23/08/2011

DSK ou l'injure faite à la pauvre

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Quand au sortir d'une relation sexuelle, une femme présente une déchirure des ligaments de l'épaule et une lésion dans la région vaginale, il s'est passé quelque chose qui s'appelle violence.

C'est le rapport clinique de l'état physique de madame Diallo après sa rencontre avec Dominique Strauss-Kahn, le quatorze mai dernier.

Un juge français se serait posé, à raison, des questions.

Aux États-Unis, rien de pareil.

La procédure est strictement contradictoire, ce qui signifie que le procureur va rechercher des éléments lui permettant de conclure à la culpabilité du justiciable. L'avocat de la défense, lui, fera le contraire.

Le procureur est élu. Il doit, au bout de son mandat, pouvoir dire à ses électeurs : j'ai gagné (c'est le terme qui s'impose!) autant de procès, j'ai mis en taule autant d'accusés, accordez-moi à nouveau votre confiance. S'il estime que sa partie sera rude, qu'il risque de se faire désavouer, il préfère en rester là et abandonner les poursuites. En se disant qu'au civil la partie qui s'estime lésée l'emportera plus facilement. Pareil à Pilate, il s'en lave les mains !

Madame Diallo aurait mérité un procès. Si les faits s'étaient passés en France, c'est ce qui aurait eu lieu. Notre justice est ce qu'elle est, mais les procureurs ne doivent pas caresser dans le sens du poil des électeurs, et le président et les magistrats d'une Cour ou d'un Tribunal sont libres.

Un procès aux États-Unis, c'est le redoutable « cross examination », c'est-à-dire l'interrogatoire de l'accusé et du plaignant. Monsieur Strauss-Kahn aurait eu à répondre de sa réputation, de son étrange rapport envers les femmes, et surtout du pourquoi de l'état physique de madame Diallo après leur rencontre !

On aurait pu, alors, saisir la face cachée de cet homme...

Peut-être qu'à l'issue de cette confrontation les jurés auraient jugés qu'après tout Dieu seul sait ce qui s'était passé dans cette suite du Sofitel, et qu'ils auraient blanchi le Français. Mais elle aurait pu s'exprimer, elle, une immigrée africaine, sans la culture et le charisme de celui qu'elle accuse.

Le début de l'affaire nous a tous estomaqués ! Strauss-Kahn menotté, emprisonné et les Américains nous assurant que la justice chez eux, c'est comme ça : pas de différence entre les puissants et les sans grades. C'est vrai, mais avec un bémol que nous venons de pointer du doigt.

Reste le procès civil qui se déroulera dans un an ou deux et où madame Diallo peut placer tous ses espoirs.

Quant à monsieur Strauss-Kahn, il a déclaré vouloir revenir en France (où l'attend la plainte de Tristane Banon...).

Qu'il le fasse et jouisse d'un repos... mal mérité !

21:22 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dsk à new-york, nafissatou diallo, dsk blanchi, sofitel, international, justice |  Facebook |

17/08/2011

Coco Chanel espionne, DSK et les autres

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Coco Chanel espionne allemande ! A la place des Allemands nous aurions quand même hésité, Coco c'est bon pour les perroquets, pas étonnant qu'ils aient perdu la guerre avec pareilles recrues. Et antisémite en plus ! Là aussi, aucune originalité, l’antisémitisme , avant guerre, était une opinion comme une autre, pas vraiment une découverte.

Et puis, entre nous, Coco Chanel nazie ou pas, on s'en fout, on préfère, et de loin, les femmes en n° 5. Vous aussi, non ?

DSK a d'autres soucis, le rapport médical de Nafissatou Diallo vient d'être révélé. Les médecins, après examen des traumatismes de la femme de chambre, concluent qu'elles sont dues à un viol. Voyez : http://www.lexpress.fr/actualite/rapport-medical-de-nafissatou-diallo-cause-des-blessures-viol_1021095.html 

Ce qui nous sidère dans cette affaire c'est que tout le monde au parti socialiste savait que le bonhomme avait comme une addiction dans l'entre jambes . Et tout le monde s'est tu, et beaucoup s'obstinent encore à le qualifier de « séducteur » . Quand nous parlons des sophistes au pouvoir, ce n'est pas une figure de style...

Angela Merkel et Sarkozy se sont donc vus, parlés et congratulés. Ils ont pris des tas de bonnes résolutions, à commencer par assurer le monde entier et surtout celui de la finance que tout ce qu'ils disent est sérieux, pesé et pérenne. Ils ont évoqué une gouvernance économique commune. C'est très bien, c'est même logique à partir du moment où l'on a une seule monnaie. Le problème c'est que les États, sur papier, sont encore souverains et que théoriquement et constitutionnellement ces derniers ne sont absolument pas tenus d'abdiquer leur souveraineté en matière économique. De plus le bon peuple que l'on fait voter, il s'imagine encore que le ministre des finances a du pouvoir, alors que ce dernier est entre les mains de messieurs dont il ne connaît ni le nom ni la nationalité. Tout cela est très complexe, très ardu, on se demande si Angela et Nicolas y comprennent quelque chose eux-mêmes.

En attendant les marchés apprécieront.

Coco Chanel, DSK, Angela et Nicolas, vous pourriez vous demander où est le rapport ?

Précisément dans ce spectacle qu'est devenu la politique, spectacle destiné non pas à vous gouverner, d'autres s'en chargent, mais à vous distraire. Une Coco antisémite et un DSK « violeur » rendent Angela et Nicolas autrement plus posés et dignes de la confiance du bon peuple.

Ce qu'il fallait démontrer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

01/08/2011

DSK, les noirs et les africains de New-York

Autour de Nafissatou Diallo, les divisions des Noirs de New York

Conférence de presse à Harlem rassemblant diverses organisations de soutien à Nafissatou Diallo, dimanche 10 juillet, à l'initiative du sénateur Bill Perkins (Cécile Grégoriades).

 

(De New York) Douze ans avant l'agression présumée de Nafissatou Diallo par DSK, le meurtre d'un Guinéen en 1999 a cristallisé les rivalités entre Africains et Afro-américains. Nous sommes en avril 1999. L'Amérique noire pleure la mort d'Amadou Diallo, un immigré guinéen abattu de 41 balles le 4 février par quatre policiers blancs dans le hall d'entrée de son bâtiment du Bronx. Il n'était pas armé, laissant croire à un crime racial.

Le révérend Al Sharpton, figure du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis, organise une tournée à travers l'Amérique afin de sensibiliser le pays sur la violence policière contre les Noirs. A ses côtés, la mère d'Amadou Diallo, Kadi, venue de Guinée avec son mari pour voir le corps de leur fils.

Deux visions profondément différentes des Etats-Unis

La deuxième étape du voyage, à Chicago, marque le début de la fin de la relation entre le pasteur afro-américain et la Guinéenne. A l'origine du refroidissement : l'impression grandissante chez Kadi Diallo que Sharpton l'instrumentalise. Ce dernier lui a payé une chambre d'hôtel à New York et lui a offert sur un plateau une « dream team » d'avocats pour l'aider à obtenir des dédommagements financiers de la part de la ville.

Le New York Times, qui a consacré à la mère un long portrait en 2000, suggère que le pasteur l'a transformée malgré elle en figure de la lutte contre les injustices raciales alors qu'elle était venue aux Etats-Unis rapatrier le corps de son fils.

Aussi, poursuit le Times, ils auraient eu un désaccord plus profond sur leur vision de l'Amérique. Kadi Diallo se serait lassée de la rhétorique agressive déployée par Sharpton et son mentor Jesse Jackson contre les Etats-Unis. Ce dernier a dit à propos de la tragédie que « la saison de chasse aux Noirs [était] ouverte ». Propos que Kadi Diallo considérait comme exagérés, car trop éloignés de la réalité que connaissait son fils.

« Non ! [Amadou] était au bon endroit », aurait-elle rétorqué à un militant noir qui lui a dit que son enfant « n'était pas au bon endroit au bon moment » « Il était heureux aux Etats-Unis » a renchérit un oncle.

Après cette étape chicagoane, Kadi Diallo limite ses contacts avec Al Sharpton. Les divergences de fond avaient pris le dessus.

Douze ans plus tard, Nafissatou Diallo

Les spécialistes de la communauté noire américaine voient dans cet épisode la cristallisation de deux perspectives : la vision afro-américaine d'une Amérique fondée sur la lutte des races d'un côté, et de l'autre, celle de l'immigré africain venu aux Etats-Unis en quête d'opportunités.

Douze ans après la mort d'Amadou Diallo, ces deux perspectives se rencontrent à nouveau à New York, autour d'un autre enfant de Guinée, Nafissatou Diallo, victime présumée de tentative de viol par Dominique Strauss-Kahn.

Le 10 juillet, une coalition de leaders africains et afro-américains a organisé une conférence de presse à Harlem pour demander au procureur de Manhattan, Cyrus Vance Jr, de ne pas abandonner les charges contre le Français.

« On ne veut pas que les autres nous utilisent »

Dans cette coalition, rassemblée à l'appel du charismatique sénateur noir Bill Perkins, on trouvait des responsables politiques, associatifs et religieux afro-américains. Côté africain, Miss Guinée USA et d'autres représentants de la communauté guinéenne avaient fait le déplacement. De même que l'imam francophone d'Harlem, Souleymane Konaté, et des membres l'Association des Sénégalais d'Amérique (ASA).

Le sénateur de New York représentant le quartier de Harlem, Bill Perkins, s'exprime en soutien à Nafissatou Diallo à l'occasion d'une conférence de presse dimanche 10 juillet (Cécile Grégoriades).

 

Derrière ce front uni se cachent des rapports complexes, modelés par la tradition, la religion et des rapports différents à l'homme blanc. Témoin de cette complexité, un des participants africains contacté par téléphone quelques jours plus tard, a confié ses craintes par rapport à l'initiative de Bill Perkins : « On ne veut pas que les autres nous utilisent. » Lointain écho aux craintes de Kadi Diallo douze ans plus tôt.

Ces différends n'ont pas toujours existé. Au XVIIIe siècle, à New York, descendants d'immigrés africains et nouveaux migrants venus aux Etats-Unis par les routes de l'esclavage partageaient les mêmes quartiers, les mêmes lieux de socialisation et étaient enterrés dans les mêmes cimetières. Malgré eux, l'esclavage définissait leur identité.

Entre Afro-Américains et Africains, un fossé

Selon Mamadou Diouf, professeur d'histoire de l'Afrique de l'ouest à l'université Columbia, le fossé entre les deux communautés s'est creusé avec l'arrivée dans les années 80 d'une nouvelle vague d'immigration africaine. La communauté a grandi. Ses aspirations ont changé. Les différences se sont accentuées :

« En Afrique, le monde blanc n'existe pas alors que l'Afro-Américain a été formaté par le discours raciste. Cela aboutit à des incompréhensions énormes. Les Afro-Américains considèrent que les Africains se compromettent avec les Blancs, tandis que les Africains considèrent les Afro-américains comme peu ouverts. »

Il continue :

« De plus en plus, les Africains ont adopté la logique du migrant aux dépens de celle de la race. Ils pensent que l'Amérique offre une opportunité : Si on investit dans sa famille et l'éducation, on peut s'en sortir. C'est la démarche typique du migrant. Chez les Africains, cela est devenu la vision dominante. »

Quand l'affaire Amadou Diallo a éclaté en février 1999, les Guinéens de New York ont été les premiers à avertir Al Sharpton, au lendemain de la tragédie. Ils ont pris part aux nombreuses manifestations qui ont suivi la mort du Guinéen. Mais le leadership des Afro-américains dans ces mobilisations ultra-médiatiques a été mal vécu.

Dans un article du Columbia Spectator daté de 2000 sur les Noirs du Bronx, une restauratrice ghanéenne commentait :

« Les Afro-Américains ont été les premiers à se manifester mais ça aurait du être nous – Amadou Diallo était l'un des nôtres. »

Des dissensions qui persistent autour de Nafissatou Diallo

Nafissatou Diallo en conférence de presse à Brooklyn, le 28 juillet 2011 (Shannon Stapleton/Reuters).

La persistance de tensions sourdes entre les deux communautés pose la question de la solidité de la mobilisation actuelle derrière la femme de chambre. Mobilisation dont les acteurs se sont affichés à ses côtés jeudi lors de sa première conférence de presse, dans une église de Brooklyn.

Souleymane Diallo, directeur de l'union pour le développement du Fouta Djallon, association guinéenne du Bronx, l'affirme :

« L'union avec les Noirs d'Amérique est une force. Nous n'aurions jamais pu faire tout cela sans eux. »

Mais tout le monde n'est pas d'accord. Souleymane Konaté, imam ivoirien d'Harlem membre de la coalition pro-Nafissatou, a laissé entendre que les Africains de New York pourraient organiser leur propre manifestation de soutien pour éviter tout risque de récupération : « Quand les Africains marcheront sur la City, on les entendra. »

Photos : conférence de presse à Harlem rassemblant diverses organisations de soutien à Nafissatou Diallo, dimanche 10 juillet, à l'initiative du sénateur Bill Perkins (Cécile Grégoriades) ; le sénateur de New York représentant le quartier de Harlem, Bill Perkins, s'exprime en soutien à Nafissatou Diallo à l'occasion d'une conférence de presse dimanche 10 juillet (Cécile Grégoriades) ; Nafissatou Diallo en conférence de presse à Brooklyn, le 28 juillet 2011 (Shannon Stapleton/Reuters) ;