dynasties de Saxe-Cobourg-Gotha et Saxe-Cobourg-Saalfeld appartiennent toutes deux à la même maison dite de Wettin qui trouve son origine en Saxe. Pour l’anecdote, notons que durant la première guerre mondiale, la famille royale anglaise prit le nom de Windsor, afin de masquer cette origine germanique. On remarquera qu’ils conservaient ainsi leur initiale originelle, W. pour Wettin. Les Orange-Nassau quant à eux, en la personne de la reine Béatrix, règnent encore sur les Pays-Bas. Il est intéressant de noter que la reine Béatrix possède la double nationalité britannique et hollandaise.

En observant les armoiries de Léopold Ier (en tête de l’article), vous pouvez constater l’appartenance à la maison de Wettin (noir barré de jaune, rappelant la saxe), ainsi que les armoiries de la couronne britannique (3 léopards et Lyre d’or). Le lion, emblème de la Belgique serait issus des armoiries des ducs de Brabants, mais il est aussi l’emblème des Wettins, maison qui régna sur de nombreux pays d’Europe, et dont les descendants règnent encore aujourd’hui sur l’Angleterre et la Belgique.

Sources :

"Nouvelles Histoire de Belgique", 2005, Ed. Complexe.

"Léopold Ier, le roi franc-maçon", Jean van Win


16/01/2012

Bruxelles: d'ici vingt ans musulmane !

Nous l'avons écrit à plusieurs reprises: d'ici 2050, la moitité des habitants de l'Europe occidentale sera de souche non-européenne. Il faut croire que les médias qui ont pignon sur rue commencent à s'en rendre compte. Le Figaro, qui n'est pas forcément un organe d'extrême-droite, vient de publier un article sur l'islamisation rampante de Bruxelles, la capitale de l'Europe.
Que faire pour éviter une fracture de la socité face à cette radicalisation de ses composantes musulmanes ? Nous reviendrons sur ce problème. 


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Jeune musulmane arborant un drapeau belge lors de la fête nationale


Aujourd'hui, un tiers de la population est musulmane et les jeunes générations sont plus pratiquantes.

La capitale européenne sera musulmane dans vingt ans. C'est du moins ce qu'affirme une étude publiée la semaine dernière dans le quotidien La Libre Belgique. Près d'un tiers de la population de Bruxelles étant déjà musulmane, indique Olivier Servais, sociologue à l'Université catholique de Louvain, les pratiquants de l'islam devraient, en raison de leur forte natalité, être majoritaires «dans quinze ou vingt ans». Depuis 2001, Mohamed est, chaque année, et de loin, le premier prénom donné aux garçons nés à Bruxelles.

«Il faut relativiser ces chiffres, insiste Mahfoud Romdhani, député socialiste et vice-président du Parlement francophone bruxellois. Les immigrés de pays musulmans ne sont pas tous musulmans ! Moi-même, je suis de culture musulmane, mais agnostique.» Olivier Servais se veut d'ailleurs prudent sur les projections à long terme, Bruxelles subissant des flux de population importants en tant que capitale de l'Union européenne.

Reste, constate La Libre Belgique, que «si leurs parents n'étaient guère pratiquants», pour faciliter l'intégration dans leur pays d'accueil, «les jeunes marquent un retour important vers le fait religieux». Quelque 75 % des musulmans s'estiment aujourd'hui pratiquants. Auteur d'Infiltrée parmi les islamistes radicaux *, la journaliste flamande Hind Fraihi va plus loin : «Les jeunes sont de plus en plus radicalisés, affirme-t-elle. Ils rejettent les valeurs occidentales, même leurs parents s'en inquiètent. À Bruxelles, il existe des îlots, comme Molenbeek, où l'on a parfois du mal à se croire en Belgique…»

Du bazar Tafoukte à la bijouterie Mohammed, les musiques du Maghreb envoûtent le passant. Encombrée de seaux en plastique multicolores, de chaussures de sport et de caftans chatoyants, la ruelle piétonnière du Prado conduit à la mairie de Molenbeek, le quartier marocain de Bruxelles. Presque toutes les femmes sont voilées et les commerçants parlent arabe. «On se sent mieux, ici, qu'en France ou en Espagne, assure Akim, gérant d'un magasin de vêtements. Peut-être parce qu'on est une grande communauté. C'est comme au pays !»

 

«Gestes de respect»

 

Il y a quelques années, raconte Philippe Moureaux, le bourgmestre PS de Molenbeek, «des musulmans sont venus me trouver : ils voulaient que je sois le “président” de leur nouvelle mosquée…». C'est dire si cet ancien ministre, pourtant agnostique, est bien vu par le «gros tiers» de musulmans parmi ses 83 000 administrés. Création d'un Conseil consultatif des mosquées doté d'allocations de la mairie, ouverture d'un abattoir municipal pendant la fête du sacrifice, présentation d'une liste électorale comprenant une majorité de musulmans… «Ce sont des gestes de respect qui m'ont valu la confiance de cette communauté, explique le bourgmestre. On a été très loin, certains disent trop loin. Mais pour moi, la seule solution, c'est l'ouverture.»

Selon Alain Escada, président de l'association Belgique et chrétienté, «on va d'abandon en abandon». «De plus en plus de cantines introduisent des menus halal aux dépens des chrétiens, déplore-t-il. Les autorités ne font plus leur travail : les politiques, qui, avec une vision à court terme, sont prêts à tout pour séduire un nouvel électorat, mais aussi le clergé, qui met les musulmans et les chrétiens sur un pied d'égalité, alors que c'est loin d'être réciproque : voyez cet archevêque assassiné récemment en Irak !»

Pour l'instant, «l'essentiel de l'islam belge est paisible et familial, souligne Olivier Servais, mais un jour il y aura peut-être une revendication claire d'islam. Je n'exclus pas des explosions sociales.» Des partis communautaristes, redoute-t-il, pourraient capitaliser sur le taux de chômage très élevé à Bruxelles (plus de 20 % de la population), qui frappe notamment la population musulmane.

Jean-François Bastin, un Belge de 65 ans coiffé d'un turban à carreaux et la barbe teinte au henné, s'appelle aujourd'hui Abdullah Abu Abdulaziz Bastin. Converti à l'islam, il a fondé en 2004 le Parti des jeunes musulmans. Abdullah ne serre pas la main des femmes. «C'est tromper Allah, lâche-t-il. C'est aussi tromper celle à qui l'on donne la main, en lui faisant croire que vous êtes égaux. Mais je vous fais un grand sourire !» s'empresse-t-il d'ajouter.

 

« Instrumentalisation »

 

Lui-même clame que les sourires, que certains politiques font aux musulmans ne sont qu'une «instrumentalisation grossière : Il y en a assez de cette sorte de néocolonialisme, s'emporte-t-il. Ils prétendent qu'ils vont nous défendre, et ensuite ils interdisent le foulard à l'école !». Aux dernières élections municipales, le PJM, qui ne se présentait que dans deux quartiers de Bruxelles, a rassemblé moins de 5 000 voix. «Nous pourrions prendre appui sur cette étude pour exiger plus de mosquées visibles, des appels à la prière, des cimetières, des écoles, des maisons de retraite…, s'emballe le converti. Moi je dis aux musulmans : “Perdez cet esprit de colonisé ! Les colons se sont fait bouter hors d'Algérie, c'est peut-être ce qui se passera ici.”» Les immigrés, conclut-il, en ont assez fait, et «même trop» pour s'intégrer : «c'est désormais à la Belgique de s'adapter».

Source: http://www.lefigaro.fr/international/2008/03/21/01003-200...