11/05/2015

Une sainte si ordinaire ...

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A Paris, hier ...

Hier, quelques centaines de jeunes et moins jeunes ont défilé dans Paris pour commémorer, non pas la victoire des américains et des Soviétiques, mais la mémoire de Jehanne d'Arc, sainte tutélaire de la France.
Cela peut faire sourire, inspirer quelques remarques gauloises ou graveleuses, hausser les épaules, et inspirer le mépris à l'égard de ces indécrottables nostalgiques qui ne sont décidément pas dans l'air du temps, se trompent d'époque et vont à rebours de l'Histoire qui, comme on vous l'a si bien appris à l'école, va, elle, toujours de l'avant et de progrès en progrès, s'il vous plaît !
L'histoire de Jehanne, nous ne la connaissons que par bribes et morceaux, souvent embellis après coup. Ce n'est pas le propos ici de faire de la critique historique à propos de cette damoiselle qui fut canonisée en 1919 seulement. Retenons cette leçon : à une époque où tout semblait irrémédiablement perdu, il a suffit d''une poignée de convaincus, de prêts à tout et, en première instance, à surmonter les préjugés (obéir à une femme !) pour renverser le cours de l'Histoire. Nous l'avons déjà écrit : ce ne sont que de toute petite minorité qui influent le cours des choses et des gens. En Russie, les communistes ne représentaient pas, en 1905, un pour cent du corps électoral et pourtant ...
Notre société occidentale est en danger de perdre ce qui lui reste d'identité. En soi, ce sont des choses qui arrivent, voyez les Grecs et les Romains, voyez les Perses. Dans ces exemples, l'Empire romain a volé en éclats, mais ses structures mentales ont été récupérées par l'Eglise qui en est devenue dépositaire. En Perse, c'est l'islam, chiite en l'occurrence, qui a récupéré l'héritage mazdéen. Si demain nos structures mentales, déjà mises à mal par la fragilisation du mariage et de la famille, minées par le relativisme des mœurs, le féminisme, l'égalitarisme outrancier et le mépris de l'excellence, qu'elle soit scolaire ou professionnelle, si demain, donc, nos structures mentales se délitent dans un patchwork fait pour tous, c'est-à-dire pour personne et disparaissent, c'est une période violente qui succédera à ce qui fut, et comme la nature a horreur du vide, un totalitarisme qui prendra le relais, peut importe son nom. Ce genre de gouvernance a le don de susciter des troubles et des guerres civiles, voyez l'Irak d'aujourd'hui et la Syrie et le Yemen et bientôt l'Europe si elle ne réagit pas in extremis.
Mais il ne faut pas attendre une nouvelle Jehanne d'Arc. Un précepte bouddhique dit : si tu vois le Bouddha, tue-le. Ce qui signifie que voir le Bouddha, n'est en fait que reconnaître un usurpateur, c'est soi-même qu'il nous faut transformer en Bouddha, alors le salut est proche.
Inutile donc de rêver à l'homme ou la femme providentiel ; ne pas se poser de questions oiseuses, ni se préparer à de vaines attentes. Le Messie ne vient qu'une fois. Il suffit de faire ce que l'on a à faire, simplement, comme ça, sans plus. Les samouraïs faisaient pareil, et les chevaliers aussi. Les Empires se conquièrent avec des gens fort ordinaires, comme vous et votre serviteur.
Ungern

La vérité a un cœur tranquille (Shakespeare)

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07/05/2015

Jean-Marie Le Pen ou le meurtre du père

Pour quelques voix, pour une respectabilité toute hypothétique, une fille a poignardé son père dans le dos. Écraser les pâquerettes, fussent-elles de famille, c'est dans l'air du temps ! Jean-Marie Le Pen a fondé le Front National, sa griffe est sur toute la ligne du parti, il a livré des combats que d'aucuns considéraient comme perdus d'avance, il a eu raison avant tout le monde, il a tenu bon, le peuple s'est reconnu dans maintes de ces propositions, il a été insulté, calomnié, a fait l'objet d'au moins un attentant criminel, ne cesse d'être traîné devant des juges, bref, c'est un vieux militant blanchi sous le harnais, aux cicatrices héroïques, auquel les jeunes doivent respect.
L'homme n'est pas parfait, qui l'est ? Il eut des jeux de mots limites qui lui ont valu une notoriété judiciaire dont la bien-pensance parle encore aujourd'hui. C'était voulu et bien joué. Sur le plan politique, il nous semble quelque peu « franchouillard », trop centré sur l'hexagone, mais nous savons - et sa récente interview à « Rivarol », le prouve - qu'il a de l'Europe une vision « boréale » (les initiés apprécieront), que le sort des « blancs » est un enjeu de taille pour les générations futures et que ce ne sont pas seulement les urnes qui conduisent à la victoire mais aussi l'action.
Qu'attendre du Front après pareille forfaiture ? Quelle confiance accorder encore à des gens pour qui la respectabilité sociale et politique passe avant les principes et la morale ? Rien. Mais à y voir de près, cela n'est pas étonnant.
Vous imaginez un Aliot ministre de quelque chose, et un Collard paradant devant les journalistes et les caméras ? Il en exploserait, le bougre ! Quant à Marine, quel crédit encore lui accorder après son parricide ? Nous avons suffisamment fustigé le manque de vertu (dans le sens le plus antique du terme) que pour passer sur cette félonie.
Le Front croit se rendre présentable en sacrifiant le père, il se trompe ! Pour ses adversaires, il n'est désormais qu'un poil à gratter dont il n'a cure. Un taureau castré, donc pas grand chose. Si les Collard, Philippot et Cie s'imaginent que les journalistes leur seront désormais déférents, ils se trompent.
Toute cette saga nous renforce dans l'idée que seule l'action radicale changera durablement le cours des choses. Les urnes sont un leurre, la respectabilité politique une utopie. Dans la course au pouvoir, c'est la dague florentine ou la Kalach de banlieue, entre les deux pas le choix.
Que les partisans du vieux lion ne se perdent pas de vue. Qu'ils se rapprochent de ceux qui lui sont restés fidèles. Nous pensons à Marion Le Pen, en particulier. Et qu'ils fassent gaffe, la nuit des longs couteaux est un de ces épisodes historiques à répétition.
A bon entendeur ...

Ungern
Tu ne peux pas t'imaginer à quel point l'homme s'incruste dans le mensonge (Dostoïevski)

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30/04/2015

Serge Atlaoui et la peine de mort

 

Des croix portant les noms des condamnés à mort à l'église de Cilacap en Indonésie le 28 avril 2015 alors que l'exécution imminente de 8 condamnés à mort pour trafic de drogue était annoncée.

Les trafiquants de drogue sèment la mort, il est donc normal qu'il subissent le même châtiment que leurs victimes. Un Français va sans doute être fusillé, loin d'ici, en Indonésie où il croupit en prison depuis dix ans. Cet homme était soudeur quelque part en Lorraine, région sinistrée s'il en est, il a accepté de partir au bout du monde exercer son métier pour un salaire de deux mille euros par semaine. A sa place, nous nous serions tous posés quelques questions sur la nature exacte des soudures qu'il devait effectuer. Quand la police a arrêté tout ce beau monde, il a juré ses grands dieux qu'il ne savait pas que l'usine dans laquelle il travaillait produisait de l'ecstasy, il croyait que c'était de la peinture acrylique. La justice indonésienne, au bout de dix ans de procédure, ne l'a pas cru et condamné à mort. En France, il eut risqué une peine de cinq à dix ans de prison. Autre pays, autres mœurs !
Le gouvernement de monsieur Hollande (suivant en cela l'exemple de celui de Nicolas Sarkozy) fait en ce moment des mains et des pieds pour tirer notre compatriote d'affaire, quitte à ce qu'il termine le restant de ses jours dans les geôles torrides d'Indonésie. Aux yeux de l'opinion, cela fait bon genre. Pensez, sauver des griffes de la mort un type condamné par des sauvages, cela lui donne du Zorro à François Hollande !
Le moins que l'on puisse dire, c'est que nos zouaves à maroquins s'y prennent (encore) mal. Voyez monsieur Laurent Fabius, toujours bien mis de sa personne, la bouche en cul de poule qui donne des leçons de droit aux magistrats indonésiens et estime, sans dossier sous la main, que le condamné en question n'a pas bénéficié de toutes les garanties dont peut jouir sa défense. A la place des magistrats ainsi incriminés, que feriez-vous ? Cela nous rappelle les rodomontades de Nicolas Sarkozy en visite officielle au Mexique qui intimait pratiquement l'ordre à son homologue mexicain de libérer Florence Cassez. La demoiselle a bénéficié de quelques années de tôle en rab. Merci Sarko !
Mais pourquoi faut-il donc que les Français, surtout quand ils sont hommes politiques, soient toujours aussi arrogants, suffisants, sûrs de leur bon droit et donneurs de leçons. C'est insupportable et même stupide. L'Indonésie compte quatre fois plus d'habitants que la France, est un pays émergent à forte croissance économique, un acteur clé en Asie du Sud-Est, un pays qui dans moins de dix ans sera plus riche que le nôtre. Il n' pas à recevoir de leçons de droit. Monsieur Fabius, ministre des affaires étrangères, devrait prendre quelques cours d'élémentaire diplomatie.
Je pense que ce qui importe pour nos politiques ainsi agités, ce n'est pas le sort du condamné, mais le baromètre de l'opinion publique, c'est assez dégoûtant de les voir comme ça gesticuler, pour rien sinon la galerie !
Quant à ce pauvre type qui attend au bout du monde que la mort le ravisse aux siens, qu'il sache que notre compassion lui est acquise de même que nos prières pour le salut de son âme.
Ungern
La grande prétention au bonheur, voilà l’énorme imposture ! (Louis-Ferdinand Céline)

 

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