27/09/2014

La médiatisation du pape François comme signe de crise de l’Église catholique

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Quelle évolution a connu le catholicisme depuis la démission de Benoît XVI et l’élection du pape François ? Alors que la célébrité du premier Pontife sud-américain fait rage chez les non-catholiques, derrière le respect envers sa fonction pas mal de fidèles de l’Église romaine vivent un malaise caché pour une stratégie qui pourrait changer la forme et le contenu de leur credo.

À première vue la grande popularité du pape François auprès de l’opinion publique internationale semble l’affirmation d’un principe essentiel du catholicisme, qui fonde sa structure ecclésiastique sur la primauté juridique du pape sur les autres évêques. En réalité, il se passe exactement le contraire : depuis son élection comme pontife romain Jorge Mario Bergoglio est devenu très populaire non pas pour son action doctrinaire et de gouvernement en qualité de pape, mais bien à cause de la médiatisation de sa personne et de la sensation qu’il donne d’être différent par rapport à tous ses prédécesseurs. Derrière la vénération pour la personne de François se cache donc un affaiblissement de la papauté comme institution.
Si l’on analyse les questions relatives à l’Église catholique au-delà de la foi, c’est-à-dire au-delà du propre du christianisme, si l’on étudie l’Église tout simplement comme une importante institution internationale, il est hors de doute que le style de Jorge Mario Bergoglio a momentanément augmenté la popularité du catholicisme. La volonté de relancer l’image du catholicisme auprès de non-catholiques en ce moment semble l’emporter sur les questions internes et sur les principes moraux. Néanmoins, sur la longue durée ce seront justement ces questions et ses principes qui décideront le sort du catholicisme.
Sur le plan doctrinaire, la « révolution » du pape François apparaît bien significative. Premièrement, il s’agit d’un changement de modes et de conduite extérieure : dans la mimique de ses gestes, dans son langage simple et élémentaire, tout semble contribuer à une désacralisation de la fonction pontificale qui plaît beaucoup aux adversaires du christianisme dans la mesure où cela donne l’impression que le pape, c’est quelqu’un comme tout le monde, presque une espèce de grand-père sympathique et affable. Deuxièmement, on observe une échelle de priorités dans ses interventions publiques qui après un an et demi ne peut plus être jugée aléatoire. Le pape François insiste bien souvent sur des thèmes qui ne sont pas spécifiquement liés à la foi, à la morale, aux mœurs. Au cœur de ses discours il y a souvent l’immigration, la critique du capitalisme, le respect pour l’environnement, les questions proprement religieuses restant en quelque sorte périphériques et subordonnées à un message de concorde civile et humanitaire. Bergoglio n’a jamais renié clairement aucun dogme ou principe catholique : sa « révolution » consiste plutôt à prononcer des propos ambigus ou bien à tolérer des pratiques hétérodoxes sans les approuver ouvertement.
L’exemple le plus frappant de sa stratégie communicative est sans aucun doute la célèbre proposition « Qui suis-je pour juger ? », utilisée par les progressistes pour justifier l’approbation de toute transgression. Le pape François voulait-il « libéraliser » des actes considérés jusqu’à présent contraires à la loi naturelle ? Ou bien entendait-il seulement rappeler que personne hors de Dieu ne peut juger la conscience de chacun, les actes restant toutefois bons ou mauvais en eux-mêmes ? On dirait qu’il préfère rester sciemment ambigu, en s’éloignant du style des papes du passé tout comme de l’exhortation du Christ à l’égard de la transmission de la doctrine : « Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin » (Mt 5.38). Les appels à la nécessité d’une Église « pauvre, pour les pauvres » sont aussi très révélateurs. Comme les abus du clergé sont très choquants auprès de l’opinion publique, qu’est-ce qu’il y de plus médiatique du fait que le chef de l’Église réclame une pauvreté généralisée ? Il ne faut pas être un génie pour remarquer la rhétorique d’un tel propos. C’est bien louable de condamner les richesses personnelles du clergé, mais si l’Église comme institution devenait en soi « pauvre » et donc sans ressources, comment pourrait-elle aider les déshérités du monde et s’engager à combattre la pauvreté ? Ce genre de propositions donnent bien l’image fausse d’un pape extraordinaire parmi des « collègues » ecclésiastiques totalement corrompus.
La médiatisation de la figure personnelle du pape François a aussi l’effet de cacher les problèmes à l’intérieur du catholicisme qui restent énormes. Dans l’Église catholique il existe aujourd’hui une fragmentation presque incroyable, avec tellement de groupuscules qui soutiennent des positions incompatibles les uns avec les autres et surtout en contraste avec la foi catholique traditionnelle elle-même. Certains vaticanistes parlent déjà de l’existence de plusieurs églises à l’intérieur de l’Eglise catholique : il suffit d’aller voir les différences, par exemple, entre l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, une société apostolique de forme canoniale très répandue en France et assez fidèle à la tradition catholique, et les pratiques du Chemin néocatéchuménal, un groupe reconnu par les hiérarchies vaticanes que certains experts qualifient toutefois de secte extrémiste protestante. Le gouvernement du pape François semble bien privilégier les réalités les plus progressistes, celles qui ne s’opposent pas avec force à la déchristianisation de la société, à l’imposition de la théorie du genre, des thèmes sur lesquels le silence réticent de la hiérarchie vaticane devient de plus en plus assourdissant.
Aussi sur le plan du gouvernement de l’Église y a-t-il des procédés assez douteux. Par exemple, depuis juillet 2013 le catholicisme vit un grand secouement à son intérieur, peu connu par l’opinion publique internationale mais bien étudié par les spécialistes. Celui qui était peut-être le meilleur institut religieux de toute l’Église catholique, la congrégation des Franciscains de l’Immaculée, a été bouleversé par des mesures de la part des hiérarchies vaticanes. Dans un contexte historique où le clergé catholique fait le beau et le mauvais temps, pendant des décennies les frères et les sœurs de cet institut n’ont jamais été touchés par des scandales financiers ou sexuels. Ils se sont répandus partout dans le monde, ils ont conquis la confiance des fidèles, ils ont toujours vécu dans une ambiance d’austérité, de prière, de pratique religieuse. Certains d’entre eux sont devenus des brillants théologiens aussi. À partir de juillet 2013 l’ancien fondateur a été exilé, la plupart des frères ont été mutés des grandes diocèses vers des petites églises, leurs publications ont cessé, les ordinations sacerdotales des prêtres ont été suspendues, le séminaire de l’institut est en crise. Quels crimes ont commis ces religieux pour que les autorités vaticanes procèdent à un tel démantèlement ? Suite à la dénonciation d’une minorité de frères, il semble que l’esprit de l’institut soit devenu trop « conservateur » pendant le Pontificat de Benoît XVI, avec la promotion de la liturgie traditionnelle en latin et l’organisation de colloques modérément critiques sur l’histoire du Concile Vatican II. Rien plus que cela. Cette conduite autoritaire dans la résolution d’une petite incompréhension interne est justement à l’opposé des appels à la miséricorde que le pape aime répéter en toute occasion. Le but, c’est peut-être d’affaiblir les composantes de l’Église qui vivent vraiment dans la pauvreté et consacrent leur vie à la prière, à l’approfondissement de la foi et au salut des âmes.
D’autres mesures contestables concernent le sommet de l’Église. Le Cardinal Raymond Leo Burke, préfet du tribunal suprême de la signature apostolique, est l’un des plus renommés archevêques de l’Église romaine, un homme de haute culture et de réputation exemplaire, très apprécié par les simples fidèles et les milieux académiques. Selon certaines sources, il serait sur le point d’être déclassé à la fonction purement honorifique de chef d’un ordre chevaleresque. Sa faute serait là aussi un excès de « traditionalisme » : Burke a toujours pris des positions claires contre la politique antichrétienne du gouvernement Obama, en participant toujours à des événements publics contre l’avortement et en prenant position contre les théories progressistes du cardinal Kasper.
Certes, il y a aussi des éléments positifs qui ont caractérisé la première année de ce pontificat. La politique étrangère du Saint-Siège, par exemple, est devenue grâce au pape François plus influente : ses prise des positions contre la menace étasunienne de guerre à la Syrie, sa conduite sage et équilibrée par rapport à l’Ukraine, de même que la lettre qu’il a envoyée en 2013 au président Poutine pour le G-20, ont été guidés par le bon sens. Le meilleur résultat du travail diplomatique du Vatican sous le pape François est sans aucun doute la « désoccidentalisation » du catholicisme. Souvent, l’Église catholique a été perçue comme le soutien idéologique aux intérêts de la puissance géopolitique euro-américaine (c’est une opinion très répandu surtout chez les chrétiens orthodoxes). On peut évaluer positivement l’éloignement du Vatican de cette perspective, qui pourrait en principe donner la chance d’un positionnement géopolitique adéquat aux problèmes futurs. En même temps, beaucoup de questions restent ouvertes. L’Église catholique n’est pas la personne de Jorge Mario Bergoglio, qui ira terminer son existence comme tout être humain. Ce ne sera pas à sa popularité de revitaliser la religion catholique. Le pape François lui-même, dans sa première homélie en 2013, avait affirmé que l’Eglise ne peut jamais se transformer dans une ONG « philanthropique et charitable », ce qui parfois semble être son destin inéluctable. Le catholicisme pourra au contraire survivre dans la mesure où il sera capable d’offrir une perspective alternative aux modèles dominants, d’expliquer la destination métaphasique de la vie humaine dans un monde qui désormais a mis Dieu à l’écart.

Dario Citati

source: french.ruvr.ru

17/09/2014

Les "Nations Unies des religions" c'est pour bientôt

 

 

Il y a quelques jours, Shimon Peres (né Szymon Perski dans un ghetto polonais) qui fut président de l'entité sioniste a rencontré le Pape. Si j'étais conseiller de ce dernier, je lui dirais, paraphrasant Ovide : Je crains les juifs surtout quand ils apportent des cadeaux 1, car le Shimon proposait au Pape rien de moins que de participer à la création des Nations Unies des religions.
Shimon Peres est fidèle d'une religion qui compte au maximum une douzaine de millions de fidèles dans le monde, soit rien du tout ! L'arrogance prétentieuse de cette proposition ne lui est pas venue un instant à l'esprit, il est vrai qu'il y en a pour qui la chutzpah n'est jamais loin. Il a dit au Pape que ce serait très bien si tous ensemble, autour d'une tasse de café, on pouvait discuter à son aise, faire connaissance et puis adopter un code de bonne conduite entre gens civilisés car, au final, on adore tous le même Dieu, non ? et patati et patata …
Je ne sais pas ce que le Pape lui a répondu. Oh, certainement des aménités, le Pape Bergoglio aime les juifs comme cochon, c'est connu.
Quand même, il a dû lui dire que le christianisme a une mission : baptiser toutes les nations, y compris la sienne qualifiée de maudite et scélérate pour s'obstiner à ne pas vouloir reconnaître le vrai Messie et Sauveur. Mais je doute qu'il l'ait fait, c'est un homme trop poli et affable le Pape, c'est tout ce que l'on peut lui reprocher.
Il pense peut-être que les Nations Unies des religions, ce serait somme toute pas mal. Une espèce de club sélect dont l'entrée serait soumise à parrainage distingué, cela ne ferait pas rentrer n'importe qui, comme ces épouvantables djihadistes, par exemple. Et aussi ces petites religions déjantées, comme les Hare Krishna qui, à part casser les oreilles de certains, n'ont jamais fait de mal à personne.
Il a bien raison le Peres. La religion est une force terrible qui fait se mouvoir des montagnes. Voyez les braves gens au moyen-âge qui plaquent tout pour partir en croisade. Et ces musulmans qui en moins deux siècles conquièrent la moitié du monde. La religion c'est de la dynamite, c'est pas quelque chose que l'on peut laisser, sans contrôle entre les mains des fidèles. Faut surveiller tout ça !

La religion et le sexe, deux forces qui peuvent faire de sacrées choses, mais des dégâts aussi. Pas étonnant qu'ils soient irréductibles l'un à l'autre.
Alors que les religions bien établies se mettent autour d'une table et décident de faire le ménage dans le Landerneau de la foi, ce serait somme toute une initiative sensée.
Désormais, toute croyance sera dûment répertoriée, dotée d'un numéro INSEE, d'un code barre, d'une traçabilité à toute épreuve et licenciée chaque année. Des inspecteurs seront délégués pour veiller à la conformité des règles mises en place et sanctionner, le cas échéant, les contrevenants.
Ces Nations Unies seront coiffées par un Conseil de Sécurité où siégeront de droit les membres fondateurs : le Vatican et Jérusalem, of course !
La questions des casques bleus n'a pas encore été tranchée, sinon sur un point de détail : les juifs de cette force armée pourront, sous le casque, porter la kippa.
Quand même, ces juifs ! Peuple « à la nuque raide » 2, mais d'excellentes idées.
A creuser ...

FvD

29/05/2014

Mais qu'a donc fait le Pape en Israël ?

Mais qu'est-ce que le Pape est allé faire en Israël ? Est-ce bien sa place. Nous écrivons Israël, cette entité sioniste qui au bout de massacres et de rapines, s'est accaparée en 1948 de terres qui ne lui appartenaient pas. Que le chef spirituel d'un milliard de catholiques aille sur les traces de notre Divin Rédempteur, quoi de plus normal, mais des salamalecs, pardon des shalom aléchem, à ces gens là, c'est consternant. Bien sûr, il n'échappe pas à l'obligé Yad Vashem, au mur de leurs lamentos, mais, cerise sur le gâteau, il se recueille sur la tombe du théoricien du sionisme, Theodor Herzl. Un athée affirmé, juif non circoncis et dont la première destination choisie fut … l'Ouganda !
Tout cela ne fait pas sérieux, mais terriblement politique.
Le Pape François commence son périple par la Jordanie, puis il se rend en Palestine sans demander la permission à l'occupant sioniste. C'est bien ! Il dénonce le mur de séparation qui n'est pas une enceinte de sécurité, mais un emblème raciste et élitiste issu tout droit de la psyché sioniste. Très bien. Il rencontre le patriarche de Constantinople, Bartholomée, un homme fin, ouvert et intelligent. Parfait ! Ou presque.
Car, dans la suite, il fait allégeance à Israël. Comme un pur politicien centriste. Un coup à gauche, un autre à droite. Histoire que tout le monde soit mécontent.
Un homme qui occupe sa fonction devrait savoir ce qu'il veut. Il n'y a aucune honte à dire que ceci est mauvais et cela bien. Ménager la chèvre et le chou, qu'il laisse cela aux politiciens, quand on occupe la place qui est la sienne, il faut savoir prendre ses responsabilités.
Durant des siècles l'Eglise a su mettre les points sur les i : les juifs sont juifs et les chrétiens chrétiens. Que les uns cessent d'embêter les autres, quoi de plus normal, mais delà à manger dans le même bol la soupe du monothéisme, il y a un sacré pas qu'il n'appartient ni à l'un, ni à l'autre de franchir . Venir en Terre Sainte avec, dans ses bagages, un imam et un rabbin, copains de Buenos Aires et s'afficher ensemble, cela ne se fait pas quand on se veut guide de gens qui aspirent à une direction claire, nette et sans détours des méandres de leur foi. pape et sioniste.jpgLe Pape est un jésuite de formation, c'est un intellectuel, mais aujourd'hui, il doit donner un cap et éviter les récifs du syncrétisme et du relativisme.
Et quel besoin avait-il de baiser la main de ce type à kippa noire, décorations bien en vue, qui a l'air de s'en foutre royalement ? Il a comme un regard de dédain ou de mépris.
Peut-être les deux à la fois ?
Pie XII, reviens, il est devenu fou !

FvD