31/08/2014

Taubira et Machiavel à La Rochelle

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Le récent remaniement gouvernemental que nous venons de connaître confirme ce que nous écrivons depuis toujours. Aucune politique « autre » n'est possible dans le cadre politique, économique et financier en vigueur depuis, disons, 1980. Mitterand avait essayé, il bénéficiait encore du contrôle de sa monnaie ; il a échoué. Alors cet Hollande qui  a déclaré, fanfaron que son « ennemi » c'était la finance, il nous fait bien rire. Aujourd'hui il est son laquais ! Le sort des Français, comme de tous les autres peuples de l'Union Européenne est entre les mains des banquiers de Francfort (Banque Centrale Européenne, institution privée, ne pas l'oublier), de commissaires non élus et de parlementaires européens qui n'ont pas grand chose à dire, mais un peu plus que les nationaux, ce qui ne fait pas beaucoup.
Et nos gouvernants ne s'en cachent même plus. Montebourg, « aile gauche » du parti socialiste, avait fait 17% aux primaires et s'était prononcé en faveur de Hollande. Il avait dû recevoir des gages, de bonnes assurances, du moins nous le subodorons. Valls, à peine 6% et le voici plus puissant que jamais à la tête des ministres et même de ce falot de président. Qui trompe qui, dans ce scénario, et d'abord ce crétin d'électeur ?
Valls est allé trouver les patrons et leur a déclaré combien il les aimait. On savait qu'il aimait les juifs ; c'est vrai qu'il y en a aussi pas mal dans le patronat. Avec la morgue suffisante qu'on lui connaît et cette arrogance provocatrice qu'il affiche il fait la leçon à ces militants pour qui le socialisme représentait encore quelque chose. Il n'a même pas la pudeur de faire semblant, de débiter un discours de circonstance, de jouer avec les slogans, les formules toutes faites, les contenances appropriées. Non ! En petit chef bilieux, posture de sous-off frustré et cocu, il commande le garde-à-vous et le silence dans les rangs. Cela durera encore un temps, mais il n'est pas loin celui qui le verra prendre le chemin du privé, là où une place l'attend ; le grand capital lui doit bien des choses. A moins que d'ici là, il ne soit pendu haut et court ou décapité en place publique, après tout , il se réclame assez de la République, autant lui faire voir et subir ce qu'elle est vraiment.
Dans Boulevard Voltaire, Patrick Crasnier relatant l'arrivée impromptue de dame Taubira à La Rochelle au milieu des frondeurs et l'accueil enthousiaste qui lui fut réservé, avance une hypothèse intelligente. Et si cette fleur de Guyane avait été mandatée exprès par l'exécutif pour torpiller l'aura médiatique de Montebourg et des frondeurs ? Et c'est bien vrai que ce samedi, la presse n'a parlé que d'elle. De son audace, de sa liberté de parole, de son ci, de son ça … Il n'y en avait que pour Christine, ma chère. Les autres, Montebourg, Hamon, les députés râleurs … quelques mots, quelques allusions. Le parti socialiste est moribond, mais Machiavel n'est pas mort !
C'est le moment choisi pour madame Le Pen d'y aller de son couplet : elle est prête à gouverner avec l'Ump … curieux, cela … On y reviendra …
Quant à nous, nous ne varierons pas. La Révolution maintenant !

FvD

 

08:42 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ps, valls et taubira, monebourg, députés frondeurs, valls et hollande, france, europe |  Facebook |

27/08/2014

Un nouveau (fond de teint) au gouvernement

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Ils se félicitent ...

Ils osent titrer : La France a un nouveau gouvernement. Comme ils y vont ! Tout juste une mise au point après la révérence d'un Montebourg, la fuite d'Hamon et les devants d'Aurélie Filipetti qui démissionne avant d'être remerciée pour inaptitude. Rien de neuf, rien d'exaltant. Ces gens là c'est comme une mayonnaise qui ne prend pas, alors on  rajoute un ingrédient par ci, un autre par là, mais rien n'y fait, au bout de tous les efforts faudra jeter le tout.
Une nouvelle tête qui fait sensation, paraît-il, le ministre de l'économie : Emmanuel Macron. Avec lui, écrit la presse, c'est le libéralisme qui s'invite à la table. Cet homme est l’œil de la finance, celui de la banque Rothschild qu'il a servie avec zèle comme conseiller financier. C'est un sujet brillant, élève des Jésuites, Normale Sup, ENA et l'Inspection des finances. Un calé de calé. Oublié le candidat Hollande qui déclarait : mon ennemi, c'est la finance ! Un bon point cependant : il a été troisième prix de piano au Conservatoire de Paris. Il a donc une âme !
La presse n'a pourtant pas à s'étonner de cette nomination. Depuis feu le président Pompidou, le majordome de nos maîtres est présent au sommet du pouvoir, généralement dans les coulisses, comme conseiller de l'un ou de l'autre ministre. Rien de neuf sous les lambris dorés de la république.
Après tout, chers amis, ce mauvais remake, on s'en fout, ce qui est désolant c'est que ces gens (huit messieurs et huit dames, déplorable cette compulsion à ne pas choquer le jupon) ne vont pas faire de réformes, rien qui puisse sortir le pays de l 'impasse dans laquelle ils l'ont mené. Non, ils vont devoir faire de la politique. Pour conserver leur majorité il vont devoir donner des gages aux uns, aux autres, sacrifier aux multiples chapelles socialistes, radicales, écologistes, quémander une voix égarée, sonner le tocsin, flirter avec les centristes, faire les yeux doux à Bayrou ... qui sait ? Bref, composer dans un registre qui leur est familier et dans lequel ils excellent, celui des conciliabules, des chuchotements étouffés, des coups de poignard dans le dos, des exécutions au petit matin, des sourires assassins et des serments d'ivrognes.
La décence eut voulu que le président en appelle au peuple. Mais ce dernier est comme toutes les bonnes pâtes : ne pas abuser. Alors ils restent et nous feront boire le calice jusqu'à la lie. C'est le propre des braves gens d'encaisser et d'encaisser encore. Il paraît qu'ils ont la mémoire courte et qu'un rien les distraie.
Quand même … ne pas pousser le bouchon trop loin !

FvD

11:08 Écrit par Friedrich von Dittersdorf dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hollande et valls, emmanuel macron, ps, socialiste et hollande, france | |  Facebook |

26/08/2014

Hollande et Valls au-delà de nos espoirs

Lucien Rebatet (1903-1972)

Youssef l'a bien résumé : il change de ministres comme de femmes, qu'il a dit aux journalistes venus lui demander ce qu'il pense de cette farce. Youssef habite cette petite ville de la Loire qui a voté à la quasi unanimité pour François Hollande aux dernières présidentielles. Eh bien, il est déçu, le brave homme, il se demande même s'il ne va pas voter pour le Front National la prochaine fois, parce que l'abstention c'est improductif et qu'il faut bien « assumer ses responsabilités ». Voilà, le mot est dit : responsabilités. Youssef connaît la portée du mot, d'autres plus puissants que lui, non !
J'ai un faible pour Montebourg. Il parle bien, il a écrit un opuscule au moment des primaires socialistes où il exposait en termes clairs ses idées sur l'Europe, la finance, le déficit et le patriotisme économique. Il a claqué la porte du gouvernement, il a eu raison. Se positionne-t-il dans la mire de 2017, c'est possible, c'est son problème. L' homme a de l'allure, du panache, du brio, c'est à sa façon une espèce de condottiere ou de mousquetaire moderne, je lui prédis une carrière dont il ne dépend que de lui pour qu'elle soit brillante et originale, suffit qu'il le veuille et résiste à tous ceux qui voudraient l'obliger à changer de cap, ce qui ne sera pas facile et même dangereux.
En attendant, nous sommes toujours dans la mistoufle avec à la tête d'un Etat décrié des hommes de peu et des femmes de rien.
Mélanchon, tenez ! Il déclare que Hollande est pire que Sarkozy, c'est dire. Et dans une adresse à ses militants, il s'en prend à Israël et au lobby juif. Mélanchon est un républicain croyant et pratiquant, il se trompe de foi, tout le monde ne peut être clairvoyant, mais il a une foi, il ne se laisse pas dicter une politique par un groupe financier ou un lobby communautaire.
La seule solution qui restait à Hollande et consorts était la dissolution et le recours aux urnes. S'obstiner à imposer une politique qui fait le malheur des gens, ce n'est pas de l'entêtement, c'est de l'abus de pouvoir. Nous saurons dans quelques heures de quoi sera fait le nouveau gouvernement de cette vieille république usée comme une catin au bout du trottoir. Il n'y aura pas de surprises, ce seront les mêmes avec d'autres oripeaux, d'autres patronymes mais les mêmes ambitions personnelles fardées sous des discours convenus et rabâchés.
Dans un commentaire, un lecteur citait fort pertinemment Lucien Rebatet :

Lorsqu'il s'agit d'étaler sa déliquescence, ce régime ne déçoit jamais. Il devance même toujours nos espoirs. (Les Décombres. Gallimard)

FvD