30/08/2014

Ukraine : Et maintenant ?

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Résumé des chapitres précédents :

1/ Une « révolution » d’un orange douteux, fortement inspirée, soutenue, subventionnée et instrumentalisée par l’Occident, chasse le président régulièrement élu mais indiscutablement impopulaire. Une des premières décisions du gouvernement issu de l’émeute est de retirer au russe son statut de deuxième langue officielle de l’Ukraine. Avantage à l’Occident.
2/ Les régions géographiquement, historiquement, culturellement, économiquement, ethniquement et politiquement les plus proches de la Russie se soulèvent contre les nouveaux oligarques de Kiev. Les séparatistes du Donbass, encouragés, soutenus, armés par Moscou, contestent la légitimité et récusent l’autorité du gouvernement de Kiev Ils prennent le contrôle des oblasts de Louhansk, Slaviansk et Donetsk. Avantage à la Russie.
3/ Après avoir hésité, tergiversé, procrastiné, le nouveau président ukrainien, élu dans des conditions d’une opacité chocolatière, décide de régler la question par la force. L’Ukraine, financièrement exsangue et affectivement divisée, lance pourtant l’assaut contre la « République populaire du Donbass ». L’armée ukrainienne, ressurgie du néant, met en difficulté puis en déroute les sécessionnistes. La liquidation de l’insurrection pro-russe semble n’être plus qu’une question d’heures. La Russie, méprisée, sanctionnée, mise à l’index, injuriée, calomniée par les gouvernements et les médias occidentaux, est fermement invitée à ne pas se mêler des affaires du pays voisin, qui sont l’affaire de Washington, de Bruxelles, de Varsovie et de Paris. Avantage à l’Occident.
4/ Comme on pouvait aisément le prévoir, Vladimir Poutine ne se résigne pas à laisser succomber, l’arme au pied, ceux qui se réclament de l’éternelle Russie et le supplient d’intervenir. L’intervention russe renverse le cours des événements et les forces loyalistes, stoppées, contrées, puis encerclées, prises au piège, sont menacées d’anéantissement. Avantage à la Russie.
5/ L’Ukraine, riveraine, comme chacun sait, des rives de l’Atlantique, sollicite son admission dans l’OTAN ! L’Union européenne et les Etats-Unis annoncent de nouvelles mesures de représailles contre la Russie. Là où il était possible et souhaitable de décentraliser, de fédéraliser, de finlandiser un pays dont l’unité nationale est une fiction, on a laissé les affrontements dégénérer en guerre fratricide puis on a internationalisé un conflit qui n’en méritait pas tant. Alors que les métastases du fondamentalisme islamiste s’étendent à l’ensemble du Proche et du Moyen-Orient, les aveugles et les somnambules dont nous dépendons pour notre malheur sont en train de créer, cent ans après Sarajevo, les conditions d’une troisième guerre mondiale.

Dominique Jamet

Ecrivain et journaliste

source: Boulevard Voltaire

 

08:47 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ukraine, russie, euorpe, otan, pourtine, donetsk, guerre mondiale, internatinal |  Facebook |

13/06/2014

L’antiracisme nous impose un monde atroce…

Jean-Marie Le Pen s’est encore illustré ce week-end par un nouveau “bon mot” dont il nie a posteriori toute connotation antisémite. Il est de bonne foi, selon vous ?
Écoutez, je vais sans doute vous surprendre, et je sais bien que je vais là contre le flot grondant, au risque de me faire emporter par lui moi aussi, mais je ne serais pas du tout étonné qu’il soit de bonne foi, oui. Pour l’immense majorité des Français le mot fournée n’évoque pas du tout les fours crématoires, et pas même les fours, malgré l’étymologie. On songe plutôt à un regroupement pour la commodité : une fournée dans l’ordre de la Légion d’honneur, le pape a fait une fournée de cardinaux. Jean-Marie Le Pen s’exprime beaucoup, on peut difficilement lui interdire d’employer le mot fournée, qui est très courant en français dans le sens que je viens d’évoquer. Il serait antisémite en l’occurrence, parce qu’il venait juste après le nom de Patrick Bruel. Oui, mais juste avant il était question de Yannick Noah, qui n’est pas juif. Ces messieurs ne sont pas contents des succès du Front national, qu’ils s’en aillent, regroupons leur cas, ça fera une fournée — voilà ce que je comprends, et rien d’autre.
Mais peut-être suis-je influencé dans ma façon d’en juger par deux mésaventures qui me sont arrivées ces jours-ci. D’une part je suis couvert d’opprobre, à forte connotation homophobe, d’ailleurs, par un certain “bougnoulosophe”, c’est ainsi qu’il se nomme, en fait un vague sociologue belge nommé Jamal Es Samri. Je trouve toujours très ridicules ces antiracistes patentés qui, se contredisant eux-mêmes, ne parlent jamais qu’à partir de leurs origines. Et, poussé à bout, songeant à Cocteau et à ses poètes qui « chantent dans leur arbre généalogique », il m’est arrivé de demander au “bougnoulosophe” anonyme s’il lui arrivait jamais de « descendre de son arbre généalogique » — c’est-à-dire, dans mon esprit, de s’exprimer autrement qu’en tant que Marocain immigré en Belgique. Qu’est-ce que je n’avais pas dit ! Voilà qu’un researcher in international relations, Jean-Philippe Dedieu, m’apprend qu’il me dénonce à la police judiciaire ! Parler d’arbre, même généalogique, à un Africain, c’est le traiter de singe, paraît-il. Je vous jure mes grands dieux que rien n’était plus éloigné de mon esprit.
Autre exemple, encore plus vertigineux. Je mets en ligne, sur les dits réseaux sociaux, des œuvres musicales, des textes ou des tableaux que j’aime, ou que je trouve intéressants. Et je viens de me faire traiter d’antisémite parce que j’avais mis en ligne un bel autoportrait du peintre Bernard… Dufour !
Je me répète : l’antiracisme est un roi tout à fait légitime, de par ses origines, mais fou. Et à présent on ne subit plus que sa folie. Seulement on n’arrive pas à se débarrasser de lui, à cause de la légitimité de ses origines. Il nous impose un monde atroce sous prétexte qu’il est seul fondé à régner.
Pensez-vous que Marine Le Pen devrait définitivement “tuer le père” et lui demander de ne plus intervenir au nom du FN ?
Je pense que Marine Le Pen devrait renouveler son parti et l’élargir à tous ceux qui pensent que le plus grave, en France et en Europe, c’est la substitution ethnique et civilisationnelle en cours. Mais ça n’a rien à voir avec cet épisode.
NKM appelle à un changement de nom de l’UMP. Pensez-vous que ce soit prioritaire et suffisant ?
URM, Union des Remplacistes Mous, ça serait bien. Ou bien, si Nicolas Sarkozy revient, MCR, Mouvement Crypto-Remplaciste. Au cas où Alain Juppé l’emporterait, PACP, Parti des Amis du Changement de Peuple, me paraîtrait judicieux. Mais dans l’ensemble je dois avouer que le sort de l’UMP me préoccupe assez modérément…
La fin de la semaine dernière a été marquée par les commémorations du débarquement allié durant la Seconde Guerre mondiale. Bonne chose pour la France ou simple tapage médiatique ?
Pourquoi faut-il que nous ayons toujours honte de ce pays que nous aimons tant ? Pourquoi ne nous vaut-il que des humiliations ?

source: boulevard Voltaire

06/02/2014

Il faut brûler l'auberge

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Le changement, c'est le passage d'un état à un autre, en clair changer d'état. Une réforme est une modification non substantielle d'un état donné.
Hollande parlait du changement, Chirac de réformes, Sarkozy, lui, y allait de sa « rupture » qui est aussi un changement.
Pour donner un exemple concret, la réforme c'est accorder aux homosexuels un « pacte civil » leur accordant une sécurité juridique comparable à celle des hétérosexuels. Marier les homosexuels est un changement ; c'est une transformation radicale d'une facette de la société. Il en va de même pour l'avortement, changement radical et la contraception, réforme dans le cadre d'une société où la vie reste un tabou que l'on ne viole pas. Et il y a d'autres exemples : en politique, la révolution française ou la russe sont des changements, le PS qui succède à l'UMP, c'est une réforme d'une politique inscrite dans une matrice identique, si le Front National arrive au pouvoir, ce sera un changement.
Mais il n'y va pas seulement dans la psyché de nos politiciens d'un changement juridique ou technique, mais bien d'une volonté d'infléchir sur le devenir complet de la société française et européenne quitte à forcer leurs électeurs à les suivre. Ils veulent changer, non pas le mariage, mais la société dans son ensemble, non pas le rapport à la dette, mais la place de la dette dans la société, non pas la gestion de la culture, mais la vision de cette dernière et sa mission. Ils veulent changer la société, et de fond en comble encore.
Il suffit de lire les idéologues qui dans l'ombre du pouvoir, socialiste ou non, s'activent pour les influencer. Tous veulent la fin de ce qui reste de l'identité nationale, la France doit se fondre dans le moule européen présenté comme un futur inéluctable et cette même Europe s'inscrit dans un vaste projet mondial. La culture n'est plus « nationale », elle se doit d'être métissée, la musique « traditionnelle » est devenue folklorique, le vocabulaire lui même « s'enrichit » de mots immigrés, d'expressions empruntées aux ghettos noirs, arabes ou antillais. La musique est électronique comme cette dernière est universelle. La spiritualité est depuis pas mal de temps déjà un cocktail de croyances diverses que chacun peut mélanger dans un shaker à sa mesure.
Et nos idéologues de trouver cela très bon, l'avenir sera un melting pot à l'américaine où chacun trouvera ses repères propres sans méconnaître ceux des autres puisqu'ils sont issus d'une seule et même matrice. La paix sociale, raciale, culturelle, politique est, par la grâce de cette interpénétration, assurée.
Seulement voilà, cela marche peut-être dans quelques salons feutrés entre gens biens qui voyagent et parlent l'anglais d'aéroport. Mais le peuple, celui qui se lève le matin, prend le métro, va aux champs, veut faire un beau mariage à l'église du village et ne souhaite pas causer anglais ou moldo-slovaque, ce peuple là tient à ses racines. Et il y tient d'autant plus qu'il se rend compte confusément, sans pouvoir toujours l'exprimer que son environnement social et culturel est « sa » richesse, quelque chose qui lui est sien jusqu'au plus profond de ses pores. Quant au melting-pot américain, dans les faits, c'est une succession de ghettos, riches ou pauvres, blancs ou noirs, hispaniques ou juifs. Aux yeux de l'élite qui nous montre la voie, cela peut paraître grotesque et « ringard », mais c'est comme ça.
Voyez l'euroscepticisme qui monte, ce n'est pas seulement à cause de l'ineptie de l'Europe à juguler le chômage, mais tout simplement parce qu'un Français n'est pas un Danois qui n'est pas un Finlandais lequel n'est pas un Autrichien et ainsi de suite. Et l'identité n'est pas seulement nationale, un Flamand l'est avant d'être Belge, un Ecossais choisira peut-être de se séparer de l'Angleterre à l'instar d'un Catalan qui défend bec et ongle sa langue et ses traditions. Le Breton voudra-t-il faire de même ? Et la liste n'est pas close. Au fur et à mesure que « l'Europe se fait », les identités nationales et régionales se renforcent. Au fur et à mesure que l'Europe s'éloigne des gens ordinaires, ceux-ci se rattachent à leur identité. Pourquoi l'intégration de certains étrangers est-elle aussi difficile, voire impossible ? Parce que confrontés à la difficulté quotidienne, à des conditions de vie souvent dures, ces derniers se réfugient dans ce qui leur est propre et sécurisant comme la religion, les coutumes, les particularismes etc..
En résumé, voici une camarilla intellectuelle auto-proclamée qui s'arroge, à travers des politiciens coupés des réalités, le droit de changer la société tout simplement parce qu'ils l'ont imaginée autre et que ce serait très bon comme ça.
Et les institutions européennes étant ce qu'elles sont, le peuple n'a pas droit à la parole, lui qui se perd dans les méandres d'une administration où une chatte ne retrouverait pas ses petits.
Il ne faut pas sortir de l'auberge, chers amis...
Il faut la brûler !

FvD

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