17/05/2014

Soudan: une chrétienne condamnée à la pendaison

 

Meriam Yehya Ibrahim Ishag pictured on her wedding day with her husband

Meriam Ishag, le jour de son mariage

Bonjour, nous sommes le dix-sept mai de l'an de grâce deux mille quatorze, jour de la Saint Tropez et de la Bienheureuse Antonina Mesina, vierge et martyre.
Au Soudan, une jeune chrétienne de vingt-sept ans, Meriam Ishag, mère d'un bambin de neuf mois et enceinte, est condamnée à être pendue pour « apostasie ». Les autorités musulmanes l'accusent d'avoir renié l'islam pour épouser son mari chrétien. Elle dit n'avoir jamais été musulmane et n'avoir rien renié du tout.
Le Soudan est ce pays au sud de l'Egypte, musulman wahhabite à quatre-vingt dix-neuf pour cent. Il est dirigé par une camarilla de militaires corrompus par les Américains, les Chinois, les Européens et le diable en personne pour leur permettre d'exploiter son sous-sol. Le wahhabisme est une interprétation du Coran apparue dans les sables du déserts arabique au XVIIIem siècle. A ce point fondamentale et rétrograde que les docteurs de l'université Al Ahzar au Caire se gaussèrent de ces péquenots incultes même pas capables de lire correctement un texte. Hélas, l'Arabie, devenue saoudite, regorge de pétrole et du fric qui va avec. Et comme les princes de cette tribu ont leurs frasques à se faire pardonner, ils versent de généreuses contributions aux imams afin qu'ils la ferment. Grâce à « La ligue islamique  mondiale », le wahhabisme construit des mosquées un peu partout dans le monde, y compris au coin de votre rue, brave gens. Et envoie des imams dire aux fidèles que les femmes doivent se voiler et ne pas sortir seule dans la rue. Il y a en Bosnie, en Albanie et en Afrique des maris qui sont payés pour que leur femme porte au moins le hidjab. Le wahhabisme n'a été reconnu musulman qu'en 1932. De nos jours, il est la vitrine d'un islam réducteur, fanatique et persécuteur.
Meriam Ishag sera pendue, sans doute après son accouchement. Les chrétiens n'ont plus rien à faire dans ces pays de sauvages où des dégénérés pansus donnent des gages à un peuple affamé. En France, ils sont tout juste tolérés chez eux, entre leurs murs, surtout pas dans la rue que tient, haut le pavé, la crème du laïcisme militant. Ce sont les héritiers de ceux qui guillotinèrent les prêtres autrefois et les fusillèrent durant la Commune.
Il y a ce film qui sort cette semaine. « Cristeros », qu'ils s'appelle. Il raconte l'histoire de paysans mexicains, excédés par les persécutions anticatholiques des révolutionnaires et qui prennent les armes.
De quoi nous donner des idées.

FvD

Mexique, prêtre fusillé.

08:56 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : religion, islam, christianisme, soudan, persécution religieuse, wahhabisme |  Facebook |

04/05/2014

Reza Azlan et son "Zélote" de Jésus

Reza Aslan durante festival de livro em Edimburgo, em 2005 (foto: Pascal Saez/Associated Press)

Monsieur Reza Aslan

Monsieur Reza Aslan est citoyen des Etats-Unis, professeur de « creative writing »1 dans une université de Californie, c'est un homme cultive, posé, sympathique et très calme quand une journaliste inculte, Lauren Green2, lui demande sur Fox News comment un musulman « ose » écrire sur Jésus.
C'est que monsieur Aslan, d'origine iranienne et musulman chiite, comme son patronyme l'indique, est, depuis vingt ans, passionné par le personnage Jésus. Le christianisme est la religion de sa femme (à qui il dédie fort élégamment son opus) et sa propre mère s'est convertie au christianisme. Reza Aslan, à travers les Évangiles, le Nouveau-Testament et les écrits des premiers temps a tenté de reconstituer le « Jésus historique », l'homme qui est au départ du christianisme, soit du « Jésus-Christ ». La tâche n'est pas aisée, il en convient lui-même dans l'introduction : reproduire le Jésus historique, c'est reproduire un puzzle dont la majorité des pièces a disparu. Avant lui, d'autres, comme Ernest Renan s'y étaient attelé avec plus ou moins de succès. Le résultat c'est « Le Zélote » (éditions Les Arènes), livre dans lequel Reza Aslan dépeint Jésus comme un meneur juif, opposé aux prébendes et passe-droit des prêtres et lévites du Temple de Jérusalem, un défenseur des opprimés qui dénonce la main-mise du clergé sur le peuple et sa collaboration avec l'occupant romain et veut restaurer le « royaume de Dieu » qui, contrairement à l'Evangile, est bien de ce monde.
Pour étayer sa thèse, monsieur Aslan, décortique les textes du Nouveau Testament un à un, il fait longuement appel à Flavius Josèphe, le témoin juif (hellénisé) du premier siècle et aux Pères de l'Eglise. Le Jésus qui apparaît à travers ses lignes est bien ancré dans le monde juif d'une époque trouble, marquée par l'occupation romaine, les conflits entre prêcheurs itinérants, dont Jésus, et les autorités du Temple de Jérusalem.

Pour monsieur Aslan, Jésus est avant tout juif. Il n'est pas venu pour abolir la Loi de Moïse, mais l'accomplir, ce qui est aussi rapporté par l'Evangile, il veut mettre à bas le monopole du clergé sur l'administration du Temple, réconcilier tous les juifs vivants en Palestine (cfr. Les Samaritains), chasser les collaborateurs des Romains, les Hérode et autres nantis dégénérés pour instaurer, non pas un royaume, mais une théocratie. Le portrait qu'il trace de Jésus est celui d'un homme animé d'une foi passionnée qui le porte à toutes les outrances, violentes souvent, pour dénoncer le pouvoir des prêtres. Ce qui le conduira à la mort. Jésus n'a jamais songé à fonder une religion nouvelle, ouverte à tous et même aux païens, son apostolat met l'accent (comme celui de Jean le Baptiste) sur la repentance et le retour aux sources mêmes de la foi, qui sont, toutes, juives.
Son livre est intéressant, bien écrit, plus à la manière d'un roman que d'un essai, documenté et sans parti-pris. Il nous éclaire sur des personnages que nous connaissons moins, comme Jacques, le « frère de Jésus », dont nous apprenons qu'il était de facto le premier « pape » de la chrétienté. Sur l'apôtre Paul, ce Romain naturalisé, parlant grec et latin, pas vraiment en odeur de sainteté à Jérusalem et qui sera , lui, le véritable promoteur du christianisme universel chez les gréco-romains et le père de ce qui allait s'imposer comme la religion de l'empire.
Tout cela était bien connu avant monsieur Aslan. Que nous ne sachions pas grand chose de Jésus, le Galiléen, ne changera rien au christianisme. Que nous importe de subodorer que Jésus n'est pas né à Bethléem (fort probable), qu'il avait des frères et des sœurs, qu'il ne parlait pas hébreu et baragouinait mal le grec, qu'il était peut-être marié, qu'il n'a sans doute jamais comparu devant Ponce Pilate (qui avait d'autres chats à fouetter que d'écouter un prêcheur illuminé), toutes ces interrogations ne changeront pas d'un iota le christianisme qui fait de Jésus le Christ, l'incarnation de Dieu qui a pris sur lui les péchés du monde et les a rédimés par son sacrifice sur la croix. C'est ça le christianisme et non pas la personne d'un Galiléen, disciple de Jean-le Baptiste, qui a repris le flambeau après l'exécution de ce dernier. Les silences des Évangiles, le parti-pris des Actes des Apôtres, l'absence de témoignages divers et variés de cette époque sont des vides historiques mais n'influent guère sur la foi. La foi et l'Histoire font deux.
Le Jésus de monsieur Aslan est un personnage attachant mais réduit à la Palestine et au judaïsme. Il est le messie des juifs, pas le Sauveur de toutes les âmes, pas le «  Dieu, né de Dieu, Lumière, né de la Lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu » (Credo de Nicée).
Faut-il avec Saint Paul rappeler que :
Et si le Christ n'est pas ressuscité, notre message est sans objet, et votre foi est sans objet (1Corinthiens, 14) ?
N'empêche, le livre de monsieur Aslan vaut la peine d'être lu. Pour reprendre la quatrième de couverture :
Si vous êtes croyant, vous ne perdrez pas la foi. Mais vous apprendrez beaucoup. Si vous êtes athée, vous ne serez pas touché par la grâce, mais vous percerez les secrets d'une histoire millénaire. (Los Angeles Times)

FvD

1 Il est docteur en sociologie.

 

2 Voir : https://www.youtube.com/watch?v=Jt1cOnNrY5s

21/04/2014

Christianisme et violence

jésus-marchands.jpg

 

Le christianisme est aussi révolutionnaire que l’islam et même plus violent dans son énoncé.
Difficile à croire ?
Imaginez qu’une secte religieuse se développe dans nos banlieues. Qu’elle adore comme dieu un inconnu guillotiné voici cinquante ans. Qu’elle déclare qu’il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille que pour un riche aller au paradis. Qu’elle maudisse les riches et les prêtres et les théologiens. Qu’elle voue les classes dirigeantes et leurs obligés, les bourgeois et nantis, aux gémonies. Qu’elle fasse passer les pauvres, les immigrés, les déshérités avant tout le monde et proclame haut et fort que les derniers seront Les premiers. Qu’elle instaure la chasteté comme règle et le mariage comme remède contre la concupiscence.
Vous diriez quoi ?
Ce que Tacite disait de cette « secte juive » : abominable !
Prenons cette injonction incroyable du Nouveau Testament : « Qui ne hait pas et son père et sa mère et ses frères et ses sœurs… celui-là n’est pas digne d’être mon disciple".
Autre passage : « Je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive ».
Que penser de ça ?
Jésus vient pour « accomplir » la loi mosaïque. Il le dira plusieurs fois. Ce qui importe, ce n’est pas la Loi, ce qui importe c’est le salut. Le salut passe-t-il par l’observance stricte de la Loi ? Non ! C’est ce qui est dans le cœur qui importe. La quintessence de la Loi est de ne plus être Loi, de se dissoudre dans le cœur de l’adepte. Croire ce n’est pas observer la Loi. Le Centurion romain n’était pas juif, la samaritaine l’était si peu. La loi est le rideau, le christianisme la scène que dévoile le rideau quand les trois coups retentissent.
Pour aimer, il faut savoir haïr. Aimer-haïr sont comme le Ying et la Yang. L’un et l’autre. L’autre et l’un. Haïr son père et sa mère c’est haïr son habit social, son apparence, son identité imposée, il faut mourir à cette identité, dénier l’autre pour renaître à l’Autre, rejeter le réel pour le Réel. Et pour tuer son identité héritée il faut le glaive et non pas la Loi, et user du glaive ce n’est pas la paix, c’est la guerre (djihad). User du glaive pour tuer en nous tout ce qui est facile, reconnaissable, rassurant. Jésus ne nous appelle pas à l’assurance ni à la stabilité, il nous demande de nous dépouiller de la peau du « vieil homme » et ce dépouillement est violent et douloureux. Comme un enfantement qui fait du croyant ce enfant promis pour le Royaume.
La théologie chrétienne ira encore beaucoup plus loin dans cette exploration de la violence. En déifiant Jésus elle opère une narration psychologique dé-constructive. Au sacrifice avorté d’Isaac, fils d’Abraham, elle substitue le sacrifice du fils de Dieu lequel inaugure un nouveau temps traumatique. Le traumatisme initial, celui de la faute originelle, est effacé dans le sang de la croix qui devient nouvelle référence et nouveau témoignage. Le christianisme n’est pas – à la différence de religions pré-chrétiennes – une sagesse, c’est une croyance en Christ, individu mortel et temporel. La temporalité du Christ-homme s’identifie à l’éternité du Christ-Dieu. Temps et Eternité se rencontrent en sa personne. Et c’est là, précisément que l’on peut dire que le christianisme est une religion d’amour. En amour l’objet fini et temporel vaut plus que tout et la conversion est un événement temporel qui change l’éternité. La conversion authentique permet à chacun de se recréer soi-même, c’est-à-dire de répéter cet acte et donc de changer les effets de l’éternité elle-même.
Changer le temps, c’est abolir ce qu’il y avait avant le « nouveau temps » et cette abolition se doit d’être totale : « Il n’y a plus de Grecs, de Romains, d’hommes ou de femmes… » comme le dira Paul. La perspective est éclairée par un temps-éternité nouveau, inconciliable pour les fantômes du temps-avant. Il n’y a plus de fantômes, il n’y a plus qu’une Présence éternelle qui contracte ce qui reste comme temps-éternité pour n’en faire qu’un Présent tant il est vrai que l’éternité n’est que par rapport au temps et vice-versa.
Christ n’est pas mort « in illo tempore », il ne cesse de mourir ni de ressusciter tout comme le chrétien ne cesse de témoigner.
C’est dans cette distorsion du temps que réside la violence du christianisme qui ainsi annihile la notion antique de l’Absolu et du relatif. Dans le christianisme l’Absolu devient relatif pour que le relatif devienne Absolu. Dès lors il y a implosion de l’un comme de l’autre.
Fragile Absolu !

 

08:40 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christianisme, christianisme et violence, théologie, religion |  Facebook |