04/07/2015

La Grèce en plein schisme

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Cette photo a fait le tour du monde, elle a pour titre « Lhomme qui pleure ». Ce dernier est un retraité grec, trimbalé d'une caisse à l'autre pour ne pas percevoir sa (maigre) pension. Celle-là même que les créanciers de son pays voulaient raboter encore plus. Au final, l'émotion a joué et le (brave) homme a pu la toucher. Ouf !
Dans
« Chroniques », Jean-François Kahn a pondu un éditorial d'une lucidité cruelle à l'égard des créanciers de la Grèce. Il remarque que Syriza (qui n'est pas sa tasse de thé) a été élu sur base d'une politique que l'Europe récuse et veut amender du tout au tout. On ne va tout de même pas reprocher à Tsipras de consulter le peuple avant de retourner sa veste, écrit-il ? Ce n'est pas parce que des gouvernements occidentaux l'on fait sans vergogne que les Grecs doivent en faire autant. L'image de l'Europe, conclut-il est gravement écornée.
Lisez-le sur : http://www.hebdo.ch/hebdo/chroniques/
Que va-t-il se passer demain quand les résultats seront connus ?
Le « oui » l'emporte, monsieur Varoufakis, ministre des finances, comme promis, donne sa démission. Tsipras fait le voyage à Canossa Bruxelles où madame Merkel et consorts lui tendent le papier : signez ! Ils ne discuteront plus davantage, pourquoi le feraient-ils ? Soit Tsipras s'exécute et tout est perdu même l'honneur, soit il démissionne lui aussi et demande au Président de l'Etat grec de dissoudre le parlement et d'annoncer de nouvelles élections législatives. De cette option suivront quelques semaines de tensions accrues dans ce pays et d'incertitude pour les marchés. Ambiance !
Le « non » l'emporte. Tsipras s'envole pour Bruxelles et se dit prêt à poursuivre les négociations. L'Europe sera alors au bord du mur. Elle fait des concessions et prouve qu'elle veut vraiment que la Grèce reste au sein de la zone euro. Ou bien, comme a son habitude, tergiverse, discutaille, laisse traîner les choses en longueur, la Banque centrale européenne soutenant la Grèce a minima, un peu comme un mac le fait pour une pute malade. Elle compte sur la lassitude du peuple, le mécontentement de l'opposition, la rue qui gronde et, pourquoi pas ? les militaires qui sortent des casernes. Cela s'est déjà vu.
La Grèce vit un schisme (du grec σχισμός , déchirure), mais que les européïstes ne se réjouissent pas. Celui-ci est le prélude d'un autre, plus conséquent et douloureux.
Pessima praesumo
. J'entrevois des malheurs
Ungern
Tarde venientibus ossa (proverbe latin)
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29/06/2015

Bruxelles ou la conjuraton des imbéciles

Voulez-vous vraiment être gouverné par ces gens ?

Bruxelles : La conjuration des imbéciles

 « Après le chaos de samedi lors de la réunion des ministres des Finances de l’Eurogroupe, plus personne ne sait ce qui va se passer. La zone euro se présente comme une bande d’amateurs qui perdent leur sang-froid et sont incapables de négocier — de petits dictateurs qui se mettent à trembler dès que la cloche a sonné l’heure de la sortie. On ne veut plus être gouverné par ces gens. »
Voilà ce que l'on pouvait lire dans le très sérieux journal allemand : Deutsche Wirtschafts Nachrichtung.
Monsieur Junker, le même qui avait déclaré le plus sérieusement du monde que devant les traités européens aucun recours démocratique n'était possible, y est allé aujourd'hui de sa petite conférence de presse devant laquelle il accuse Tsipras et compagnie de l'avoir trompé et, partant, les Grecs eux-mêmes qui, à l'en croire, ne pouvait que se réjouir des exigences européennes. Et il s'immisce dans la campagne grecque en les sommant littéralement de voter « Oui ». En somme, les Etats ne sont plus souverains (ce que nous savions), les peuples encore moins, ne compte que la toute puissance de la banque centrale européenne accouplée à celle des Etats-Unis et autres financiers apatrides.
Les « petits dictateurs » qui tremblent dès que l'on menace de consulter le peuple, laissent tomber le masque. L'empressement qu'ils ont à recevoir les politiciens grecs de l'opposition, leurs appels à la « modération », au « réalisme » au pragmatisme cachent mal une volonté de forcing. Que dans les jours et les semaines qui viennent de drôles de choses pas très nettes se jouent entre Athènes, Francfort et Bruxelles ne devrait étonner personne.
Quant à nous, nous dirions comme les Grecs en 1941, face à l'attaque italo-allemande :
OXI

Ungern
Il faut choisir : se reposer ou être libre. (Thucydide)
CUL COUP DE.jpg

 

 

 

 

 

 

 

07/02/2015

La Grèce à l'heure du choix

Une femme passe devant une affiche de Syriza expliquant que "L'espoir arrive", le 17 janvier 2015, à Athènes - AFP/Angelos Tzortzinis

"L'espoir arrive", dit l'affiche ...

Deux semaines après le vote, les adversaires se regardent dans le blanc des yeux. A ma gauche, la Grèce, trois-cent-vingt milliards d'euros de dette, à ma droite, la Banque Centrale Européenne et l'ensemble des Etats de la zone Euro. Les Grecs jouent au plus fin, ils veulent transformer leur dette en « créance perpétuelle » dont il ne paieraient que les intérêts, ils veulent la payer en obligations liées sur le produit intérieur grec pour, ainsi, associer leurs créanciers au succès ou à l'échec de la politique de remboursement etc … Tout cela est très réjouissant pour les adversaires résolus de l'Union Européenne et de l'euro dans mon genre, mais ce n'est pas sérieux. Une règle simple et contraignante consiste à respecter les engagements des gouvernements, même en cas de changement de majorité. La Banque Centrale l'a compris qui a dit que, désormais, elle ne donnerait pas de liquidités à la Grèce en échange de ses obligations « pourries » (junk). La position des banquiers est parfaitement compréhensible, n'importe qui en ferait autant. Se pose alors la question : comment la Grèce va-t-elle payer ses fonctionnaires, ses créanciers ? Fin février, un chèque de sept milliards d'euros lui était réservé, elle ne le recevra pas. Και τι έγινε; Les capitaux fuient le pays, les déposants se dépêchent de retirer leurs dépôts, la Bourse d'Athènes va à vau-l'eau, alors ?
Revenir à l'orthodoxie d'avant Syriza ? Impossible et même pas souhaitable. Le « plan de sauvetage » de la Grèce était une mise à mort lente, longue et douloureuse, aussi inefficace et trompeur qu'un traitement contre un cancer meurtrier. C'était à à terme, la mort de la Grèce et l'exode des Grecs. Un accord de la zone euro et de la banque centrale aux propositions grecques ? Impossible, car, alors, l'Espagne, l'Italie, l'Irlande et, pourquoi pas, l'ensemble de la zone, pourrait demander des exemptions.
Bref, il ne reste plus à la Grèce, passé son tour de piste, de sortir de l'euro, de l'Union même et de vivre sa vie. La drachme qui succédera à l'euro sera de trente à trente-cinq pour cent dévaluée, en conséquence de quoi, les exportations grecques seront dopées, le tourisme de même et comme le pays, aujourd'hui, en dehors de la dette, est en équilibre, les beaux jours seront sans doute au rendez-vous.
Reste que cette faillite grecque, c'est les Européens qui devront l'assumer, c'est comme ça …
Et puis, il ne suffit pas au Grecs de sortir de l'Europe et de repartir à zéro, encore faut-il qu'ils mettent de l'ordre chez eux, en finissent avec la corruption, les passe-droits de certains, les privilèges des autres, qu'ils se regardent dans la glace tels qu'ils sont, certainement pas supérieurs aux autres. Et qu'ils renouent avec une politique nataliste sérieuse et cessent de se bercer d'illusions, les lendemains, quoi qu'il arrive, seront durs !
Les Grecs, sortis de l'euro et de l'Union, c'est aussi la fin d'une Europe artificielle, enflée, fausse et décalée. Vous connaissez notre positon sur l'Europe et la nécessité d'en créer une qui soit homogène, indépendante et confédérale. Il est temps qu'elle se fasse !

FvD