26/08/2014

Hollande et Valls au-delà de nos espoirs

Lucien Rebatet (1903-1972)

Youssef l'a bien résumé : il change de ministres comme de femmes, qu'il a dit aux journalistes venus lui demander ce qu'il pense de cette farce. Youssef habite cette petite ville de la Loire qui a voté à la quasi unanimité pour François Hollande aux dernières présidentielles. Eh bien, il est déçu, le brave homme, il se demande même s'il ne va pas voter pour le Front National la prochaine fois, parce que l'abstention c'est improductif et qu'il faut bien « assumer ses responsabilités ». Voilà, le mot est dit : responsabilités. Youssef connaît la portée du mot, d'autres plus puissants que lui, non !
J'ai un faible pour Montebourg. Il parle bien, il a écrit un opuscule au moment des primaires socialistes où il exposait en termes clairs ses idées sur l'Europe, la finance, le déficit et le patriotisme économique. Il a claqué la porte du gouvernement, il a eu raison. Se positionne-t-il dans la mire de 2017, c'est possible, c'est son problème. L' homme a de l'allure, du panache, du brio, c'est à sa façon une espèce de condottiere ou de mousquetaire moderne, je lui prédis une carrière dont il ne dépend que de lui pour qu'elle soit brillante et originale, suffit qu'il le veuille et résiste à tous ceux qui voudraient l'obliger à changer de cap, ce qui ne sera pas facile et même dangereux.
En attendant, nous sommes toujours dans la mistoufle avec à la tête d'un Etat décrié des hommes de peu et des femmes de rien.
Mélanchon, tenez ! Il déclare que Hollande est pire que Sarkozy, c'est dire. Et dans une adresse à ses militants, il s'en prend à Israël et au lobby juif. Mélanchon est un républicain croyant et pratiquant, il se trompe de foi, tout le monde ne peut être clairvoyant, mais il a une foi, il ne se laisse pas dicter une politique par un groupe financier ou un lobby communautaire.
La seule solution qui restait à Hollande et consorts était la dissolution et le recours aux urnes. S'obstiner à imposer une politique qui fait le malheur des gens, ce n'est pas de l'entêtement, c'est de l'abus de pouvoir. Nous saurons dans quelques heures de quoi sera fait le nouveau gouvernement de cette vieille république usée comme une catin au bout du trottoir. Il n'y aura pas de surprises, ce seront les mêmes avec d'autres oripeaux, d'autres patronymes mais les mêmes ambitions personnelles fardées sous des discours convenus et rabâchés.
Dans un commentaire, un lecteur citait fort pertinemment Lucien Rebatet :

Lorsqu'il s'agit d'étaler sa déliquescence, ce régime ne déçoit jamais. Il devance même toujours nos espoirs. (Les Décombres. Gallimard)

FvD

19/08/2014

Israël, Gaza et le lobby juif

 

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En visite à Liège, (en Belgique), le président Hollande parlant de Gaza a utilisé le mot « massacre » pour qualifier les raids de l'armée et l'aviation sioniste. Colère du lobby juif français ; monsieur Cukierman, son président, adresse aussi sec une lettre dénonçant le caractère outrancier du premier magistrat de France. Ils se se croit où, ce monsieur ? Quelque part en Cisjordanie où ses coreligionnaires dictent leur loi d'airain a des populations martyrisées ? Faut-il lui rappeler que nous sommes en France soixante millions, dont six-cent mille juifs et qu'il représente à peine un sixième de ces derniers, soit trois fois rien. Et de brandir une menace lourde de sens : si ça continue, les juifs de France foutront tous le camp en Israël. Tremblons, braves gens !
L'outrance, elle est sans doute aucun dans le camp des juifs, champions toute catégorie de la « chutzpah » et de l'art de travestir la réalité en l'affublant d'une kippa.
Les fait sont là, nus dans leur criante vérité. Gaza est, depuis sept ans, une prison à ciel ouvert où les juifs massacrent en toute impunité. Les nazis n'ont jamais fait pareil, c'est du moins ce qu'affirme dans un discours un chef d'Etat, le président de la Turquie, Recep Erdogan.
Toujours dans le registre de la chutzpah, monsieur Cukierman parle de « lourds nuages qui s'amoncellent sur la communauté juive à cause de l'importation du conflit en France » qui réveillent l'antisémitisme dormant de la société française.
Nous nous souvenons, nous, d'un temps où Israël suscitait une sympathie générale. C'était avant 1967. Voilà un petit pays qui se défendait bec et ongle contre un ennemi qui déniait son existence, un petit pays peuplé de gens courageux, hommes et femmes compris, tous armés d'une main et labourant la terre de l'autre, vivant dans des kibboutz et ne demandant qu'une chose, la paix !

Mais ça, c'était avant. Depuis, les religieux, qui jusque là ignoraient Israël, ont pris du poil de la bête et les juifs sont sortis de leurs kibboutz. Au lieu de négocier avec les vaincus de 1967 en leur proposant la paix des braves, les sionistes ont aussitôt repris l'offensive, colonisant sans vergogne alors que leurs rabbins parlaient d'un pays qui s'étendrait «  de la mer (méditerranée) jusqu’au fleuve (l'Euphrate) ». Ne pas s'étonner donc que ce qui était sympathique il y a cinquante ans soit aujourd'hui répulsif et dégoûtant !
Comme l'est ce récurrent chantage à l'antisémitisme chaque fois qu'Israël est critiqué. La ficelle est grosse, messieurs du lobby, cela ne prend plus !
Le chanteur Gilbert Montagné (vous connaissez ? ) est aveugle, ce qui n'est pas une raison pour ne pas voir clair. Il vient d'annoncer son « alya », son retour en Israël où il s'installe. Il l'a fait en direct depuis un concert à Tel-Aviv (des concerts en France, il n'en fait plus beaucoup), ça c'est du scoop en live ! Il dit que l'armée sioniste est celle de la justice et de la bonté. Il n'a jamais brillé par ses qualités intellectuelles, le Gilbert. Comme chanteur, nous ne jugerons pas, c'est une question de goût.
De toutes façons, ce n'est pas une grande perte pour la culture française.

FvD

08:34 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaza, palestine, israel, sionisme, lobby juif, judaisme, france, moyen-orient, international |  Facebook |

17/08/2014

France: 85 % des Français désapprouvent le gouvernement !

 

Manuel Valls François Hollande

France, rien ne va plus. Chômage en hausse, économie en berne, opinion publique désabusée. Le Journal du dimanche publie un sondage d'où il appert qu'à peine 15% des Français font encore confiance au tandem Hollande-Valls. Un record en la matière !
Et rien ne changera ! C'est ce qu'affirme, péremptoire comme à l'habitude, le premier ministre. De la part de cet monsieur, à la dégaine d'adjudant-chef, ce n'est pas étonnant, il est têtu, obstiné et ne brille pas par ses états d'âme, ni par la finesse de ses analyses. Quant au premier magistrat de la république, pas besoin d'être devin pour savoir ce qu'il fera: ce qu'il a toujours fait, temporiser, calmer les uns, promettre aux autres, esquiver, feinter, blaguer un coup et vogue la galère. La France, c'est comme le dernier de la classe qui se trouve des excuses, incrimine le prof, les programmes scolaires et prétend mordicus que sa manière de voir et faire est la seule qui soit. Le problème en l'occurrence, c'est que les mauvais points, ce n'est pas lui qui en pâtit, mais le citoyen lambda.
De deux choses l'une.
Le mondialisme libéraliste étant ce qu'il est, la France s'aligne dans la compétition avec les mêmes armes que ses concurrents. Ce qui signifie flexibilité du travail, réduction drastiques des charges qui pèsent sur les entreprises et des contraintes réglementaires diverses et complexes qui freinent leur développement. Ce qui ne se fera pas sans troubles sociaux, grèves et crises gouvernementales. Au final, pourra-t-on la mettre en œuvre dans ce pays ? Difficile à répondre. La France n'est pas le mercantile Royaume-Uni ni la disciplinée Allemagne. Les Français sont-ils prêts, comme beaucoup d' Etasuniens à enchaîner deux, voire trois boulots pour vivre assez correctement, se priver de vacances et déménager pour suivre leur travail ? Nous en doutons.
Refuser le tout économique et financier et prôner la préférence nationale, exiger de nos partenaires européens un protectionnisme aux frontières de l'Union Européenne, mettre à bas l'indépendance de la Banque Centrale Européenne, baisser l'euro et encadrer les marchés financiers. On peut rêver. Bien sûr, la politique de la chaise vide à Bruxelles peut porter des fruits, mais ils seront amers. Quant à espérer des alliés dans ce bras de fer, la France en trouvera, mais du côté de la Grèce, peut-être de l'Espagne et de l'Italie, mais ce sera bien tout. La coalition des débiles ne donne jamais qu'une addition d'incapacités.
Ou bien, dernier recours: appliquer le programme du Front National. Quitter l'euro et se préparer à en faire autant avec l'Union Européenne. Devenir une espèce d'Islande en plus grand, plus puissant et plus retentissant surtout. C'est possible, tout l'est. Mais la France n'est pas la petite et insulaire Islande. Ses habitants accepteront-ils sans rechigner voir leurs euros remplacés par des francs d'opérette, dévalués d'au moins vingt pour cent. Paieront-il sans rien dire leur carburant trente à quarante pour cent plus cher ? Cette rupture avec ce qui fut serait une révolution. Une révolution suppose des révolutionnaires, les Français le sont-ils ?
Monsieur Valls, quelque part a raison. Le gouvernement ne changera rien, mais il se garde bien d'ajouter : parce qu'il ne le peut. Les leviers de commande de l'économie et de la finance, il ne les maîtrise plus, ils sont dans des mains étrangères au service des intérêts les plus privés qui soient, il ne peut donc rien faire sinon se plier aux règles qui président à leur mise en œuvre. Et dans ce contexte l'idéologie qui est la sienne le retient prisonnier de toute initiative qui irait à l'encontre de ses dogmes.
Si j'étais monsieur Hollande, je remercierai monsieur Valls, dissoudrais le Parlement et me préparerais à une cohabitation. Ce n'est pas la panacée, vous vous en doutez bien, mais tant qu'à faire pour le bien des Français et la moindre des honnêteté à laquelle ils ont droit, ce serait un geste respectable.
Mais le respect et la noblesse ont-ils encore droit de cité dans ce cénacle flou et suspect qu'est devenu la politique qui se dit encore « française » ?

FvD

 

14:54 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, valls, hollande, économie, finance, union européenne, chômage, international |  Facebook |