10/05/2013

Antisémitisme et antisionisme. Entretien avec Laurent Louis

Laurent Louis est un homme politique belge, député au Parlement. Sa dénonciation du sionisme, de l'impérialisme étasunien et son soutien à l'Iran est remarquable et remarquée. Voici une interview qu'il accorde à la Voix de la Russie.

 
       

 

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 De nos jours, toute hypothèse politique déviant de l’optique médiatique imposée est automatiquement reléguée au rang d’élucubration conspirologique. C’est ainsi que certains de mes collègues persistent à crier au diable dès lors qu’ils entendent quelqu’un soulever le thème délicat du 9/11 dans la version qu’en donne M. Meyssan ou Daniele Ganser, professeur d’histoire à l’université de Bâle, auteur des Armées secrètes de l’OTAN. Inutile d’évoquer les démonstrations purement scientifiques avancées par ce dernier ou les arguments imbus de bon sens du fondateur du Réseau Voltaire. Rien n’y fait. Nous sommes, disent-ils, dans l’erreur, dans la paranoïa la plus accomplie qui soit.

 


D’accord, pourrait-on acquiescer, mais alors, s’il n’y a strictement aucun complot derrière tout ce qui se fait depuis septembre 2001, derrière tout ce qui se fait depuis fin 2010 avec le déclenchement successif de ce qu’on appelle les Printemps arabes, comment s’expliquer que toute une série de pays jusque là étonnamment paisibles se lancent dans des soulèvements meurtriers répondant a priori à d’obscures exigences démocratiques formulées par l’Occident ? Incroyable tout de même ces mouvements de masse tous soucieux d’endosser un occidentalisme made in USA ! Incroyable tout de même à quel point la cyberdissidence peut faire des miracles dans le cadre de mobilisations dites non-violentes ! Alors pour être violentes, certes, tant qu’elles restent subversives, elles n’ont rien de violent. En revanche, on s’aperçoit vite du résultat contraire à partir du moment où elles commencent à porter leurs fruits.
Les Américains, les Français, les Allemands ou qui sais-je encore sont de simples « cancres » me répète bien souvent un collègue, brillant politologue dont, sauf mon respect, je ne puis partager la vision. Sont-ce des cancres qui auraient inventé la stratégie du Grand Echiquier dont on a déjà vu les effets en commençant notamment par le Kosovo ? Sont-ce des cancres qui ont orchestré, via l’Afghanistan, un immense conflit aux frontières russes en armant ensuite les rebelles tchétchènes ? Sont-ce des ignares qui ont su faire en sorte que Kadhafi, pourtant plus que respecté en Lybie, soit trahi par certains Judas de son entourage puis livré en pâture à notre charmante Légion étrangère ? Et les révolutions colorées, dont on ne sait plus si elles sont printanières ou hivernales ? Et les deux ans de campagne inachevées et visiblement inachevables en Syrie qui ont soulevé des foules de mouvements marginaux jusqu’à inquiéter James Clapper, directeur national du renseignement américain ? STOP ! Tel est le message de cet homme autrement plus avisé que nous tous qui ne tient absolument pas à périr au nom d’une idéologie aussi dangereuse pour elle-même que pour autrui. Car il s’agit bel et bien d’une idéologie qui n’hésite plus à se montrer au grand jour.
Souffrirais-je d’hallucinations auditives en entendant M. Bernard Henri-Lévy affirmer (c’était précisément en 2011) que les révolutions arabes, c’était « bon [je pense] pour Israël » ? Monsieur BHL, un cancre ? Quelqu’un qui modèle selon son bon-vouloir, selon des convictions ouvertement sionistes l’esprit politique français, cela, d’une façon très nette, depuis l’ère Sarkozy ? Je suis, surenchérit-il, « inconditionnellement attaché » à Israël, se disant prêt à faire, toujours aussi inconditionnellement, tout ce qui est bon pour l’Etat hébreu. Dans De la guerre en philosophie, livre paru en 2010, BHL formule une thèse fort intéressante selon laquelle, probablement en vertu du Génie du judaïsme qu’il met en exergue dans une partie édifiante de son œuvre, « Israël, c’est intouchable ». Le principe de cet Etat est intouchable, surtout, prend-il soin d’ajouter, il est intouchable pour des tyrans tels Ahmadinejad … Imaginerait-on une déclaration semblable par rapport à la France, par exemple, M. Bernard Henri-Lévy étant avant tout Français, que je sache ? Si je croyais à la métempsychose, j’aurais supposé que notre BHL n’est que la sinistre réincarnation de M. Arthur James Balfour, auteur de la fameuse Déclaration Balfour de 1917. Monsieur Balfour, tout comme Monsieur Rothschild, tout comme notre contemporain, Monsieur BHL, ne sont pas juifs, car ils sont, avant toute chose, sionistes. Bien heureusement, juif et sioniste n’ont jamais été synonymes et ne le seront jamais ! Mes amis juifs le répètent sans cesse eux-mêmes, regrettant d’avoir à subir un amalgame franchement insupportable qui confond une nation sans conteste brillante, une religion qui enfanta le christianisme, à une doctrine expansionniste et exclusiviste aux manifestations criminelles.
Dans le souci d’avoir une illustration plus large de ce qu’est l’antisionisme, j’ai interrogé M. Laurent Louis, député belge indépendant, dont le franc-parler et l’objectivité à toute épreuve désarçonnent plus d’un.

LVdlR. « Pourriez-vous nous expliquer conceptuellement la différence entre antisionisme et antisémitisme, l’amalgame étant hélas souvent fait ?
Laurent Louis. Ce que j’essaye de faire, c’est de banaliser le vocabulaire pour que les gens comprennent, parce que, dans la société actuelle, tout est fait pour transformer ces deux mots en synonymes alors que leur sens est totalement différent. L’antisémitisme est quelque chose que l’on doit condamner de toutes ses forces puisqu’elle sous-entend la haine envers les Juifs (…). C’est ce qui a poussé à l’extermination des Juifs durant la Seconde Guerre Mondiale et ne peut être jugé que déplorable. L’antisionisme est quant à lui tout à fait différent. Cet engagement vise à combattre la manipulation internationale, c’est combattre au niveau du conflit israélo-palestinien cette volonté d’expansion permanente de l’Etat-voyou d’Israël qui ne respecte absolument pas son voisin palestinien et qui a toujours cette vocation à continuer son développement et à coloniser des terres qui ne lui appartiennent pas (…). L’antisionisme vise aussi à combattre la suprématie des banques supranationales. Ainsi, quand on combat le sionisme, on combat à plus forte raison la politique américaine, les effets de la mondialisation et la politique israélienne. Donc, si l’antisémitisme est plus que condamnable, l’antisionisme est un combat que nous devons aujourd’hui mener, car le sionisme est à l’heure actuelle responsable des crimes les plus graves de notre Histoire et il s’agit d’un combat bénéfique qui ne peut apporter que du bien à l’Humanité.
LVdlR.Selon vous, est-ce que Shimon Peres incarne la personnalité du sionisme si on pouvait bien sûr personnifier ce dernier ?
Laurent Louis. Oui, bien évidemment ! Mais il n’y a pas que lui. Shimon Peres est responsable depuis des dizaines d’années de l’oppression du peuple palestinien mais il le fait avec le soutien plein et entier de ses alliés américains, de ses alliés français, belges, anglais etc. Donc, je pense que Shimon Peres est une figure du sionisme, Obama en est une autre, Elio Di Rupo en est encore une autre tout comme Louis Michel. Vous voyez donc bien qu’il n’y a pas que les Juifs en tant que tels qui peuvent faire figure de proue du sionisme. Tous nos dirigeants qui soutiennent la politique désastreuse d’Israël participent au sionisme.
LVdlR. Donc, selon vous, les politiques respectives menées par les USA et Israël sont interdépendantes ? Israël, dites-vous, pratique une politique véritablement nazie et, en l’occurrence, je soutiens cette thèse. Est-ce que, si la politique de cet Etat n’était pas ce qu’elle est maintenant, la stratégie des USA aurait radicalement changé ?
Laurent Louis. Il est tout à fait clair qu’Israël bénéficie d’un allié de poids que sont les USA. Ca fait 65 ans que le peuple palestinien est opprimé, ça fait 65 ans que pour un arbre abattu par des Palestiniens, il y a 10 Palestiniens qui sont tués ou qui tombent sous les bombes israéliennes, des enfants même y passent. Donc, évidemment, sans le poids des USA, Israël ne pourrait pas mener la politique qu’il mène aujourd’hui … Et il s’agit, certes, d’une politique nazi. On dresse des murs, on prive une population de ses besoins les plus élémentaires. Il est évident que ce conflit israélo-palestinien dépasse largement les frontières de la Palestine ou d’Israël et qu’il détermine un peu la politique mondiale, sachant que c’est un peu le monde qui se joue en Palestine aujourd’hui. Comme on a pu le constater, il y a déjà quelques années, à l’exemple de l’attentat du 11 septembre qui est l’expression du sionisme le plus abouti, la plupart des attentats de ce type ont permis le développement du sionisme un peu partout et ont permis de commettre des crimes horribles. Je pense à ce qui se passe en Afghanistan, en Irak … Actuellement, le projet sioniste s’attaque au Mali, à la Tunisie, à la Lybie, à l’Egypte et ne parlons même pas de la Syrie qui aujourd’hui est en première ligne, subissant les assauts du sionisme.
LVdlR. Est-ce qu’il existe en Belgique un parti ou une organisation essentiellement fondée sur les bases du sionisme ?
Laurent Louis. Etant donné que tous les partis soutiennent la politique d’Israël, je ne vois pas sur quelles autres bases ils peuvent être fondés. En Belgique, les partis politiques sont fondés soit sur la franc-maçonnerie, soit sur le sionisme et les deux se rejoignent dans une certaine mesure. A partir du moment où je vois que la majeure partie des actes politiques ne font que soutenir l’oppression israélienne, je ne peux en conclure qu’une seule chose : que tous ces partis participent à la politique israélienne. Je suis désolé, mais si je devais demain être responsable en Belgique au niveau politique, il serait hors de question pour moi de recevoir des dirigeants d’un pays tel qu’Israël qui sont depuis des années coupables de crimes contre l’humanité.
LVdlR. Bernard Henri-Lévy que vous connaissez sans doute se dit « inconditionnellement attaché » à Israël ou plutôt à son gouvernement. En 2011, il a prétendu que les Printemps arabes profiteraient grandement à l’Etat hébreu. Or, on voit parfaitement que ces soi-disant printemps ont mis au pouvoir des Islamistes qui ont rasé les fondements de ce qu’on appelle souvent, par extension de sens, l’islam éclairé. Comment expliquer qu’Israël puisse gagner à avoir pour voisins ou quasi-voisins des territoires gouvernés par les Islamistes ?
Laurent Louis. Bernard Henri-Lévy qui est souvent l’auteur de magnifiques perles, a cette fois, à mon sens, tout à fait raison. Il dévoile de cette manière-là le projet sioniste. Celui-ci est très-très clair même s’il ne peut pas éclater explicitement aux yeux de l’opinion publique. Les pays du Nord de l’Afrique, que ce soit la Tunisie, la Lybie, l’Egypte étaient des pays stables avec un gouvernement qui n’a certes pas toujours montré les gages d’un gouvernement à 100 pr. démocratique … mais il faut encore voir si la démocratie comme nous la connaissons en Europe peut-être adaptée à l’Afrique et au Moyen-Orient om bien souvent il faut une main forte, très ferme pour maintenir l’ordre … Et donc, aujourd’hui, le projet du sionisme consiste à créer une vague d’instabilité dans telle ou telle région. On a remplacé partout des gouvernements et des responsables politiques laïques - même tentative en ce moment en Syrie – par des intégristes religieux. Je reviens de Tunisie. On voit ce qui s’est passé : la chute de Ben Ali, l’accession au pouvoir du parti Ennahda qui crée une instabilité au sein du pays, une grande division au sein de la population. On divise les peuples ! On le voit également en Egypte, car il ne faut pas oublier que l’Egypte et la Tunisie étaient deux destinations touristiques très importantes ces dernières années et que le tourisme, en ce moment, est en chute libre, parce que l’image que l’on donne de la Tunisie et de l’Egypte est catastrophique. Il y a donc un danger réel qui est que ces pays peuvent se retrouver en régression. La Tunisie, par exemple, a déjà dû – alors qu’elle ne l’avait plus fait depuis des dizaines d’années – emprunter sur des marchés financiers. Ca profite donc à qui ? Evidemment, aux grandes banques internationales, aux USA, à Israël, aux sionistes tout simplement. Et donc, après avoir déstabilisé la région, après avoir installé un peu partout autour d’Israël et de l’Iran des gouvernements religieux islamistes radicaux, les sionistes pourront alors déclarer que ces pays font partie du fameux Axe du Mal qui a été déterminé par ce criminel qu’est Georges Bush et les attaquer comme tels. Il y aura une campagne de publicité qui sera faite. On trouvera peut-être quelques terroristes tchétchènes, tunisiens ou égyptiens qui commettront des attentats aux USA ou en Europe et, au nom de la lutte contre le terrorisme, nos pays occidentaux attaqueront les Etats en question et permettront alors à Israël de se développer encore et toujours, parce que le projet d’Israël, c’est de s’agrandir. On le voit, il ne se contente pas de rester là où il est, il continue la colonisation en Palestine … Mais qui dit que demain cette colonisation ne s’étendra pas à la Syrie si Bachar Al-Assad est renversé, ne continuera pas en Egypte … Tout est possible. Mais on constate en tout cas que nous sommes partis il y a quelques années d’une situation très stable dans les pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient et qu’aujourd’hui, on a mis le feu à toute la région, qu’il y a une véritable déstabilisation qui est crée, une véritable division de la population sur des bases religieuses ce qui est particulièrement dangereux parce qu’on risque à chaque fois la guerre civile. Tous ces facteurs font que je condamne de toutes mes forces ce projet sioniste que la population ne voit pas dans son ensemble parce qu’elle suit les médias traditionnels qui racontent n’importe quoi et moi je vois toujours derrière les actualités la main sioniste. Ca ne m’étonnerait d’ailleurs pas non plus que les derniers attentas de Boston soient également l’œuvre de ce projet sioniste … Comme par hasard, ce sont toujours des musulmans qui sont pointés du doigt et à Boston en lus ce sont des tchétchènes … rien de mieux pour pointer également la responsabilité de la Russie ».
Il ne s’agit pas de lancer un J’accuse creux, dénué de sens, visant à désigner un bouc émissaire ambulant. Trop de faits sont là qu’on ne peut plus se permettre de taire et qui viennent rayer la miraculeuse légende du sui generis, aussi inexistant en politique que dans la nature. Cette prise de conscience ne sera efficace que si les peuples, les groupes ethniques, les personnalités politiques concernés cesseront de réagir aux provocations qui leur sont lancées par un lobby hélas hyperpuissant, comprenant que l’unité des peuples vaut bien plus cher que l’éventuelle satisfaction de certains caprices religieux ou politiques.

source: http://french.ruvr.ru/2013_04_23/Antisemitisme-et-antisionisme-Entretien-avec-Laurent-Louis/

02/05/2013

Les Américains, "plus antisémites qu'islamophobes"

 Ce qui suit est emblématique d'une mentalité juive dévoyée. Voilà ce monsieur Foxman (le rusé renard!) qui y va de sa jérémiade « il y a plus d'antisémitisme que d'islamophobie  aux États-Unis etc...», l'air est connu, il s'agit de faire pression non pas sur l'opinion publique, monsieur Foxman se contrefiche de nos opinions comme de sa première kippa, mais sur les dirigeants américains. L'antisémitisme (réel, mais surtout supposé), c'est du pain béni pour Israël et le lobby juif. Il excuse toutes les exactions passées, présentes et futures d'un État raciste, élitiste et de ses affidés.
La vérité est tout autre, l'antisémitisme aux États-Unis est tout-à-fait marginal et son expression expose l'antisémite à toute une kyrielle d'ennuis, de pressions et de procès que la A.D.L ne se prive pas de générer. L'islamophobie latente ou exprimée est, elle, par contre bien vivante, les musulmans aux États-Unis la vivent tous les jours. Quant à la remarque finale sur les Latinos elle procède d'une de ces vicieuses torsions intellectuelles dont certains ont la manie. Y compris chez les juifs.

Depuis: http://www.courrierinternational.com/article/2013/04/29/les-americains-plus-antisemites-qu-islamophobes
par Chemi Shalev

 

New York, 5e Avenue. L'antisémitisme reste très répandu aux Etats-Unis. Photo de infreshions//FlickR//CC. New York, 5e Avenue. L'antisémitisme reste très répandu aux Etats-Unis. Photo de infreshions//FlickR//CC.

 

Même après les attentats de Boston, l'antisémitisme est bien plus répandu aux Etats-Unis que l'islamophobie, estime Abe Foxman, le directeur de l'Anti-Defamation League (ADL, ou Ligue anti-diffamation). Agé de 73 ans, il est depuis 26 ans à la tête de cette organisation fondée en 1913. Dans un entretien accordé à Ha'Aretz, il explique que l'ADL n'est pas près d'être désœuvrée.
"Il y a 10 fois plus d'actes commis à l'encontre des Juifs que des musulmans", explique Abe Foxman. "Cela ne signifie pas que les musulmans ne subissent aucune hostilité, mais même après les événements qui ont touché Boston, on ne voit pas d'attaque contre des mosquées, on ne voit personne manifester dans la rue. C'est un phénomène unique dans ce pays, presque un miracle. On n'assisterait jamais à une situation similaire en Europe."
Et de poursuivre : "Lorsque la population a applaudi l'arrestation des terroristes à Boston, aucune répercussion négative ne s'est produite. Il s'est passé la même chose après le 11 septembre - nous étions si inquiets à l'époque que nous avions publié une annonce dans le New York Times dont le message était 'On ne lutte pas contre la haine par la haine'. Pourtant, rien de tout cela n'a eu lieu, ni à l'époque ni aujourd'hui. Et cela rend dingues les islamophobes. Cela les rend fous.

"Réaction naturelle"

S'en prendre aux musulmans est-il beaucoup plus acceptable dans la presse généraliste que de s'attaquer aux Juifs ? Un représentant au Congrès américain propose par exemple que les autorités tiennent un fichier pour surveiller l'ensemble de la communauté musulmane.
"Je ne crois pas qu'il s'agisse d'islamophobie", répond Abe Foxman. "C'est une réaction naturelle, qu'elle soit sage ou non. Je pense toutefois que c'est un problème aux Etats-Unis, mais aussi ailleurs. Il suffit de jeter un œil du côté de la France, de Londres ou d'Amsterdam : la plupart des incidents ont été commis par des membres de la communauté musulmane qui ont immigré dans ces pays et ne se sont pas intégrés".
"Tout comme après le 11 septembre, les Américains se demandent actuellement comment trouver un équilibre entre la sécurité et la liberté d'expression. Faut-il traquer les communautés ethniques ? Faut-il surveiller les mosquées ? Ce ne sont pas des atteintes portées contre les musulmans, mais des actions motivées par la peur, par la volonté de se sentir en sûreté et en sécurité."

40 millions d'antisémites

"Le sentiment anti-juif est bien plus développé que celui contre les musulmans, car l'antisémitisme est ancré très profondément dans l'histoire, les traditions, l'Eglise, chez les parents comme les amis", affirme Abe Foxman. "Selon notre dernier sondage [qui date de 2011], 15 % des Américains sont foncièrement antisémites. Ce chiffre atteignait 30 à 35 % dans les années 1960, mais encore aujourd'hui, il concerne 40 millions de personnes. Et je pense que l'on ne fera pas mieux : la situation actuelle ne s'améliorera pas."
Malgré la baisse des pourcentages dans leur ensemble, deux éléments faisant partie de l'indice de l'ADL sur les sentiments antisémites sont restés constants : un tiers des Américains continuent de reprocher aux Juifs d'avoir exécuté Jésus et un tiers considèrent que les Juifs américains sont plus fidèles à Israël qu'aux Etats-Unis. "Oui, les Juifs peuvent habiter, voyager, étudier n'importe où, épouser qui ils veulent et pratiquer la profession de leur choix. Socialement, nous avons réussi, mais nous restons le peuple qui a tué Jésus et à qui on ne peut vraiment pas faire confiance."
Il signale deux groupes démographiques chez qui l'antisémitisme reste très répandu, les populations africaines-américaines et latino. Selon l'ADL, 30 à 40 % des Africains-Américains sont antisémites depuis plus de 40 ans, un phénomène qu'Abe Foxman attribue à leur "absence de représentant".
"La dernière fois qu'un dirigeant africain-américain a dénoncé l'antisémitisme, c'était Martin Luther King Jr., pour qui c'était un péché. Actuellement, Louis Farrakhan est le seul qui représente cette population. Il sait rassembler 20 000 personnes plusieurs fois par an et il affiche clairement son antisémitisme. Pire, nombreux sont ceux qui nient l'existence de cette animosité, ce qui signifie que nous n'avons pas d'interlocuteur parmi eux."
Quant à la communauté latino-américaine, Abe Foxman estime qu'elle "prend de plus en plus d'ampleur". La mauvaise nouvelle, précise-t-il, c'est que presque 50 % des immigrés latinos sont "gravement infectés", selon son expression, "à cause de l'Eglise - la Nostra Ætate du Vatican [déclaration qui absout les Juifs de la culpabilité collective pour la mort du Christ] n'est pas arrivée jusqu'à Mexico - ainsi que de l'ignorance et des stéréotypes."

Chemi Shalev

 

29/04/2013

Le judaïsme international et la guerre

Extrait d'un article signé Hervé Rysssen et relayé depuis: http://herveryssen.over-blog.com/
psy judaisme.jpgL'auteur a signé en outre un livre  particulièrement documenté: Psychanalyse du judaïsme, édité chez Baskerville.

 

Le judaïsme international, c’est la guerre !

 

C’est dans cette idée d’impérialisme idéologique que la démocratie américaine a bombardé le petit peuple serbe en 1999. Accusée de mener une politique d’épuration ethnique dans ses territoires, la Serbie devait être châtiée par la « communauté internationale ». Comme d’habitude, pour préparer la population européenne à une nouvelle guerre, on découvrait alors d’immenses charniers de cadavres pour accréditer la thèse d’un régime sanguinaire, on alarmait les peuples d’Occident sur le danger d’un « nouvel Hitler » et sur les armées formidables du tyran, quand bien même il ne s’agissait que d’un pays minuscule et appauvri. La vérité oblige à dire, à posteriori, que les “charniers” de cadavres étaient surtout des cimetières militaires. Comme pour le fameux charnier de Timisoara en Roumanie lors de la chute du régime communiste, il fallut se rendre compte de surcroît que le nombre des victimes devaient être divisé par dix, vingt ou trente.
Toute cette propagande, cette « sensibilisation », n’avait eu d’autre objectif que de préparer l’opinion à une guerre déjà programmée. Au total, donc, c’est grâce à l’intervention américaine que les musulmans ont pu chasser les Serbes de leur province historique du Kosovo. Six années plus tard, en juin 2005, Bernard-Henri Lévy s’exprimait sur son engagement politique durant la guerre en Serbie, dans une émission de télévision et déclarait : « J’ai eu la nausée lorsque le président Mitterrand m’a déclaré que lui vivant, jamais la France ne fera la guerre aux Serbes. »
Dans le même registre, les super-patriotes de la démocratie occidentale allaient bombarder sans état d’âme les musulmans à l’autre bout du monde, en Irak en 1991, en Afghanistan en 2002, et à nouveau en Irak en 2003. Après les attentats du 11 septembre 2001, les Twins Tower de New York, propriété de Larry Silverstein devaient être vengées. Favoriser la présence musulmane en Europe et l’émergence de la société plurielle, combattre les musulmans chez eux : telle est la logique parfaitement cohérente des mondialistes, qui cherchent à dissoudre les commu¬nautés nationales, à diluer les identités des peuples dominants afin de supprimer définitivement les résistances au Nouvel Ordre mondialiste.
C’est dans cette logique que Guy Konopnicki, a pu déclarer en 1991 : « Longtemps, je fus de ceux qui manifestaient lorsque les bombes tombaient quelque part. Cette fois, je le dis sans honte, j’ai applaudi lorsqu’un déluge de feu est tombé sur l’Irak. » C’est exactement ce que pensait le chanteur à succès Patrick Bruel, qui délaissait lui aussi son pacifisme militant pour soutenir l’action des plus fervents bellicistes de l’administration américaine. Il est vrai que l’intérêt d’Israël était en jeu. Membre fondateur de SOS-Racisme, Guy Konopnicki en avait démissionné le 18 janvier 1991, avec le milliardaire socialiste Pierre Bergé (PDG d’Yves Saint-Laurent) pour protester contre les positions pacifistes du mouvement dans la première guerre du Golfe. Konopnicki ne laissera pourtant personne l’accuser de racisme anti-musulman : « J’ai milité pour l’égalité des droits des jeunes Arabes de nos banlieues, participé à la création de SOS-Racisme, défendu successivement la révolte des Afghans contre l’invasion soviétique en 1979 et les combats des musulmans de Bosnie assiégés dans Sarajevo. » Tout cela, répétons-le, est parfaitement cohérent dans la logique cosmopolite.
Dans la nouvelle crise internationale ouverte après les attentats du 11 septembre 2001, Konopnicki ne peut décemment rester indifférent, d’autant que les Juifs paraissent directement menacés : « Le fanatisme a frappé New York par la destruction des Twins Towers, dit-il, comme il avait ravagé Florence, puis Berlin, par les autodafés nazis et la Kristal Nacht… Pour Oussama Ben Laden, la destruction du World Trade Center n’était que la préfiguration d’une autre destruction, celle de l’Etat d’Israël. Pour lui, les deux tours étaient un Israël symbolique, un temple de la puissance juive. »
Dans ces conditions, il faut appeler une nouvelle fois les Européens à faire la guerre, une guerre totale aux ennemis d’Israël. Pour la circonstance, et une fois de plus, les intérêts d’Israël seront assimilés à ceux de « l’Occident », et plus encore, à ceux de la « civilisation » et du « monde entier » : « La paix du monde sera possible, déclare Konopnicki, pour Israël, pour les Palestiniens, si les puissances européennes et américaines sont capables d’affronter l’islamisme, de le tenir en respect, par les moyens militaires, économiques et politiques. »