13/07/2015

Bruxelles et la comédie de l'accord ...

Un accord ? Quel accord ? Tout ce que les partenaires de Bruxelles ont trouvé pour en signer un c'est d'être prêts pour un programme d'aide à la Grèce via le Mécanisme européen de stabilité (MES), avec des réformes sérieuses et un soutien financier qui restent à valider par le parlement grec et les créanciers. Bref, pas de quoi pavoiser. De plus le spectacle qui a été donné à Bruxelles par tout ce beau monde a été désastreux.
Alexis Tsipras d'abord qui revient à Bruxelles avec les concessions qu'il avait refusées la semaine d'avant et fait rejeter de même par le « peuple souverain ». On se demande pourquoi ce monsieur a organisé un référendum, pourquoi toute cette comédie ? Pas très malin car, revenu a la table des négociations, il avait, le bougre, perdu tout crédit. D'où la curée. Ce qui est somme toute normal, les créanciers veulent leur argent, ils ne sont pas disposés à faire des concessions et placent la Grèce sous tutelle, comme un vulgaire créancier. Si ce n'est humiliant, c'est quoi ?
Et que diront les Grecs quand il seront soumis à un programme d'austérité encore plus sévère que celui qu'ils ont rejeté massivement ? Quand on vous dit que le suffrage universel est une tromperie organisée et le peuple un cocu par destination ! Bien sûr, ce n'est pas la première fois que les institutions européennes passent outre la volonté populaire, c'est même une de leurs caractéristiques. Junker, le président de la Commission, une vraie crapule luxembourgeoise celui-là, n'a-t-il-pas déclaré sans vergogne : la volonté populaire ne peut aller à l'encontre des traités européens.
L'union européenne, la zone euro, sont des espaces économiques et financiers qui influencent l'ensemble de notre vie. Ils gèrent nos richesses et font la loi. En saisir le fonctionnement est possible mais nécessite une culture juridique et politique que n'a pas tout un chacun. Pouvez-vous citer, comme ça, de mémoire immédiate le nom de trois députés européens ?
Alors qu'on cesse de nous bassiner avec la démocratie e tutti quanti. Ce sont quelques messieurs et leurs nombreux et fortunés amis qui font la loi et se servent les premiers à table. Le plus scandaleux n'est pas qu'ils le fassent, mais qu'ils nous font croire que c'est pour notre bien qu'ils passent des nuits blanches à Bruxelles. Ils nous prennent pour des imbéciles.
Et nous le sommes !
Ungern
Les démocraties sont des pédérastes actifs ; il leur faut le forgeron. (Paul Morand)
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La Grèce mise sous tutelle

 Angela Merkel, François Hollande et Alexis Tsipras discutent avant la tenue du sommet européen sur la Grèce, le 12 juillet 2015, à Bruxelles.

 
Tout coince à l'eurogroupe où la Grèce comparaît comme un accusé devant ses juges. En l' occurrence les juges sont ses créanciers, dont la Banque centrale européenne et le fonds monétaire international.
La situation est cependant simple : la Grèce doit de l'argent, elle ne peut payer et, en plus, les créanciers n'ont plus confiance dans sa parole. Par conséquent, ils demandent des garanties. Cela se voit tous les jours devant tous les tribunaux du monde.

Qu'on doute de la parole grecque, il y a de quoi : déjà que le premier ministre grec revient à Bruxelles avec des propositions qu'il avait refusées une semaine auparavant. On peut se poser la question de savoir si ce monsieur sait bien ce qu'il veut.
Et ce questionnement n'est pas fortuit, la Grèce est un pays ruiné et corrompu, depuis toujours mal gouverné, en proie à une démographie catastrophique qui hypothèque son avenir. Bref, un pays à l'agonie qui, jamais, n'aurait dû faire partie de la zone euro et même de l'Union européenne. On ne joue pas impunément dans la cour des grands.
Quand les créanciers de la Grèce exigent la création d'un fonds, basé à Luxembourg, pour récolter le produit de la vente de biens nationaux (aéroports, ports etc ), ils procèdent à une saisie de créances, comme le ferait un vulgaire particulier dans un litige privé. Du jamais vu en droit public international. Pas étonnant cependant, depuis le traité de Maastricht les Etats nationaux ont délégué une grande partie de leur souveraineté aux institutions européennes. Il ne faut donc pas s'étonner, et encore moins s'indigner, de cette mise sous tutelle de la Grèce et cette dernière est financière, économique et commerciale. Rien d'autre !
Cessons d'être dupes : quand les politiques nous parlent de l'Europe, ils nous font croire qu'ils évoquent l'Histoire, alors que la réalité est plus prosaïque, elle est sonnante et trébuchante, suit la courbe des statistiques et celle des marchés. Les mânes de Périclès, Auguste, Charlemagne et Frédéric de Prusse ne sont pas de cet aréopage. Ne rêvez pas, bonnes gens, les soucis de nos excellences sont d'une toute autre nature. Ouvrez les yeux !
Ungern
Je crains plus nos erreurs que les desseins de l'ennemi (Périclès)
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11/07/2015

Tsipras (proprement) émasculé

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras au Parlement européen à Strasbourg (France), le 8 juillet 2015.

Et voilà, la messe est dite ! Alexis Tsipras rend les armes, sans honneur et sans pudeur. Après avoir fanfaronné, prononcé de grands mots, quelques gros aussi, appelé le peuple à la dignité, il fait allégeance devant les puissances qu'hier encore il provoquait. Comédie que tout cela. Et peuple berné, mais pas de quoi s'apitoyer, il a les dirigeants qu'il mérite, Tsipras l'a trahi, ce n'est pas le premier, certainement pas le dernier.
Mais alors pourquoi ce revirement ?
Tout simplement parce que la Grèce ne pouvait pas s'échapper de l'euro (et de l'Union); les Etats-Unis et l'Otan ne le voulaient pas. Regardez une carte de la méditerranée, vous comprendrez de suite la position stratégique de ce pays. Alors, Obama a fait pression sur Angela Merkel, sur le FMI, sur tous ses obligés à travers le continent. Il faut empêcher la Grèce d'accueillir dans ses ports les navires de la marine russe. Il faut contrôler les Dardanelles, comme en 14 ...
Et allez-vous en savoir les menaces sous-jacentes. L'armée grecque est à la botte du Pentagone. Les officiers supérieurs seraient corrompus que cela ne nous étonnerait pas. Ils sont dans leurs casernes. Ils pourraient en sortir. Cela s'est déjà vu.
Tout cela à un coût : l'aide massive apportée à un pays qui ne peut et ne remboursera jamais ses dettes. Primo, parce que ces dernières l'empêchent d'investir, secundo parce que sociologiquement il est dévitalisé. Un pays démographiquement menacé, exsangue et foncièrement englué dans des pratiques indéracinables. La Grèce est le boulet de la zone euro et de l'Union Européenne.
Cette comédie qui consiste à se lever contre les exigences des créanciers, en appeler au peuple et puis, fort de son soutien, retourner chez ces derniers pour mettre genou à terre toute honte bue, faut être Grec pour la jouer ! Pathétique et obscène !
Julius Evola, ne s'y est pas trompé : la démocratie est un leurre grossier.
Le système qui s'est établi en Occident avec l'avènement de la démocratie - le système majoritaire à suffrage universel - impose d'emblée la dégradation de la classe dirigeante. En fait, la majorité, libre de toute restriction ou clause qualitative, ne peut être que du côté des classes sociales les plus basses ; et pour gagner de telles classes et être porté au pouvoir par leurs votes, il faudra toujours parler la seule langue qu'elles comprennent, celle qui met en avant leurs intérêts prédominants, les plus grossiers, matériels et illusoires, celle qui promet et jamais n'exige. Ainsi toute démocratie est, dans son principe, inscrite à l'école de l'immoralité ; Elle est une offense à la dignité et à la stature qui convient à une véritable classe politique.
Julius Evola - Les Hommes au milieu des ruines
Ungern
Les démocraties sont des pédérastes passifs, il leur faut le forgeron. (Paul Morand)
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