18/05/2013

Badiou: la démocratie est un fétiche

 

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Hier, à Ce Soir ou Jamais, Alain Badiou partageait la vedette à Régis Debray. On connaît le philosophe français le plus lu dans le monde, ce logicien à l'esprit d'une clarté éblouissante pour autant qu'on puisse en saisir les arcanes un peu trop évidentes pour l'entendement d'aucuns...
Florilèges :
Badiou : la démocratie est un fétiche.
Debray : un fétiche mystificateur.
Badiou : au nom duquel on assoit un ordre ploutocratique.
Debray : la France n'est pas une démocratie mais une république.
Badiou s'est fait traiter de maoïste (rien de moins), de totalitaire et autres épithètes du même cru pour moins que ça. C'est qu'il a raison le philosophe, la démocratie est le paravent qui cache les prévarications des puissants et des gradés, l'os jeté au peuple pour qu'il le ronge entre deux matchs de football et la beuverie qui va avec.
La démocratie, c'est la bonne excuse, le sophisme par excellence car le peuple, il n'existe pas !
Dans ces conditions, comment pourrait-il s'exprimer ?
Badiou ne le dit pas, mais le filigrane est évident : le pouvoir doit être exercé par les meilleurs, en grec cela se dit : aristocratie.
Platon ne disait pas autre chose, (re)lisez La République.
Une révolution, dès lors ? Debray fait remarquer que toute révolution est, étymologiquement, un « retour » vers ce qui était « avant », ainsi la révolution française est un retour vers la république de Rome, la révolution de 1917 un retour de la Commune et ainsi de suite. En somme, la révolution c'est remettre les choses à l'endroit, ce que nous ne cessons de dire et d'écrire.
La révolution c'est aussi l'affaire d'une toute petite minorité, dans le cas de la russe, le parti communiste ne valait pas un pour cent des suffrages russes. Jugez la suite...
Une minorité agissante, infiltrante, qui sait ce qu'elle veut et se limite à l'essentiel : la prise du pouvoir. Voilà la feuille de route des nationalistes européens. Peu importe le nombre, c'est la volonté qui compte, la volonté de puissance.

14/05/2013

L'existence comme péripétie chevaleresque

 

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A. Dürer, le Chevalier, la Mort et le Diable

 Ça fait longtemps que je n'ai parlé de moi  de ma chatte, de ma flûte, de mes livres, de mes …
Bonheur d'avoir tant de pôles d'intérêts près de soi, et pourtant …
Parfois je me dis qu'il serait temps que je quitte cette scène de cinglés ; je vous le jure ! si la Parque frappe à ma porte, en homme noble et fier je lui dirai : rentre !
Il faut avoir avec elle un rapport de guerrier à guerrier. En l’occurrence, le vaincu est celui qu'elle emporte et, à première vue, c'est toujours elle qui gagne, mais, grâce à Dieu et à Notre Seigneur Jésus-Christ, au bout du compte elle s'incline. C'est ce corps mortel, putrescible, ce corps traître qui meurt, pas l'âme ! Et puis, c'est quoi le corps ? Des os et des chairs qui se quittent dans des effluves de sang et de liquides organiques, rien qui ne vaille des regrets !
Au commencement, l'homme, esprit émané de Dieu pour contenir dans la matière les esprits prévaricateurs qui s'étaient rebellés contre Sa toute puissance, avait un « corps lumineux », un corps échappant aux obligations et aléas de la matière, un corps imputrescible. Il avait, tout comme Dieu, le pouvoir de la pensée, de la volonté et de l'action. Sa pensée, comme sa volonté et son action, étaient en tous points conformes à celles de Dieu. Hélas, cet esprit émané s'est laissé corrompre par les esprits déchus et c'est alors qu'il a été privé de ses trois potentialités divines. L'homme d'esprit a été créé homme de matière. La création de l'homme est donc dans Genèse, 3, 21 : Dieu fit des tuniques de peau à Adam et à sa femme pour les habiller.
Il les habille car désormais ils sont matière et donc mortels.1
La mort nous délivre de ce carcan, elle fait de nous ce que nous étions avant la chute de nos premiers parent. Avec elle nous retrouvons, pour autant que nous soyons réintégrés, ce corps glorieux souillé par le péché originel.
N'allez pas raconter tout ce qui précède à monsieur mon curé, je doute, en effet, qu'elle soit très orthodoxe cette doctrine, elle sent un peu le souffre. Je l'ai trouvée dans un vieux grimoire du XVIIIem siècle dicté par un certain Martines de Pasqually à un personnage mystique, Louis-Claude de Saint-Martin, qui se faisait appeler « Le philosophe inconnu », son titre : Traité sur la Réintégration des êtres dans leur première propriété, vertu et puissance spirituelle divine »
Vous pouvez vous le procurer facilement, tout se vend aujourd'hui, y compris la reine d'Angleterre, mais pour le lire, accrochez-vous, c'est pas vraiment cartésien.
Qui était ce Martines de Pasqually ? On ne sait pas vraiment. A travers son « traité » on devine un Espagnol ou Portugais immigré en France qui serait d'origine marrane (ces juifs qui se sont convertis au catholicisme, mais qui, en cachette, pratiquaient leur foi coupée de tout rabbinat). Son traité se présente comme un midrash hébreu, soit un raccourci théologique à partir de récits, d'images, de maximes, de numérologie, angéologie, et d'exégèses poétiques. Lecture déstabilisante mais curieuse qui vous introduit dans des mondes que vous ne soupçonniez guère. Il paraît qu'il faut lire le traité sept fois avant de le comprendre. J'en suis à la troisième lecture.
Bien entendu, prendre le tout avec un grain de sel. Le but de l'homme serait de revenir à l'état édénique. Et non pas, comme nous l'enseigne la doctrine chrétienne (et islamique) de bâtir une Cité de Dieu où régneraient cette justice et bienveillance dont Saint Augustin nous entretint si magistralement. Pour Martines, il faut revenir au point de départ, le Paradis que nous avons perdu.
Je vous avoue que, vu l'état du monde, des gens, hommes et femmes, je crois de moins en moins à la perfectibilité de la société humaine dans un monde dont le « Prince » conforte tous les jours son emprise diabolique. Le combat est inégal. Nous ne nous en sortirons que les uns après les autres et pas ensemble, c'est ce que je retiens de Martines de Pasqually. La masse est contaminée, seul le héros viendra à bout de la Bête. Est-ce de l'élitisme, je ne sais pas, de la lucidité, ça oui !
D'où ce culte du héros, celui qui se détache de l'ensemble et se donne en exemple, on peut l'appeler « Saint » si vous préférez. Les Grecs disent de lui qu'il est « Axios », digne.
C'est le chevalier solitaire dont nous entretiennent les vieilles sagas germaniques, celui qui seul chevauche son destrier dans une plaine balayée par des vents violents et qui se dirige stoïque vers sa destination finale, la mort.
Heidegger a explicité tout cela dans ce langage unique qui lui est propre : mener une existence authentique, savoir que l'homme est l'éclosion de l'être, il en est le « dévoilement » ( ἀλήθεια), il crée son propre monde où il se déploie tout en restant un « être vers la mort ».
Point final.

 

1 « Il les habille ». Des rabbins se sont posés la question : au Paradis, Adam et Eve avaient-ils des relatons sexuelles ? La réponse la plus commune est oui, mais uniquement durant le Sabbat, indiquant par là que la relation sexuelle n'est pas un travail.

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Georg Sluyterman von Langeweyde, Chevalier chevauchant indifférent à la victoire comme à la défaite

FvD


09:52 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, politique |  Facebook |

30/04/2013

Un versement de 500 000 euros découvert sur un compte de Claude Guéant

 


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En 2007, Claude Guéant, alors secrétaire général de l'Elysée, avait accompagné l'ancien président Nicolas Sarkozy en Libye.
Des juges s'interrogent, selon Le Canard enchaîné à paraître mardi 30 avril, sur le versement de plus de 500 000 euros depuis l'étranger sur un compte de l'ex-ministre de l'intérieur Claude Guéant. Ce dernier a immédiatement démenti tout lien entre cet argent et un éventuel financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.
L'hebdomadaire révèle que les enquêteurs ont découvert ces versements lors d'une perquisition en février dans le cadre de l'enquête, alors conduite par le parquet de Paris, sur les accusations de financement libyen de cette campagne. L'ex-ministre justifie ce demi-million d'euros par une vente de tableaux en 2008. "Il n'y a strictement aucun lien avec des financements libyens et je continue à contester de façon catégorique qu'il y ait eu des financements libyens de campagne ou de personnes", a déclaré à l'AFP l'ancien ministre de l'intérieur.
M. Guéant a expliqué avoir cédé "un bien" acquis il y a "une vingtaine d'années", à savoir des œuvres du peintre hollandais Andries van Eertvelt. Il affirme pouvoir apporter la preuve de ces transactions : "Au moment des perquisitions j'ai dit, je l'ai fait inscrire au procès-verbal, que j'avais les justificatifs." "Je trouve tout à fait anormal que des éléments qui sont couverts par le secret de l'instruction sortent ainsi avant même d'avoir pu être examinés", a-t-il ajouté. Il a par ailleurs justifié l'origine des liquidités pour acquitter des factures par des "primes de cabinet dont j'avais bénéficié au ministère de l'intérieur quand j'y officiais". Selon lui, il s'agit de "petites sommes".
Le Canard enchaîné, qui ajoute que les policiers ont par la même occasion repéré des traces de "nombreux et conséquents paiements de factures en liquide", établit un lien entre ces découvertes et la décision prise le 19 avril par le parquet de Paris d'ouvrir une information judiciaire. Contacté par l'AFP, le parquet n'a fait aucun commentaire.
A l'origine de l'instruction, les déclarations de l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, qui avait affirmé en décembre au juge Renaud van Ruymbeke détenir les preuves d'un financement de la campagne de M. Sarkozy par la Libye. L'information judiciaire a été ouverte pour "corruption active et passive", "trafic d'influence", "faux et usage de faux", "abus de biens sociaux", "blanchiment, complicité et recel de ces délits". Les juges Serge Tournaire et René Grouman ont été désignés. "J'imagine qu'ils vont m'entendre, a déclaré M. Guéant, désireux de (s')expliquer là-dessus".

http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/04/29/un-versement-de-500-000-euros-decouvert-sur-un-compte-de-gueant_3168484_823448.html