21/08/2015

Qui est le Pape François ?

Complément d'Enquête, une émission sur France 2, pas particulièrement futée, avait pour thème hier, le Pape François pauvre, le Vatican riche. Rien que l'intitulé vous donne un aperçu du parti-pris de ces messieurs journaleux et dames journaleuses. Passez muscade.
Bref, ils expliquaient que le Pape est un brave type qui combat la pauvreté, dort dans un petit lit qu'il fait lui-même tout comme il cire ses chaussures. Qu'il n'aime pas l'apparat, les vêtements liturgiques somptueux et veut mettre au pas la Curie, cette bande de profiteurs qui, d'après ses détracteurs, vit dans le luxe le stupre, la fornication è tutti quanti.
L'émission revient longuement sur l'épisode de la junte argentine quand le Pape qui n'était encore que le R.P Bergoglio, provincial (supérieur) des Jésuites, fut accusé de ne pas avoir fait grand chose pour libérer deux de ses Jésuites emprisonnés par la junte militaire et soumis à un régime de détention plutôt inconfortable. Il y en a qui disent qu'ils furent dénoncés aux militaires par leur provincial lui-même, mais aucune preuve n'étaie leurs accusations. Par conséquent, il n'y a pas lieu, quand on est honnête, d'en remettre une couche, mais l'honnêteté intellectuelle et les journaleux de Complément d'Enquête, cela fait deux.
Pour comprendre Bergoglio, devenu Pape François, il ne faut surtout pas perdre de vue que homme est un Jésuite, le corps d'élite de l'Eglise catholique, qui est aussi un corps d'armée. Organisé sur le modèle militaire, l'ordre fondé par Ignace de Loyola, est dirigé par un général ni plus ni moins, on l'appelle aussi « Le pape noir ». Les novices Jésuites avant d'être reçus définitivement dans l'Ordre suivent un très long cursus. Près de quatorze ans d'études et de discipline stricte. Ils étudient la théologie et tout ce qu'un ecclésiastique lambda est censé connaître, mais, en plus, ils sont invités à acquérir des titres universitaires dans des matières diverses. Nous avons ainsi des Jésuites médecins, sociologues, mathématiciens, philologues, paléontologues, physiciens etc... Ordonnés, ils jurent soumission totale au Pape et déclarent être au service de l’Église sic cadaver (comme un cadavre). En clair, leur personnalité s'efface totalement devant les intérêts de l’Église.
Devenu Pape, Bergoglio a adopté le nom de François, associant ainsi le pauvre Saint François d'Assise et Saint François-Xavier, célèbre Jésuite, missionnaire et ami d'Ignace de Loyola.
Certains en ont déduit rapidement que le Pape s'inspirait surtout du Saint d'Assise, celui qui préférait prêcher les loups plutôt que ces bêtes féroces que sont les hommes. Ils se trompent, quand on est Jésuite, on le reste et pour ce faire on est rompu aux Exercices Spirituels que la règle impose à ses adeptes. Toute une gymnastique de l'esprit et de l'âme qu'ignore le profane.
Pape François est dans la droite ligne de l'action des Jésuites quand il place son pontificat dans l'action sociale, la dénonciation de l'argent roi, le soutien aux pauvres et le respect de leurs droits. C'est le terrain d'action des Bons Pères depuis qu'ils ont délaissé un peu l'enseignement. Il sait que ventre affamé n'a point d'oreilles et qu'il importe de nourrir le peuple avant de lui raconter quoi que ce soit. Et pour ce faire, il ne parle pas la bouche en cul de poule et nomme un chat, un chat. C'est un style nouveau et qui plaît. Il ne peut pas faire grand-chose sur le plan politique, il le sait, mais son prestige compense cette carence.
S'il bouscule certaines traditions, ne surtout pas s'imaginer qu'il va révolutionner l’Église en matière de famille et de sexualité. Sur le premier point, il semble qu'il soit favorable à une réinsertion des divorcés dans l'eucharistie (il peut s'inspirer de ce que font les orthodoxes en la matière). Mais ce sera bien tout. Sur le plan ecclésial, il ne serait pas opposé à l'ordination d'hommes mariés (ce qui est le cas dans l’Église orthodoxe et dans des Églises orientales rattachées à Rome). Quant au reste, il n'innove pas en déclarant qu'il n'a pas à juger les homosexuels, que Dieu seul est juge, mais delà à s'imaginer qu'il va favoriser leur mariage, c'est prendre ses désirs pour des réalités. Idem en matière de sexualité. L' Église, sous peine de se dédire, ne peut admettre la contraception, l'avortement et l'union libre. Elle n'est pas de ce monde elle n'a pas à le courtiser. Le rôle des femmes sera peut-être accru en matière de catéchèse, mais il n'y aura jamais de femmes prêtres chez les chrétiens ce serait hérétique.
Que le Pape nous invite à accueillir charitablement les migrants qui viennent sur notre sol, que voulez-vous ? c'est son rôle. Ce n'est pas à lui de dire le contraire ni même que charité bien ordonnée … mais bon, d'autres le font à sa place, dont votre humble mais dévoué serviteur. Le Pape n'est pas, n'est plus, un chef de guerre, il ne faut pas le regretter, à chacun sa place.
En résumé, un Pape qui fait ce que l' Évangile nous commande de faire : changer le monde, le parfaire en le rendant plus juste. Sa méthode peut choquer certains, enthousiasmer d'autres, peu importe si celle-ci conduit à un renouveau pastoral. Ce n'est pas gagné !
Ungern
Et in unam sanctam, catholicam et apostolicam ecclesiam. (Symbole de Nicée)
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03/08/2015

Vladimir Poutine, la Russie et la foi chrétienne

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Qui s'est proclamé « défenseur des chrétiens d'Orient » ? Vladimir Poutine. Qui invoque régulièrement le rôle fondateur du christianisme dans le développement de la Russie et de l'Europe ? Vladimir Poutine. A contrario, qui rabaisse le christianisme, le confine dans les catacombes de l'histoire quand il ne diffame pas ? La république française !
La France républicaine est compulsivement christianophobe. Cela ne date pas d'aujourd'hui et des déclarations crapuleuses d'un monsieur Bernard Cazeneuve 1 ou de Vincent Peillon, ex-ministre qui, dans un de ses opus, parle d'éradiquer le catholicisme car ennemi de la liberté.
La Révolution française a brutalement détruit le fondement même de la société : le Roi et Dieu. Depuis, la France républicaine, ivre d'orgueil, se complaît dans les poses provocatrices d'une part, le stupre et la fornication de l'autre. Après cela, ne pas s'étonner que de petits bonhommes noirs, venus de loin, petit-à-petit, prennent la place qui est la nôtre et, tant qu'à faire, nos filles et nos compagnes.
Un pays a une âme, cette dernière lui vient de ses traditions populaires, culturelles et religieuses. En Europe, la religion dominante est le christianisme. Si en Europe occidentale, cette foi est moins pratiquée, peu importe, elle a forgé la psyché des populations et son inconscient collectif. Si les Européens sont monogames, s'ils cultivent un certain sens de la solidarité 2, si la hiérarchie à caractère aristocratique3 fait encore florès, c'est dû à l'influence du christianisme lequel a transformé en son sein les vieilles croyances païennes de jadis. C'est en quoi le christianisme est universel : tous les archétypes antiques se retrouvent dans ses dogmes.
Les Russes, peuple attaché à ces valeurs, ne l'a jamais renié. Soixante-dix ans de communisme athée n'ont pas éradiqué la vieille foi qui aujourd'hui a retrouve – Dieu soit loué – la place qui était la sienne.
Lisez un extrait du discours de Vladimir Poutine, le 16 mars 2014 :
POUTINE 1.jpgUn autre défi important pour l’identité de la Russie est lié aux événements qui ont lieu dans le monde. Cela concerne les politiques étrangères et les valeurs morales. Nous pouvons voir comment beaucoup de pays euro-atlantiques sont en train de rejeter leurs racines, dont les valeurs chrétiennes, qui constituent la base de la civilisation occidentale.
Ils sont en train de renier les principes moraux et leur identité traditionnelle : nationale, culturelles, religieuse et même sexuelle. Ils mettent en place des politiques qui mettent à égalité des familles nombreuses avec des familles homoparentales, la Foi en Dieu est égale à la Foi en Satan.
Dans beaucoup de pays européens les gens sont embarrassés de parler de leur religion. Les jours de fête sont abolis ou appelés différemment : leur essence est cachée, tout comme leur fondement moral. Je suis convaincu que cela ouvre un chemin direct à la dégradation et au primitivisme, aboutissant à une profonde crise démographique et morale.
Quoi d’autre que la perte de la capacité à se reproduire pourrait être le meilleur témoignage de cette crise morale ?
Aujourd’hui presque toutes les nations développées ne sont plus capables de se reproduire par elles-mêmes, même avec l’aide des flux migratoires.
Sans les valeurs présentes dans la chrétienté et dans les autres religions du monde, sans les standards moraux qui se sont formés durant des millénaires, les gens perdront inévitablement leur dignité humaine.

Rien à ajouter à ce qui précède. C'est dit avec la force de la conviction. Aux antipodes des atermoiements de nos dirigeants qui opposent à la discipline de la foi une « liberté » de l'homme qui n'est qu'un mot autre et hypocrite, pour mieux définir sa soumission aux dogmes athées.
Poutine parle de dignité humaine. Le mot est lâché. La dignité de l'homme est d'assumer son destin de mortel, de tenir sa place au sein de son peuple, de sa race et d'honorer ses croyances. Rien de plus, rien de moins. C'est déjà énorme et tellement contraire à ce « politiquement correct » dont on nous rabat les oreilles jour et nuit. Il n'y a pas de relativisme moral. Il y a la morale tout court. Il n'y a pas d'éclectisme religieux, n'en déplaise au « new age » décadent », il y a une foi que l'on sert avec sincérité et modestie. La grandeur de l'homme est de se savoir mortel et périssable. C'est ainsi qu'il gagne et le panthéon et l'immortalité. Prométhée se croyait plus fort que les dieux, on sait comme s'est fracassé son orgueil insensé.
C'est ce non-sens provocateur qui perd l'Europe occidentale et nous pollue. Quand des Barbares nous envahissent nous sommes incapables de nous défendre. Nous discourrons autour des « droits de l'homme » - autant dire du sexe des anges – alors que nos frontières sont violées jour et nuit. Nous nous disputons à qui offrira le gîte et le couvert à des gens qu'il nous faudrait mettre en prison. Seulement voilà, des prisons, nous n'en avons même pas assez pour nos propres criminels, qui ne sont que des « victimes de la société » comme le prétend avec beaucoup d'arrogance madame Taubira, oiseau polychrome venu d'une Guyane qu'elle n'aurait jamais dû quitter. Si nous ne réagissons pas, vite et brutalement, à ce courant vicieux qui nous égare et entraîne dans un tourbillon mortel, nous n'aurons même plus des yeux pour pleurer.
Ils seront clos. Définitivement clos.
Ungern
Le passé est un prologue. (Shakespeare)
POUTINE 2.jpg

 

 

Evoquer les racines chrétiennes de la France, c’est faire une relecture historique frelatée qui a rendu la France peu à peu nauséabonde. (B. Cazeneuve)

2 Qui, dévié, donna naissance au socialisme.

3 «La nouvelle aristocratie issue des écoles de commerce » pouvait-on lire dans un magazine économique.

 

05/04/2015

Saintes Pâques à tous dans la joie du Christ ressuscité !

Icone du Christ ressuscité dans images sacrée icona

En ce dimanche de la Résurrection, nous vous souhaitons à tous Saintes Pâques dans la joie du Christ Ressuscité. "Il est ressuscité d'entre les morts, à ceux qui sont dans les tombeaux, il a donné la vie », comme le nous rappelle si admirablement l'hymne pascal orthodoxe.
Voyons d'un peu plus près, ce message que la Passion du Christ, vrai Dieu et vrai homme, a donné au monde.
Le christianisme est une religion, certes, dans la mesure où le message du Christ relie les croyants les uns aux autres, mais c'est la nature mystérieuse de ce lien qui nous interpelle tout particulièrement.
Au contraire de l'islam, le christianisme n'est pas un contrat entre le Créateur et Ses créatures. Le musulman (du moins dans l'islam sunnite), s'il respecte scrupuleusement les « cinq piliers », est assuré d'aller au Paradis, c'est promis et acté pratiquement devant notaire, par le prophète Muhammad.
Le judaïsme est moins clair. Le juif est tenu de réparer la faut originale d'Adam et Eve, il doit donc pratiquer « kitoun » (réparation) dans tous les actes de sa vie ; en buvant une tasse de thé, en mangeant, en se lavant, en satisfaisant ses besoins naturels etc... Il est soumis à 613 mitzvah (interdictions). Sur la symbolique du chiffre 613, je vous renvoie aux ouvrages spécialisés, retenons simplement que l'addition gématrique de 613 donne 100, qui le chiffre du divin. Et s'il a tout bon, si tout a été accompli conformément aux commandements et interdictions diverses, le juif ira-t-il au Paradis ? Rien n'est promis, la Torah est très discrète à tout ce qui touche l'au-delà et la récompense à venir, après tout : l' Eternel a donné, l'Eternel a repris, loué soit le Nom de l'Eternel. (Job. 1.21).
Le chrétien n'a plus à réparer puisque le sacrifice sanglant du Christ a rédimé notre originelle prévarication. Il n'est plus soumis aux interdits de l'ancien testament, il peut manger ce qu'il souhaite, ne doit même pas aller à la messe tous les dimanches, n'est pas astreint à des obligations alimentaires, mais à un commandement nouveau : Aimez-vous de l'amour dont je vous aimais, voilà mon commandement (Jean, 14,12,13. trad. Florence Delay et Alain Marchadour. La Bible, Bayard). Or le Christ, c'est Dieu incarné qui nous ordonne d'aimer nos prochains, y compris nos bourreaux ! comme lui-même nous aime ! Mission quasi impossible, immense appel à la sainteté … Le christianisme, ce n'est pas la religion du livre, fut-il saint, mais de la Parole, du Verbe fait chair. Pas évident, comme ça, à première vue … Ce commandement d'amour sans restriction, comment le mettre en pratique, nous qui sommes imparfaits, souillés par la prévarication de nos pères et âme fragile dans un corps mortel ? Ne nous faut-il pas, à notre tour et à l'imitation de notre Divin Sauveur, nous sacrifier  ?
Et, en plus, seule l'espérance est promise à celui qui a la foi et pratique la charité.
Il nous faudra donc opérer, au bout d'un chemin toujours de croix, une transfiguration, nous dépouiller de la «
 peau du vieil homme » et quitter ce corps putrescible pour revêtir celui, glorieux, qui était nôtre avant que tout se fit.
Que cela soit ainsi,
Et vite ...

Ungern

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