29/05/2014

Mais qu'a donc fait le Pape en Israël ?

Mais qu'est-ce que le Pape est allé faire en Israël ? Est-ce bien sa place. Nous écrivons Israël, cette entité sioniste qui au bout de massacres et de rapines, s'est accaparée en 1948 de terres qui ne lui appartenaient pas. Que le chef spirituel d'un milliard de catholiques aille sur les traces de notre Divin Rédempteur, quoi de plus normal, mais des salamalecs, pardon des shalom aléchem, à ces gens là, c'est consternant. Bien sûr, il n'échappe pas à l'obligé Yad Vashem, au mur de leurs lamentos, mais, cerise sur le gâteau, il se recueille sur la tombe du théoricien du sionisme, Theodor Herzl. Un athée affirmé, juif non circoncis et dont la première destination choisie fut … l'Ouganda !
Tout cela ne fait pas sérieux, mais terriblement politique.
Le Pape François commence son périple par la Jordanie, puis il se rend en Palestine sans demander la permission à l'occupant sioniste. C'est bien ! Il dénonce le mur de séparation qui n'est pas une enceinte de sécurité, mais un emblème raciste et élitiste issu tout droit de la psyché sioniste. Très bien. Il rencontre le patriarche de Constantinople, Bartholomée, un homme fin, ouvert et intelligent. Parfait ! Ou presque.
Car, dans la suite, il fait allégeance à Israël. Comme un pur politicien centriste. Un coup à gauche, un autre à droite. Histoire que tout le monde soit mécontent.
Un homme qui occupe sa fonction devrait savoir ce qu'il veut. Il n'y a aucune honte à dire que ceci est mauvais et cela bien. Ménager la chèvre et le chou, qu'il laisse cela aux politiciens, quand on occupe la place qui est la sienne, il faut savoir prendre ses responsabilités.
Durant des siècles l'Eglise a su mettre les points sur les i : les juifs sont juifs et les chrétiens chrétiens. Que les uns cessent d'embêter les autres, quoi de plus normal, mais delà à manger dans le même bol la soupe du monothéisme, il y a un sacré pas qu'il n'appartient ni à l'un, ni à l'autre de franchir . Venir en Terre Sainte avec, dans ses bagages, un imam et un rabbin, copains de Buenos Aires et s'afficher ensemble, cela ne se fait pas quand on se veut guide de gens qui aspirent à une direction claire, nette et sans détours des méandres de leur foi. pape et sioniste.jpgLe Pape est un jésuite de formation, c'est un intellectuel, mais aujourd'hui, il doit donner un cap et éviter les récifs du syncrétisme et du relativisme.
Et quel besoin avait-il de baiser la main de ce type à kippa noire, décorations bien en vue, qui a l'air de s'en foutre royalement ? Il a comme un regard de dédain ou de mépris.
Peut-être les deux à la fois ?
Pie XII, reviens, il est devenu fou !

FvD

01/05/2011

Que penser de Jean-Paul II ?

 


Il est devenu Pape après la mort de son prédécesseur Jean-Paul I qui ne régna qu'un mois. Il n'était pas attendu et il est arrivé, c'était bien son genre. Et le voilà Bienheureux en deux temps trois mouvements, encore un miracle et il sera Saint. Même mort, il n'en finit pas d'étonner.

Mais au niveau du bilan, que penser de ce personnage qui fit autant de bruit autour du trône de Pierre ?

Quand Pie XII mourut, le catholicisme triomphait partout, les églises bondées le dimanche accueillaient des fidèles zélés et soumis au niveau du dogme. Les séminaires refusaient du monde et les congrégations religieuses étaient florissantes. C'était lui, Pie XII, qui avait eu le coup de génie de faire du Vatican un État de droit public international reconnu par toutes les nations. Grâce à lui, le Vatican, et donc le catholicisme, est présent à l'ONU, a des ambassadeurs aux quatre coins du monde et dit son mot à propos de tout et (parfois) rien.

Le Concile Vatican II, initié par Jean XXIII, la modernité galopante d'un monde occidental de plus en plus riche et optimiste, ont vu la révolte des jeunes contre leurs aînés, leurs guerres et leurs principes, les pèlerinages se firent, non plus à Lourdes, mais Katmandou.

Aujourd'hui qu'en reste-t-il ?

Jean-Paul II s'est montré partout, jamais Pape ne s'était autant déplacé, il a pris la parole dans une foultitude de langues, il était photogénique et le savait, mais à sa mort, le bilan reste maigre.

Désaffection des fidèles qui connaissent de plus en plus mal les fondements de leur foi, séminaires vides, polémique autour des rituels hérités du dernier concile.

Mais il y a plus grave. La démographie des catholiques est en baisse dramatique, même dans des pays de stricte tradition, comme l'Irlande, l'Italie ou la Pologne. Jean-Paul II avait beau se montrer sympathique, aimer les jeunes, les réunir autour de lui pour chanter à tue-tête, dans les rapports hommes-femmes le message ne passait pas. Pape copain oui, directeur de conscience, non !

Toute l'ambiguïté est là chez ce personnage charismatique. Tout le monde l'aime, peu l'écoutent.

Ses positions elles, ne varient pas d'un iota de celles, séculaires de l’Église. Refus de la modernité, sujétion du fidèle à l'autorité ecclésiale.

Et sa communication, il faut bien le dire, dérape. Le public n'entend que ce qu'il dit sur la morale sexuelle, son refus (qui est celui de l’Église) de toute forme de contraception, sa condamnation (stupide, voire criminelle en Afrique) du préservatif.

Même si ces dernières sont conformes à la doctrine, vu l'air du temps, il eut mieux valu rester discret,en ne l'étant pas, le Pape donnait des verges pour le battre.

Ce qu'il a dit sur le capitalisme et ses méfaits, peu l'ont entendu, tout le monde l'a oublié.

En Amérique du Sud, le vivier le plus fécond du catholicisme, sa réserve pour les siècles à venir, il a brutalement mit fin et condamné la théologie de la libération. Les pauvres apprécieront s'il ne sont pas déjà dans les music-hall évangéliques des pasteurs nord-américains.

A-t-il mis fin, lui tout seul à l'oppression des régimes de l'Est ?

Bien sûr que non ! Cette fin était programmée, mais il a soufflé sur les braises et a permis sans doute aucun une accélération du processus d'émancipation, c'est assurément à mettre à son crédit.

Sur le plan de l’œcuménisme, c'est le statu-quo ante et c'est bien dommage, car si une réunion avec les protestants est, dogmatiquement, impossible, celle avec les orthodoxes l'est, pour autant que Rome mette (un peu) d'eau dans son vin (de messe); le christianisme, aujourd'hui, ne peut se permettre pareille dispute somme toute mineure.

Ses relations avec les autres religions relèvent du folklore, comme ce rassemblement surréaliste d'Assise, sa visite dans une synagogue et autres péripéties...

Faut-il mettre en reliëf ses liens troubles avec l'Opus Dei qui, depuis son évêché de Cracovie, n'a fait que le soutenir et financer ? L'histoire s'en chargera.

Sur le plan doctrinal, ce Pape si sympathique, n'innove en rien et, paradoxalement, confine sa pensée dans la tradition la plus conformiste. Nous sommes aux antipodes des analyses subtiles de son successeur.

Ce dernier, l'Allemand Joseph Ratzinger, Benoît XVI en religion, fin théologien, intellectuel réputé, a compris que ce n'est pas dans le bruit et la sono des rassemblements de jeunes que l’Église trouvera un second souffle, mais bien dans la pastorale et l'affirmation martelée de ses valeurs millénaires.

Il s'y est attelé avec courage, malgré l'ombre de Jean-Paul II, qui le rend un peu plus austère qu'il ne l'est. C'est avec des hommes comme lui que l’Église, intemporelle par essence, traversera les siècles des siècles.


Si Dieu le veut.

10:05 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean-paul ii bienheureux, rome, catholicisme, christianisme orthodoxe, pape |  Facebook |